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André Grimaldi, Karine Lacombe… 4 professeurs convoqués par l'Ordre pour avoir défendu le vaccin contre le Covid

Après le Dr Jérôme Marty, c'était au tour des Prs André Grimaldi, Karine Lacombe, Gilbert Deray et Bruno Mégarbane d'être convoqués devant le conseil régional de l'Ordre des médecins d'Ile-de-France pour avoir défendu le vaccin contre le Covid. Tous ont fait l'objet d'une plainte déposée par le Syndicat liberté santé (SLS) les accusant d'être des "médecins de plateaux".  

01/04/2026 Par Sandy Bonin
Déontologie
audience justice

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Ce mardi 31 mars, les Prs André Grimaldi, Karine Lacombe, Gilbert Deray et Bruno Mégarbane étaient convoqués devant la chambre disciplinaire de première instance du conseil régional de l'Ordre des médecins d'Ile-de-France. Ces quatre professeurs de médecine faisaient l'objet d'une plainte déposée par le Syndicat liberté santé (SLS) les accusant d'être des "médecins de plateaux" et des "bonimenteurs".

Composé de médecins, d'infirmières, de kinés, de pharmaciens ou encore de sages-femmes, le SLS juge que la "notoriété médiatique" de ces médecins ne saurait "les exonérer de leurs obligations déontologiques, en particulier lorsque leurs prises de parole publiques sont susceptibles d’influencer le consentement libre et éclairé des patients, les décisions médicales et la confiance dans le système de soins". 

"Le SLS prétend défendre les soignants opposés à la vaccination contre le Covid et reprend les arguments des 'antivax'", a indiqué le Pr André Grimaldi dans son mémoire en réponse à la plainte du SLS. Le syndicat "qualifie le vaccin de 'poison' estimant que 'les professionnels suspendus…. sont désormais discriminés et exclus socialement ou pire empoisonnés, lorsqu’ils se sont soumis à l’obligation de se faire vacciner contre le Covid de manière forcée pour pouvoir continuer à subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille'", ajoute le professeur émérite du CHU de la Pitié Salpêtrière.

"Je n'ai pas de conflit ni de lien d'intérêt avec les laboratoires produisant les vaccins. J’ai d’ailleurs demandé publiquement à plusieurs reprises la levée de leur brevet. Le SLS confond la promotion de la vaccination avec la publicité pour un médicament", complète le Pr Grimaldi estimant que "la plainte à l’encontre de [sa] personne devant le conseil de l'Ordre des médecins relève de l'abus de plainte. Il s'agit pour le SLS d'un simple support pour une campagne médiatique". 

Un avis partagé par la Pre Karine Lacombe qui a déploré une "procédure bâillon" pour laquelle le SLS a d'ores et déjà affirmé qu'il ferait appel. "Tant que tout sera instruit (j’en suis à ma troisième chambre disciplinaire de première instance…), nous ne nous en sortirons pas, et le complotisme prolifèrera tranquillement. Nous allons en cette atmosphère générale de post-vérité vers des années difficiles…", a déploré l'infectiologue. 

L'AP-HP appelle à modifier la législation pour écarter les plaintes abusives

Dans un communiqué publié ce mercredi 1er avril, l'AP-HP a exprimé "son plein soutien" aux Prs Grimaldi, Lacombe, Deray et Mégarbane. Ils "ont été assignés par le conseil de l'Ordre des médecins suite à une plainte déposée à l'initiative d’une association anti-vax dénommée 'Syndicat liberté santé'. Leur objectif est de poursuivre les médecins et scientifiques qui ont défendu la vaccination pendant la crise du Covid-19", déplore l'AP-HP qui "appelle à une modification de la législation afin que les plaintes manifestement abusives puissent être directement écartées."

L'Ordre est en effet obligé d'instruire les plaintes et de convoquer les médecins concernés en audience contradictoire. "Cette obligation procédurale conduit ainsi à examiner des plaintes parfois infondées, portées par des associations qui prospèrent sur la désinformation, le complotisme et l'intimidation contentieuse", a dénoncé l'AP-HP.

"Il s'agit aussi d'éviter que des structures militantes et obscurantistes ne détournent ces procédures pour faire pression sur des médecins qui ont simplement lutté contre la désinformation en rappelant des évidences scientifiques incontestables", a conclu le premier centre hospitalier universitaire d'Europe.

Le 27 mars dernier, c'était le Dr Jérôme Marty qui était convoqué devant la chambre disciplinaire du conseil régional de l'Ordre des médecins d'Occitanie pour les mêmes motifs.

Arrêt maladie : la possibilité de solliciter un deuxième avis auprès d'un confrère spécialiste est-elle une bonne idée ?

Marjan Ad

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Oui

En tant que medecin traitant je suis fatiguee des demandes abusives et de la necessité de convaincre constamment, je suis fatigue... Lire plus

1 débatteur en ligne1 en ligne
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rami jouan
50 points
Psychiatrie
il y a 12 jours
Comment des médecins qui ont "cru" en ce vaccin, qui se sont vaccinés, ont vacciné famille, amis, patients...comment ses médecins pourraient-ils aborder sereinement la question de l'utilité de ce vaccin, des risques d'effets secondaires...etc... ? "Mal nommer les choses c'est ajouter au malheur du monde..." écrivait Camus...il suffit de se souvenir que la définition du mot vaccin a été changée, durant cette période covid, pour que ces thérapies géniques puissent être appelées " vaccins". J'attends peu d'un Ordre des Médecins qui a osé condamner des médecins pour avoir soigné des patients contre l'infection covid ! Le monde à l'envers ! "On marche sur la tête" disaient nos paysans, à peu près à la même époque Cette histoire covid est sans doute à considérer comme un élément parmi d'autres de "La chute de l'Occident " cf E. Todd. Le dernier mot reviendra aux historiens à venir...ils pourront dans quelques décennies, sans le moindre conflit d'intérêt, démêler le vrai du faux, nous ne serons plus là, mais moi, sur ma tombe, j'aurais pris soin d'imprimer ma "lettre de suspension pour défaut de vaccination", ma descendance pourra venir me saluer avec un brin de fierté... Kenavo
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Thierry Wattelle
119 points
Médecine générale
il y a 15 jours
Un retour en arrière est peut-être nécessaire. Le déferlement mondial du COVID nous a pris par surprise. Les peurs et les angoisses normales nous ont étreint et nous n’y voyions guère de solutions. Du coup, sur le terreau fertile de la crédulité ont poussé des graines de stupidité : de l’eau de Javel à la chloroquine. Puis est arrivé le vaccin, concept pas si nouveau que cela, fruit d’études datant de quelques dizaines d’années, qui n’attendaient que cette crise pour passer de l’idée à la pratique. Nous fûmes pourvus d’une arme qui semblait à la fois scientifiquement logique et réellement efficace. Quelques effets secondaires, comme tout traitement, mais rien d’alarmant. Les professeurs cités furent des points d’ancrage de la raison, quand d’autres prenaient la grosse tête. La « plainte déposée doit être examinée ! ». Peut-être, mais pourquoi en faire de la publicité ? Pourquoi donner vie à une obscure secte déraisonnant à tout va. La notion de plainte irrecevable n’existe-t-elle pas ? : « "Irrecevable" se dit, en procédure civile, d'une demande principale ou incidente ou d'un moyen qui ne réunit pas les conditions légales pour que le juge soit régulièrement saisi. En cas d'irrecevabilité, le juge rejette la demande sans avoir à statuer sur les prétentions des parties. » …
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MICHAEL FINAUD
4,4 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 13 jours
L'AP-HP soutient ses PU-PH. Quelle est sa légitimité dans cette affaire qui concerne la déontologie ? Ces médecins ont été audités pour leur rôle et leur communication dans les médias , alors qu'ils se devaient de présenter une balance bénéfices/risques objective, mesurée et non partisane, dans l'état des connaissances dont ils disposaient au moment des faits, ce qu'ils n'ont pas fait. Réduire le syndicat plaignant à des complosplos antivax n'est pas une stratégie de défense pertinente. On peut penser ce qu'on veut de l'insuffisance ( supposée ) de rigueur de l'étude observationnelle réalisée à l'IHUM sur le traitement précoce de la COVID-19. On est en droit de préférer Remdésivir° Domicile Dodo Doliprane Rivotril°. On peut céder au récit que le PLAQUENIL° tue aux doses de l'IHUM. On peut céder au récit que COMIRNATY° et PAXLOVID° ont sauvé des milliards de vies, même chez les jeunes sans facteurs de risques et les nourrissons, que les myocardites et les thromboses post vaccinales ne sont que des délires de comploplos antivax. On doit laisser le CNOM juger. Chacun pourra au décours se faire sa propre opinion. Disculper à priori les PU-PH c'est être complice. Avec toute ma Confraternité.
 
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