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Médecins téléconsultants : un syndicat créé pour défendre leur "indépendance" et réclamer une rémunération "équitable"

Créé en mars dernier, le Syndicat national des médecins téléconsultants défend les praticiens salariés exerçant pour des plateformes.  

09/06/2026 Par Louise Claereboudt
Télémédecine Syndicalisme
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Une télémédecine "juste, libre, digne, éthique et responsable". C'est ce que défend le Syndicat national des médecins téléconsultants (SNMTC), créé en mars dernier. L'organisation, affiliée à la CFE-CGC, souhaite porter et faire reconnaître la voix des praticiens de toutes spécialités qui exercent pour des plateformes de téléconsultation. "Nos droits ne peuvent pas être unilatéralement redéfinis par des plateformes au gré de leurs décisions économiques", lance le SNMTC sur sa page LinkedIn. 

"Modification unilatérale" de la rémunération des médecins, "pression" sur les créneaux ou les pratiques médicales, modification des contrats sans l'accord du praticien, ou encore "paiement en deux fois ou fiche de paie négative"… Observant de multiples dérives, le syndicat entend faire respecter les droits contractuels des médecins téléconsultants et défendre leur indépendance médicale face aux mastodontes du secteur. Objectif : "éviter une médecine dégradée" et "redonner aux médecins les moyens d'exercer correctement, y compris à distance", avance le SNMTC. 

Le syndicat des médecins téléconsultants compte par ailleurs peser dans les débats réglementaires "qui façonnent [leur] spécialité". "La téléconsultation est un mode d'exercice à part entière. Elle mérite une reconnaissance institutionnelle, des conditions dignes – et des médecins qui ne soient pas la variable d'ajustement d'un modèle économique", insiste l'organisation qui veut faire de la téléconsultation "un acte médical à part entière".  

Une rémunération "équitable" 

Celle-ci s'est fixé une dizaine de chevaux de bataille. Elle défend notamment la création d'un "statut clair" du médecin téléconsultant, mais aussi une "rémunération équitable". Le SNMTC plaide pour une revalorisation de la téléconsultation du généraliste à 30 euros, contre 25 euros actuellement. Il réclame aussi un "tarif plancher garanti à 15 euros brut par acte en salariat", ainsi que des majorations de 2 euros brut par acte, "cumulables pour soirs, weekends et jours fériés ou pour consultation complexe". Le "temps connecté" (attente, administration, coordination) doit également être rémunéré.   

Une "taxe lapin" pour tout rendez-vous non honoré par un patient doit aussi être instaurée, selon l'organisation. Ces mesures doivent mettre fin aux "dérives low cost et de la médecine à la chaîne". 

Sur l'indépendance médicale, le SNMTC réclame une "liberté totale" dans la planification des créneaux, une "indépendance absolue" sur la durée des consultations, et appelle à mettre fin au ratio présentiel/téléconsultation "imposé". Un sujet d'actualité puisque l'avenant 1 à la convention médicale, qui fait actuellement l'objet de négociations entre la Caisse nationale de l'Assurance maladie (Cnam) et les syndicats de médecins libéraux, devrait déjà élargir les dérogations au plafond de 20 % de téléconsultations. 

Le syndicat liste également plusieurs enjeux de qualité et d'éthique, notamment la nécessité d'une protection de l'entretien médical "face à toute substitution par l'IA". Les données de santé doivent également être strictement protégées. 

Une formation spécifique à la pratique à distance doit également être mise en place, selon le syndicat. Quant à la formation continue et la certification périodique, elles doivent être financées par l'employeur. 

Outre ces priorités, le syndicat ambitionne également de créer "un espace d'échange, d'entraide et de réflexion pour tous les médecins téléconsultants". L'idée ? "Construire une solidarité professionnelle dans un secteur encore trop isolé", souligne la nouvelle organisation. 

Faut-il instaurer une attestation d'honorabilité pour tous les médecins ?

FRANCOIS CORDIER

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