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Faut-il continuer à former toujours plus de médecins ?

Le verdict devrait être rendu la semaine prochaine. Une "Conférence nationale de santé" se tient actuellement pour fixer les "objectifs nationaux pluriannuels" qui détermineront pour les cinq ans à venir le nombre d'étudiants admis dans les études de santé. Un numerus "appertus" censé être plus flexible que le numerus clausus, et prendre mieux en compte les capacités de formation et besoins de santé de chaque territoire. Combien de médecins faut-il former pour répondre à la demande de soins en 2050? C'est la question à laquelle tente de répondre la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques du ministère de la Santé dans un état des lieux de la démographie médicale actuelle et à venir, qui vient d'être publié à cette occasion. Une chose est sûre : les déserts médicaux ne sont pas près de se résorber.

 

L'exercice est difficile mais nécessaire : déterminer le nombre de médecins, de chirurgiens-dentistes, de pharmaciens et de sages-femmes qui exerceront dans le futur, tout en mesurant leur densité par rapport aux besoins, et évaluer en conséquence le nombre d'étudiants qu'il faut continuer à former dans les années à venir.

Dans cet état des lieux, la Drees établit d'abord des projections démographiques "sous hypothèses de comportements et de législation constants" : c'est ce qu'elle nomme "le scenario tendanciel". Pour la profession de médecin, le ministère prend en compte un grand nombre de paramètres tels que l'âge, le sexe, le mode d'exercice, la région, les flux de départs à la retraite et d'entrée dans la profession, mais aussi le taux de redoublement ou d'abandon au cours des études ainsi que le "comportement" des médecins. "L’exercice consiste à déterminer des probabilités, pour chaque médecin, de changer de région d’exercice durant le déroulé de sa carrière, et ce selon ses caractéristiques individuelles (en l’occurrence, la région d’exercice une année donnée, la tranche d’âge, le mode d’exercice, l’origine du diplôme et le fait d’exercer ou non en médecine générale)", explique ainsi la direction ministérielle.

La Drees élabore ensuite des projections prenant en compte deux "variantes" déterminantes : le nombre d'admis en deuxième année de médecine, odontologie, pharmacie et maïeutique et le flux d'entrants de praticiens à diplômes étrangers.

Voici les 10 chiffres clés à retenir pour les médecins.

 

-5.6%

Si les effectifs de la profession sont restés "relativement stables" entre 2012 et 2021, oscillant autour des 215.000 médecins de moins de 70 ans en activité, le nombre de généralistes a diminué de 5.6% sur la période. La baisse des omnipraticiens est en effet compensée par la hausse des effectifs dans les autres spécialités (+6.4%), due en partie à la création des DES médecine d'urgence et gériatrie.

Les 94.500 généralistes représentent le gros des troupes de la profession (44%), devant les 14.000 psychiatres (12%).

 

1993

Cette année-là, le numerus clausus en médecine, instauré en 1971, a atteint son plus bas niveau, avec seulement 3.500 places ouvertes. Il n'a été réhaussé que cinq ans plus tard, avec les conséquences désastreuses que l'on subit aujourd'hui. La hausse, très forte entre 2000 et 2005, s’est ralentie jusqu’au milieu des années 2010, mais pour repartir ensuite et atteindre un peu plus de...

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