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"On ne compte plus les structures sans pédiatre" : le Collège des gynécologues "très inquiet" du moratoire sur les fermetures de maternités

Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français s'inquiète, dans un communiqué, du moratoire sur les fermetures de maternités, voté le 15 mai à l’Assemblée nationale. Selon le CNGOF, l’éloignement géographique est moins dangereux pour les patientes, que le manque de médecins dans les petites maternités. 

19/05/2025 Par Sandy Bonin
Gynécologie-Obstétrique
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"Aujourd’hui, en France, la majorité des équipes sont très fragilisées : on ne compte plus les maternités sans pédiatre ou celles contraintes de faire appel à des médecins intérimaires anesthésistes ou obstétriciens qui ne peuvent pas constituer une équipe véritablement efficace et sûre sur la durée" pointe le Collège national des gynécologues et obstétriciens français dans un communiqué, s'inquiétant du vote à l'Assemblée nationale d'un moratoire de trois ans sur les fermetures de maternités. 

Le texte, porté par le député centriste Paul-André Colombani, entend répondre à la hausse de la mortalité infantile, dont le taux est passé de 3,5 décès pour 1000 enfants nés vivants en 2011, à 4,1 en 2024, selon l'Insee. Les défenseurs du moratoire mettent en rapport ces chiffres avec la fermeture des maternités, conduisant à un allongement des temps de trajet pour les mères. Leur nombre serait passé de 1 369 en 1975 à 464 aujourd'hui.

Mais selon le CNGOF, le danger est lié au manque de médecins, notamment de gynécologues-obstétriciens et de pédiatres, dans les petites maternités. D'autant plus dans un contexte de hausse des grossesses à risque avec l’augmentation de l’âge des mères notamment.  

"Toutes les enquêtes montrent que les jeunes professionnels refusent d’aller travailler dans des petites structures où le nombre de médecins est insuffisant, les plateaux techniques devenus inadaptés et le volume d’activité trop faible pour pérenniser la compétence", relèvent les gynécologues.

"Maintenir coûte que coûte toutes les maternités existantes participe, par la dispersion des moyens malheureusement limités, à la poursuite de la dégradation de la qualité des soins", plaident-ils, prônant plutôt, en accord avec l’Académie de médecine, pour la création de centres périnatals de proximité lorsqu’ils sont nécessaires. Le CNGOF appelle aussi au "renforcement planifié des maternités dont le fonctionnement doit être adapté aux évolutions des pratiques professionnelles et des souhaits des patientes". 

Le CNGOF demande également la révision des décrets de périnatalité "qui datent de 1998 et fixent le fonctionnement des établissements de soins en médecine périnatale alors qu’ils reposent sur les modèles obsolètes des années 1980". 

Le CNGOF, en lien avec la SFAR (Société française d'anesthésie-réanimation), la SFN (Société française de néonatalogie) et le CNSF (Collège national des sages-femmes) appelle à une "planification territoriale rationnelle", "seule réponse possible et fiable à la réduction de la mortalité maternelle et néonatale". 

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