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70 médecins salariés en 35 heures : le pari gagnant de la Saône-et-Loire ?

Pour lutter contre les déserts médicaux, les territoires sont de plus en plus nombreux à recourir au salariat des médecins. Généralistes et autres spécialistes sont embauchés en 35 heures par les communes ou départements pour combler les départs à la retraite et fermetures de cabinets, toujours plus fréquents. C’est le choix qu’a fait le président du département de Saône-et-Loire en 2018, en décidant de monter un grand centre de santé et en recrutant, en quatre ans, 70 praticiens. Si la question du modèle économique interroge, André Accary balaie ces questions d’une main et l’assure : un tel investissement est rentable à tous points de vue.  

En 2015, André Accary, président du département de Saône-et-Loire, fait le désolant constat que dans les trois ans à venir, 50% des médecins généralistes de son territoire seraient susceptibles de prendre leur retraite. Département le plus peuplé de Bourgogne-Franche-Comté, la Saône-et-Loire est aussi celui où la moyenne d’âge est la plus élevée. Pendant plus d’un an, l’élu décide donc d’enquêter pour comprendre les attentes des médecins et connaître ce qui pourrait leur donner envie de s’installer dans ses communes. Il interroge des praticiens retraités, en exercice, des étudiants en médecine et se penche sur les outils déjà existants. “On avait plein d’outils incitatifs pour les libéraux, nous participions au financement des maisons médicales, on avait des choses pour les internes. Bref, nous avions des possibilités mais dont les résultats étaient finalement extrêmement modestes”, explique-t-il.  

Au cours de ses recherches, il tombe sur la Fédération nationale des centres de santé. “J’ai compris que c’était ce qu’il fallait que je fasse”, confie André Accary. Problème : le salariat des médecins et les centres de santé ne relèvent pas, à l’époque, de la compétence du département. Mais le président décide de passer outre, “après tout, ce n’était pas dans les compétences mais je n’ai rien trouvé qui m’interdisait de le faire”, plaisante-t-il. Quelques mois après l’ouverture du centre Saône-et-Loire, en janvier 2018, une loi a finalement autorisé ce dispositif. 

Quatre ans après l'inauguration du centre de santé, le bilan est positif pour l’élu. A ce jour, 70 médecins - 63 généralistes et 7 autres spécialistes - sont embauchés par le département, qui a développé, au total, 6 centres et 22 antennes. S’il se satisfait de ce succès, André Accary tient à préciser que son objectif n’est pas de faire concurrence aux médecins libéraux, mais bien d’être complémentaire, pour assurer le meilleur maillage possible partout en Saône-et-Loire. “On fait vraiment ça en collaboration, c’est la philosophie', assure-t-il. C'est-à-dire que lorsqu’il y a l’installation d’un médecin libéral dans un endroit, moi je ferme l’antenne s’il y en avait une d’ouverte. Je vais là où la demande de médecin est forte, où les médecins sont débordés. Ça évite parfois qu’ils dévissent la plaque.” Preuve en est à ses yeux, il cite le cas d’une commune sans généraliste depuis trois ans qui s’est décidée à proposer un local pour y installer un médecin du département. Un mois après, une généraliste libérale a fait savoir...

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