@Семен Саливанчук/stock.adobe.com
André Grimaldi, Karine Lacombe… 4 professeurs convoqués par l'Ordre pour avoir défendu le vaccin contre le Covid
Après le Dr Jérôme Marty, c'était au tour des Prs André Grimaldi, Karine Lacombe, Gilbert Deray et Bruno Mégarbane d'être convoqués devant le conseil régional de l'Ordre des médecins d'Ile-de-France pour avoir défendu le vaccin contre le Covid. Tous ont fait l'objet d'une plainte déposée par le Syndicat liberté santé (SLS) les accusant d'être des "médecins de plateaux".
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Ce mardi 31 mars, les Prs André Grimaldi, Karine Lacombe, Gilbert Deray et Bruno Mégarbane étaient convoqués devant la chambre disciplinaire de première instance du conseil régional de l'Ordre des médecins d'Ile-de-France. Ces quatre professeurs de médecine faisaient l'objet d'une plainte déposée par le Syndicat liberté santé (SLS) les accusant d'être des "médecins de plateaux" et des "bonimenteurs".
Composé de médecins, d'infirmières, de kinés, de pharmaciens ou encore de sages-femmes, le SLS juge que la "notoriété médiatique" de ces médecins ne saurait "les exonérer de leurs obligations déontologiques, en particulier lorsque leurs prises de parole publiques sont susceptibles d’influencer le consentement libre et éclairé des patients, les décisions médicales et la confiance dans le système de soins".
"Le SLS prétend défendre les soignants opposés à la vaccination contre le Covid et reprend les arguments des 'antivax'", a indiqué le Pr André Grimaldi dans son mémoire en réponse à la plainte du SLS. Le syndicat "qualifie le vaccin de 'poison' estimant que 'les professionnels suspendus…. sont désormais discriminés et exclus socialement ou pire empoisonnés, lorsqu’ils se sont soumis à l’obligation de se faire vacciner contre le Covid de manière forcée pour pouvoir continuer à subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille'", ajoute le professeur émérite du CHU de la Pitié Salpêtrière.
"Je n'ai pas de conflit ni de lien d'intérêt avec les laboratoires produisant les vaccins. J’ai d’ailleurs demandé publiquement à plusieurs reprises la levée de leur brevet. Le SLS confond la promotion de la vaccination avec la publicité pour un médicament", complète le Pr Grimaldi estimant que "la plainte à l’encontre de [sa] personne devant le conseil de l'Ordre des médecins relève de l'abus de plainte. Il s'agit pour le SLS d'un simple support pour une campagne médiatique".
Un avis partagé par la Pre Karine Lacombe qui a déploré une "procédure bâillon" pour laquelle le SLS a d'ores et déjà affirmé qu'il ferait appel. "Tant que tout sera instruit (j’en suis à ma troisième chambre disciplinaire de première instance…), nous ne nous en sortirons pas, et le complotisme prolifèrera tranquillement. Nous allons en cette atmosphère générale de post-vérité vers des années difficiles…", a déploré l'infectiologue.
L'AP-HP appelle à modifier la législation pour écarter les plaintes abusives
Dans un communiqué publié ce mercredi 1er avril, l'AP-HP a exprimé "son plein soutien" aux Prs Grimaldi, Lacombe, Deray et Mégarbane. Ils "ont été assignés par le conseil de l'Ordre des médecins suite à une plainte déposée à l'initiative d’une association anti-vax dénommée 'Syndicat liberté santé'. Leur objectif est de poursuivre les médecins et scientifiques qui ont défendu la vaccination pendant la crise du Covid-19", déplore l'AP-HP qui "appelle à une modification de la législation afin que les plaintes manifestement abusives puissent être directement écartées."
L'Ordre est en effet obligé d'instruire les plaintes et de convoquer les médecins concernés en audience contradictoire. "Cette obligation procédurale conduit ainsi à examiner des plaintes parfois infondées, portées par des associations qui prospèrent sur la désinformation, le complotisme et l'intimidation contentieuse", a dénoncé l'AP-HP.
"Il s'agit aussi d'éviter que des structures militantes et obscurantistes ne détournent ces procédures pour faire pression sur des médecins qui ont simplement lutté contre la désinformation en rappelant des évidences scientifiques incontestables", a conclu le premier centre hospitalier universitaire d'Europe.
Le 27 mars dernier, c'était le Dr Jérôme Marty qui était convoqué devant la chambre disciplinaire du conseil régional de l'Ordre des médecins d'Occitanie pour les mêmes motifs.
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