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Attaques de complotistes contre les soignants : Neuder veut sanctionner les plaintes abusives
Afin de lutter contre la désinformation en matière de santé, le député et ancien ministre de la Santé Yannick Neuder a déposé jeudi une proposition de loi pour protéger les scientifiques contre les attaques de complotistes.
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Le texte, déposé jeudi 29 octobre à l'Assemblée nationale, vise "à protéger les professionnels de santé et les scientifiques contre les procédures abusives et à lutter contre la désinformation en santé", révèle franceinfo.fr.
Il propose donc d'inscrire dans le code de la santé publique une définition de la plainte "manifestement abusive", qui consiste à "entraver la liberté d'expression d'un praticien à raison de prises de parole publiques conformes aux connaissances médicales avérées ou aux recommandations des autorités sanitaires compétentes au moment des faits".
Le "dépôt coordonné de plusieurs plaintes par une même organisation" contre "un ou plusieurs praticiens à raison des mêmes prises de parole" serait donc puni par la loi. Le député de l'Isère propose de sanctionner de 30 000 euros le fait d'agir en justice "de manière dilatoire ou abusive" dans un tel cadre.
Yannick Neuder déplore l'existence de harcèlement ou de "procédures-bâillons" envers les scientifiques, qui sont parfois visés par des plaintes de complotistes et doivent ensuite se justifier eux-mêmes devant la justice ou l'Ordre.
Il recommande d'instituer un "Observatoire national de l'information en santé", supervisé par la Haute Autorité de santé. L'établissement serait chargé d'identifier les contenus trompeurs et d'organiser une réponse "graduée et coordonnée", de tenir à jour un annuaire de scientifiques élevés au rang "d'interlocuteurs fiables" pour les journalistes, ou encore de délivrer un indicateur de qualité éditoriale des sources d'information sur les questions de santé.
Le 18 avril 2025, alors ministre de la Santé, j’avais réuni au ministère des scientifiques, des médecins et des journalistes autour d’une conviction : la désinformation en santé n’est pas une opinion parmi d’autres, mais un risque sanitaire à part entière. Pour donner une suite concrète à ce colloque, j’avais confié une mission a trois experts. Leur rapport, remis en janvier dernier, recommandait notamment la création d’un observatoire. Je me réjouis que cet observatoire voie aujourd’hui le jour car il prolonge le travail engagé il y a dix-huit mois. Un observatoire ne vaudra toutefois que par les moyens qu’on lui donnera. Près de quatre Français sur dix déclarent croiser une fausse information de santé chaque mois, et un sur trois a déjà modifié son comportement à cause d’elle. Derrière ces chiffres, il y a des vaccins refusés, des traitements interrompus et des dépistages repoussés, dont la facture se paie ensuite en hospitalisations, en pertes de chance et en dépenses pour l’Assurance maladie. Ce combat exige donc un financement réel et pérenne, une gouvernance indépendante et une protection effective des soignants et des chercheurs que l’on cherche à faire taire lorsqu’ils prennent la parole. Je resterai particulièrement vigilant sur les moyens qui seront alloués à cet observatoire et sur sa capacité à agir, afin qu’il ne reste pas une simple structure de veille mais devienne un véritable outil de santé publique.
— Dr. Yannick Neuder (@yannickneuder) October 22, 2026
Pour Yannick Neuder, "la désinformation en santé n'est pas un phénomène résiduel ni spontané. Elle est produite par des acteurs identifiés, structurés, dont le mode opératoire est constant". Il estime que "la désinformation en santé est devenue massive au point de menacer l'existence même des systèmes de santé".
[avec franceinfo.fr et lcp.fr]
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