Désinformation en santé : le ministère dévoile une stratégie nationale
Le ministère de la Santé a dévoilé, lundi 12 janvier, une stratégie nationale de lutte contre la désinformation en santé, qui repose sur les recommandations d'experts. Les étudiants et professionnels de santé sont concernés par ces préconisations.
L'annonce avait été faite au printemps dernier. Yannick Neuder, alors ministre chargé de la Santé, avait affirmé vouloir mettre en place un plan de lutte contre la désinformation en santé. Neuf fois plus tard, cette intention a été confirmée avec le lancement, lundi 12 janvier, d'une stratégie nationale sur ce sujet. Une action nécessaire, selon l'actuelle ministre de la Santé. "La désinformation en santé fragilise la prévention, la confiance et parfois même l’accès aux soins", a rappelé Stéphanie Rist.
Pour établir ce plan d'actions national, un comité de pilotage avait été instauré par le ministère ; il est composé d'experts et de personnalités qualifiées, dont des représentants d'agences et d'opérateurs de l'Etat (ANSM, SPF), d'institutions nationales (Inserm), d'ARS…
Afin de "renforcer les travaux" de ce comité, une mission d'expertise indépendante a également été mise sur pieds, rappelle le ministère, dans la note de présentation de la stratégie nationale. Cette mission a été confiée en août 2025 aux Prs Mathieu Molimard, Dominique Costagliola et Hervé Maisonneuve, dont les conclusions ont été rendues dans un rapport, publié ce lundi.
Pour les trois experts, "seule une mobilisation collective et structurée - association des actions d'éducation, de formation, d'information, de détection, de sanctions et de recherche – permettra de répondre à la désinformation qui fragilise la confiance, met en danger la santé des citoyens, et participe à la polarisation de notre société", écrivent-t-ils dans l'avant-propos de leur rapport.
Les auteurs formulent neuf recommandations, dont certaines concernant directement les professionnels de santé. Ils appellent notamment à former les soignants et scientifiques à la communication, et à renforcer les compétences des futurs professionnels de santé en introduisant un module obligatoire "infodémiologie" dans leurs formations. "Ce module doit permettre [à ces] futurs soignants de dialoguer avec les patients, d’anticiper les narratifs trompeurs et de répondre aux interrogations avec fiabilité et pédagogie", peut-on lire dans le rapport.
Un plan en 4 axes
Autre recommandation : moderniser la formation continue des professionnels de santé, en l'ouvrant notamment plus largement "aux universités, sociétés savantes et acteurs reconnus, pour garantir des contenus robustes, indépendants et réactifs aux urgences sanitaires".
Les professeurs préconisent également d'inverser le risque en sanctionnant les désinformateurs et en protégeant les scientifiques. Pour cela, les textes existants doivent être appliqués "avec rigueur" par les autorités administratives, disciplinaires et judiciaires et les sanctions appliquées doivent être communiquées "pour dissuader".
Pour l'heure, la stratégie nationale retenue par le ministère repose sur quatre axes. Le premier est "une phase nécessaire d'écoute et de consultation citoyenne", qui doit débuter dès ce mois de janvier avec la mise en place d'enquêtes et d'études d'opinion. Le ministère veut également créer un comité citoyen, qui est en cours de constitution.
Deuxième axe de ce plan de lutte : la mise en place d'un Observatoire de la désinformation en santé, mesure vivement recommandée par les trois professeurs dans leur rapport. Cette structure devra "être l'acteur essentiel de l'identification et de la compréhension des phénomènes de désinformation en santé", détaille le ministère, pour qui cet observatoire devra avoir pour mission "d'informer, d'alerter et de sensibiliser".
Enfin, cette stratégie nationale devra porter sur l'élaboration d'un dispositif d'infovigilance en santé, comportant "trois étapes pour détecter les fausses informations en temps réel, analyser les ressorts argumentaires et diffuser une réponse fiable afin de lutter contre la désinformation". Le dernier axe vise, lui, à "bâtir un socle de confiance propice à l'information en santé" (renforcer l'éducation critique à la santé, responsabilisation des plateformes…).
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