Téléconsultation

@Csaba Deli/stock.adobe.com

Jusqu'à 20 euros pour accéder plus vite à un médecin en téléconsultation : le business des coupe-files dénoncé

Dans un article paru ce lundi, le magazine 60 Millions de consommateurs pointe les pratiques tarifaires de certaines plateformes de téléconsultation, qui ont mis en place des options payantes permettant d'accéder plus rapidement à un médecin.  

15/09/2026 Par Louise Claereboudt
Télémédecine
Téléconsultation

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Une consultation dans la journée, voire dans l'heure, moyennant quelques euros en sus du tarif de la consultation. Ces dernières années, plusieurs plateformes de télémédecine ont mis en place des options "payantes" permettant à leurs utilisateurs d'obtenir un rendez-vous plus rapidement avec un praticien. Des frais "coupe-file" allant de 5 à 20 euros, constate 60 Millions de consommateurs, dans un article paru ce lundi sur son site.  

Une pratique permise, selon le magazine, par une "brèche" dans la réglementation. "Le patient ne peut être redevable à une société de téléconsultation […] d'autres montants que ceux fixés par les tarifs conventionnels […] Toutefois, les sociétés de téléconsultation peuvent proposer d'autres prestations optionnelles complémentaires à titre onéreux, sous réserve de l'information préalable du patient de leur caractère optionnel", stipule ainsi le décret du 29 février 2024.  

Sur Qare, par exemple, on peut choisir d'activer une option à 9 euros, "non remboursée", pour accéder à un médecin disponible en quelques minutes (voir la capture ci-après). Cette option "rend possibles les efforts logistiques et organisationnels permettant à Qare de proposer du temps médical rapidement lorsque cela est possible, mais ne garantit pas un accès prioritaire", indique la plateforme.  

Source : Capture d'écran du site Qare

La plateforme MédecinDirect propose quant à elle deux options : l'une à 8 euros pour accéder à une consultation dans la journée, l'autre, à 15 euros, pour avoir accès à des créneaux étendus (avant 8h, après 20h, le samedi après-midi, le dimanche ou encore les jours fériés). Ces suppléments ne sont pas remboursés.  

Même stratégie du côté de Livi – devenue Kry – qui propose des "prestations optionnelles" afin de "rendre votre parcours […] le plus personnalisé possible et de répondre au mieux à vos besoins". Ces prestations incluent des frais additionnels facturés aux patients après la téléconsultation. Montant maximum : 20 euros. 

La plateforme précise que "le montant exact des frais additionnels est systématiquement indiqué avant la confirmation de votre rendez-vous, vous laissant ainsi libres de les souscrire ou non". Idem du côté de MédecinDirect qui précise au magazine que son modèle "repose" aujourd'hui "sur ces frais additionnels". Qare accole une "pastille" orange à côté des rendez-vous libérés dans le cadre de son option à 9 euros. 

Pour 60 Millions de consommateurs, toutefois, le caractère optionnel de ces frais "coupe-file" "reste difficilement identifiable" selon les plateformes. "La plateforme en ligne m'a imposée de régler X euros de frais optionnels alors que je ne voulais pas de l'option à X euros. Impossible de refuser cette option dans mon cas car pas de case à cocher/décocher et je ne sais pas pourquoi", témoignait ainsi un patient auprès de France assos santé, qui a enquêté en juillet sur la persistance de "pratiques tarifaires contestables" chez les plateformes. 

Toutes ne mettent pas en place ce type d'options, précise 60 Millions de consommateurs. Par voie de communiqué, Medadom a ainsi rappelé qu'elle n'avait "jamais facturé de supplément pour accéder à une téléconsultation, ni proposé d'option payante permettant de réduire le délai d'attente ou d'obtenir un accès prioritaire à un médecin" depuis sa création, en 2017. "L'accès à un médecin ne doit pas dépendre de la capacité du patient à payer davantage", estime la société.  

L'Etat a souhaité renforcer le cadre réglementaire encadrant ces plateformes au cours de l'été. Un décret paru le 12 juillet élargit ainsi le champ des manquements pouvant entraîner une suspension d'agrément. A savoir en cas de non-respect des obligations prévues par le code de la santé publique ou des conditions de facturation.   

Faut-il imposer à tous les généralistes libéraux d'être le médecin traitant d'au moins 500 patients ?

Pascale Debenest

Pascale Debenest

Non

J'ai choisi médecine libérale justement pour être libre d'organiser mes journées comme je l'entends . Je suis en campagne (bourg d... Lire plus

3 débatteurs en ligne3 en ligne
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DELA LIE
5,4 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 2 mois
Ce n'est pas tant les options payantes qui me chiffonne, mais plutôt : 1/ que certains puissent les facturer et d'autres non...y'en a pas un qui s'est pris un blâme récemment ? 2/ que ce ne sont pas les médecins qui effectuent le travail, mais l'usine-pompe-à-fric sous couvert de rendre service qui encaisse. Si les gens veulent payer pour cela, tant que la SS ne rembourse pas ! Par contre une amende pour le site sur lequel on ne peut pas décocher l'option.... J'ai l'impression d'écrire un commantaire sur les fonctionnalités d'Amzn....
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Michel Rivoal
14,3 k points
Plume
Anesthésie-réanimation
il y a 2 mois
Oh surprise! Quand il y a de l'argent à se faire, il y a des gens qui se mettent dans le créneau! Peut être que les médecins pourraient ne pas s'inscrire à ces plateformes... Peut être que les pouvoirs publics auraient pu prévoir cette dérive et plutôt négocier avec les médecins des tarifs attractifs sur les consultations non programmées... Ah, ce n'est pas remboursé! Ah ce n'est donc pas la même caisse! Ah ben alors où est le problème? Éthique vous avez dit éthique?
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Georges FICHET
7,1 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 2 mois
Depuis quelques décennies, nous voyons se développer de plus en plus d'organismes à but délibérément lucratif autour de la santé, considérant les médecins et les consultations comme des biens de consommation : organismes de DPC, maisons de santé (financière ?), plateformes de rendez-vous (pompafriclib !) etc. Alors faire de l'urgence (objective ou subjective) un bien de consommation au même titre qu'un paquet de chips, pourquoi pas. A quand la commercialisation du "15" pour un service plus rapide ? Inas la société actuelle, la pognon est roi, pas le médecin qui ne l'a pas encore compris !
 
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