Femme enceinte à l'hôpital

1000 euros pour accoucher dans une maternité menacée de fermeture : les sociétés savantes dénoncent le silence des autorités et de l'Ordre

Pour sauver la maternité de la ville, le maire d'une commune du Cher et le président de la communauté de communes offrent 1000 euros aux futures mamans qui choisiront leur établissement.  Des mesures contraires au droit et à la déontologie médicale, qui bafouent la santé des mères et des enfants, dénoncent les sociétés savantes.

19/12/2025 Par Sandy Bonin
Femme enceinte à l'hôpital

Alors qu’une commune du Cher propose 1000 euros en bon d'achats pour les femmes qui accoucheraient dans sa maternité menacée de fermeture, les sociétés savantes de gynécologie-obstétrique dénoncent "une prime scandaleuse qui bafoue le droit et l’éthique". Elles rappellent que la médecine ne doit pas être pratiquée comme un commerce et déplorent un "silence assourdissant des autorités de santé". 

"Les autorités de santé n’ont pu ignorer cette mesure annoncée à grand renfort de battage médiatique. Mais pas un mot de l’Agence régionale de santé Centre-Val-de-Loire qui aurait pourtant dû demander la cessation d’activité de la maternité de Saint-Amand-Montrond depuis plusieurs années, en vertu des décrets de périnatalité de 1998. Ceux-ci prévoient, en effet, la fermeture des services qui réalisent moins de 300 accouchements par an et pratiquent ainsi trop peu de gestes obstétricaux, de réanimation maternelle et néonatale pour pouvoir assurer la sécurité des soins. Ce qui est le cas de cette maternité du Cher depuis… 2021", s'insurgent les sociétés savantes dans un communiqué commun. 

"Silence assourdissant également du côté du Conseil de l’Ordre des médecins, alors que cette prime de 1000€ consacre une marchandisation contraire à la déontologie médicale, dont l’Ordre est pourtant chargé d’assurer le respect", poursuit le texte, qui constate également aucune réaction de la part du ministère de la Santé.

L'annonce prochaine d'un "plan d'action complet pour les maternités afin de concilier la qualité des soins et l'accès aux soins" a par ailleurs "créé la stupeur parmi nos sociétés savantes qui n’ont été ni consultées, ni même averties par le ministère de la Santé". 

"Cette prime de 1000€ et ces annonces du ministère font tristement écho au vote par l’Assemblée nationale, en mai dernier, d’un moratoire sur les fermetures des maternités. Nous craignons qu’à l’approche des échéances électorales, la démagogie ne l’emporte définitivement sur la sécurité des femmes et des nouveau-nés", écrivent les sociétés savantes qui "tirent la sonnette d’alarme sur la dégradation de l’offre de soins en périnatalité". 

 

*Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), Société française de médecine périnatale (SFMP), Société française d'anesthésie et de réanimation (Sfar), Collège d'anesthésie-réanimation et obstétrique (Caro).

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3 débatteurs en ligne3 en ligne
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Michel Rivoal
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Débatteur Passionné
Anesthésie-réanimation
il y a 5 mois
Quelques remarques car j'ai déjà répondu à cette question formulée à peine différemment. Le nombre d'accouchements. Bien sûr il faut une certaine fréquence pour avoir de l'expérience. Il faut surtout avoir une équipe soudée et complémentaire. C'est à dire que l'équipe chirurgicale n'interfère pas négativement avec l'équipe obstétricale. Que des pédiatres puissent intervenir et que les anesthésistes soient également disponibles. C'est cet environnement sécuritaire de praticiens qui permet la naissance dans de bonnes conditions. Je ne sais pas si le nombre d'accouchements est pertinent en lui même. La distance. Surtout ne pas l'exprimer en Km mais en temps de parcours. Et il y a des paradoxes. Bien sur la montagne et les hameaux pouvant être isolés par les intempéries. Mais il y a aussi les banlieues et les embouteillages. Et cela joue dans les deux sens: le parcours de la mère qui doit se rendre dans la structure de soins mais aussi des secours médicalisés s'ils doivent se rendre au domicile ou dans la structure de soins en cas de complication. Ce peut donc être un problème de maillage entre les maternités/pédiatrie néonatologie de niveau 1,2 ou 3 et SAMU/SMUR spécialisés en réanimation néonatale qui n'est pas forcément au même endroit que la réanimation adulte. Le nombre de médecins. Il n'aura échappé à personne que la démographie médicale n'est pas optimale... Surtout dans les spécialités à risque (l'obstétrique et l'anesthésie notamment) Retour donc sur la politique de santé et ses lacunes, ses failles, l'aboulie des politiques quand ce n'est pas au contraire une politique délibérée de raréfier l'offre de soins en vue de la rentabiliser: lamentable erreur que ce travail de sape! La cerise sur le gâteau, ce sont les lobbies et certains élus. Ici, l'exemple est scandaleux: payer les femmes pour qu'elles accouchent dans MA maternité de Ma bonne ville dont Je suis l'élu. Qui plus est en bons d'achats du commerce local. Ce n'est pas la promotion du circuit court, c'est de la corruption, du détournement de fond, de la publicité illicite, de l'abus de confiance et j'en passe surement et pas forcément des meilleurs!
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PIERRE BERTON
2,1 k points
Débatteur Passionné
Autre spécialité médicale
il y a 5 mois
En expérience de pensée dans le "Marché commun": un commissaire-priseur: "1000 euros à Nantes, 1.500 à Brest, 3.000 au Luxembourg, 5.200 à Milan 3 et séjour pris en charge par Milan 3 ...dernière enchères? Vous êtes sûrs? C'est un très beau bébé maltais vous savez...Non? Accouchement adjugé à 5.200 euros à Milan 3, plus les frais!.", Tout le monde applaudit et la mère et ravie
 
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