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"On ne peut plus vivre avec des médecins qui arrivent en bateau et repartent avec le suivant" : l'île de Groix dans la tourmente

Depuis début septembre, plus aucun médecin titulaire n’exerce sur l’île de Groix (Morbihan), située au large de Lorient. Les deux praticiennes en poste jusqu’à l’été et qui étaient salariées du centre de santé Kersanté ont jeté l’éponge, épuisées par le rythme de travail infernal. Une situation qui inquiète les quelque 2.000 habitants à l’année, dont près de la moitié des adultes sont retraités et, pour beaucoup, atteints de maladies chroniques. Professionnels de santé insulaires, ARS et Assurance maladie travaillent désormais d’arrache-pied pour trouver au plus vite une solution pérenne.

 

Lorsque le Dr Françoise Tattevin est partie à la retraite, le 31 décembre 2020, elle ne se doutait pas que la situation groisillonne tournerait bientôt au désastre. “J’étais très confiante quand je suis partie, sinon je ne l’aurais sans doute pas fait”, assure la généraliste de 66 ans, qui habite toujours sur l’île morbihannaise. Pourtant, dès le mois de janvier dernier, le quotidien a commencé à se tendre pour la praticienne titulaire toujours en poste, le Dr Faustine Vuaillat-Saigot, et son assistante, Hélène Szczepanski, qui était à l’époque en instance de thèse mais désirait s’installer durablement sur ce territoire situé au large de Lorient.

Si elles avaient une quantité de travail déjà importante depuis le départ à la retraite de deux confrères, quelques mois plus tôt, elles pouvaient s’appuyer sur une armée d’internes et de remplaçants particulièrement motivés. Mais après un an d’épidémie de Covid-19, nombreux d’entre eux ont décidé de mettre fin à leurs vacations pour reprendre leurs projets personnels, mis à l’arrêt à cause de la crise sanitaire. Seules face à cette pénurie de médecins, à devoir gérer les plannings, la vaccination, boucher les trous, tout en assurant la permanence des soins (PDSa), le Dr Vuaillat-Saigot et Hélène Szczepanski ont alerté l’Agence régionale de santé en avril.

“La titulaire nous a dit qu’elle ne s’en sortait pas. On sentait qu’on approchait d’une situation de burn-out”, raconte le Dr René Nivelet, médecin référent à l’agence régionale de santé de Bretagne. Une réunion sur place réunissant l’ensemble des acteurs de l’île, l’ARS et l’Assurance maladie est organisée afin de “trouver une alternative pour les soulager et pallier le manque de médecins qui se profilait”. “En deux mois s’est installé un centre de santé [dans les locaux de la MSP construits par la ville, NDLR] qui correspondait apparemment à leurs aspirations puisque ça leur permettait de se décharger de toute la structure administrative.”

 

“Je ne mettrai plus jamais les pieds sur cette île”

C’est ainsi qu’au 1er juillet, le Dr Vuaillat-Saigot et Hélène Szczepanski, qui se sont toutes les deux salariées, ont intégré la structure tout neuve disposant de quatre cabinets médicaux, administrée par Kersanté, réseau associatif qui gérait déjà plusieurs centres de santé, à Lorient ou encore à Paris. Sur le papier, tout laissait présager un avenir plus serein. Mais, très vite, les médecins ont pointé des dissensions et des problèmes d’organisation qui sont venus noircir le tableau...

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