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Une femme décède après une injection illégale d'acide hyaluronique
Une femme est décédée vendredi 20 mars après avoir reçu une injection combinant acide hyaluronique et lidocaïne dans les fesses. Une acte réalisé en dehors de tout cadre légal dans un appartement de Villeurbanne (Rhône). Le Syndicat national de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique tire une nouvelle fois la sonnette d'alarme.
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Le drame a été rapporté par nos confrères de La Dépêche du Midi. Vendredi 20 mars, une femme âgée d'une quarantaine d'années est décédée après avoir reçu une injection d'acide hyaluronique et de lidocaïne dans les fesses. La victime aurait fait un arrêt cardiaque juste après avoir reçu ce cocktail de produits, et les secours n'ont pas pu la réanimer, précise Midi libre. Cette injection aurait été réalisée dans un appartement loué via Airbnb à Villeurbanne, près de Lyon.
Selon l'AFP, la personne soupçonnée d'avoir pratiqué l'injection a été mise en examen puis écrouée. Elle est poursuivie pour "homicide involontaire" et "exercice illégal de la profession de médecin", a précisé ce lundi le parquet de Lyon à l'AFP, confirmant une information de La Dépêche du Midi. Les causes et circonstances exactes du décès devront être déterminées par un juge d'instruction, qui va superviser la suite de l'enquête.
La mise en cause serait une influenceuse d'une trentaine d'années spécialisée dans les soins esthétiques, qui s'est fait connaître sur le réseau social Instagram.
"Ce drame illustre les dangers liés à ces actes pratiqués par des non médecins et dans des conditions sanitaires déplorables et fait suite à au moins 15 hospitalisations en réanimation en France pour des complications gravissimes liées à l'exercice illégal de la médecine", s'est ému le Syndicat national de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique (SNCPRE), selon qui "il est fort à craindre que d'autres incidents graves surviennent si des mesures fortes ne sont pas prises rapidement".
Peu avant le drame, le syndicat avait tenu une conférence de presse avec l'Ordre des médecins et le syndicat national de dermatologie et vénérologie pour alerter sur l'ampleur du phénomène des fake injectors. Ces "injectrices" de produits à visée esthétique, non professionnelles de santé, qui agissent "en dehors de tout cadre légal", prospèrent grâce aux réseaux sociaux qu'elles utilisent comme outils de promotion et de recrutement.
Malgré les multiples alertes – la première a été sonnée il y a quatre ans – et des avancées notables sur le plan réglementaire, les injections illégales sont en plein essor et font "peser un risque sanitaire majeur", mettaient en garde ces trois organisations.
Les victimes de ces injections illégales s'exposent à des risques graves tels que des infections, granulomes, occlusions vasculaires, déformations irréversibles, nécroses cutanées… En 2025, l'Ordre des médecins a reçu 213 signalements concernant des actes médicaux et chirurgicaux illégaux à visée esthétique contre 128 en 2024 et 22 en 2021. Des nombres "bien en deçà de la réalité", selon la De Hélène Harmand-Icher, présidente de la section "santé publique" du Cnom. En 2026, l'Ordre a déjà enregistré 28 signalements.
Suite à ce drame survenu à Villeurbanne, le SNCPRE appelle, dans son communiqué, "à une vigilance accrue du public, à un renforcement des contrôles, ainsi qu'à une mobilisation des autorités pour lutter contre ces pratiques illégales".
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