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Au procès Péchier, un enquêteur décrit un profil de "tueur en série"

Vendredi 28 novembre, la cour d'assises du Doubs a auditionné un enquêteur chargé d'éclairer la personnalité du Dr Frédéric Péchier. Selon le commandant de police Laurent Dumont, l'anesthésiste aurait agi pour combler des "failles personnelles" qui évoquent le profil d'un "tueur en série". 

01/12/2025 Par Sandy Bonin
Faits divers / Justice
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Dans cette affaire, "le mobile peut paraître futile, mais il tient en fait à la personnalité même du Dr Péchier : ses failles personnelles qu'il a essayé de combler, ses fragilités, sa relation de couple et son parcours", a asséné vendredi 28 novembre le commandant de police, Laurent Dumont, lors du procès de Frédéric Péchier. "La seule façon qu'il a trouvé pour surnager c'est de commettre des empoisonnements", a encore dit le policier devant la cour d'assises du Doubs, persuadé de la culpabilité du médecin anesthésiste bien que celui-ci ait toujours clamé son innocence.

Parmi ces "failles personnelles", Laurent Dumont a cité le "sentiment de rejet de son père" éprouvé par l'accusé, qui "se voit comme le vilain petit canard" alors qu'il a "besoin de reconnaissance et d'être considéré comme le meilleur". Selon l'enquêteur, Frédéric Péchier a le sentiment qu'il n'obtiendra "jamais" la reconnaissance de ses pairs car il court en vain "après celle de son père", lui aussi anesthésiste. 

"C'est un marqueur très fort, chez le tueur en série, le sentiment de rejet", a ajouté Laurent Dumont, qui travaille à l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) de Nanterre, notamment spécialisé dans les faits sériels. Une autre "faille", d'après l'enquêteur, réside dans la relation "totalement déséquilibrée" que Frédéric Péchier entretenait avec Nathalie, son épouse dont il est aujourd'hui séparé.

Nathalie est cardiologue, une spécialité considérée comme le "top du top" dans les professions médicales. L'accusé a donc eu "un sentiment d'infériorité par rapport à sa femme", et celle-ci, parce qu'elle lui reprochait de passer trop de temps à la clinique et pas assez à la maison, l'a "empêché de travailler autant qu'il le [voulait] pour se sentir le meilleur", selon Laurent Dumont.

"La seule chose qui compte pour lui", a analysé l'enquêteur de personnalité, c'est de "convaincre sa famille", appelée à la barre à partir de ce lundi. "Il préfère les entraîner avec lui que d'avouer. L'espoir de la vérité viendra peut-être de la famille Péchier, qui sont des gens bien. Ils l'aiment, ils lui pardonneront", a commenté le policier, considérant l'anesthésiste comme "manipulateur" et "menteur pathologique".

Une "réplique" de deux autres affaires

Le témoin a, par ailleurs, évoqué deux précédents dossiers qui ont, selon lui, forcément influencé l'accusé : la mort d'une patiente en 1984 dans un hôpital de Poitiers, pour laquelle trois médecins rivaux seront finalement acquittés, et 14 cas d'euthanasie recensés par la justice entre 1998 et 2001 au CHU de Besançon.

A Poitiers, le père de l'accusé était anesthésiste dans le service concerné, sans être impliqué. Frédéric Péchier était adolescent, "ce n'est pas possible qu'il n'ait pas été influencé", a estimé Laurent Dumont. Et dans l'affaire des euthanasies de Besançon, il n'a joué aucun rôle mais était interne dans le service, a observé le policier, pour qui "l'affaire Péchier, c'est une réplique de ces deux affaires".

Jeudi, Frédéric Péchier a une nouvelle fois clamé son innocence. "Je maintiendrai toujours que je ne suis pas l'empoisonneur", a-t-il martelé. Le médecin encourt une peine de réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu d'ici au 19 décembre. 

[avec AFP]

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François CHASSAING
739 points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 8 mois
L'enquêteur remplace les psy : il dit à leur place la cause (trauma infantile ) , la pathologie ( pervers narcissique ) et le mécanisme ( il se soigne lui même en tuant ); formidable !, plus besoin de preuve ,plus besoin de psy , on a toutes les réponses avec ce genre d'enquête ! Demain on va demander aux médecins ce qu'ils pensent des éléments présentés par les policiers et la démarche judiciaire sera complète !
 
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