Démographie médicale

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Femmes majoritaires, "rôle croissant" des médecins étrangers, rajeunissement... Le bouleversement de la profession est en marche

Le Conseil national de l'Ordre des médecins publie ce mardi 31 mars son nouvel Atlas de la démographie médicale pour 2026. Pour la première fois, les femmes sont majoritaires. Le rapport confirme également les tendances enclenchées ces dernières années avec une hausse du nombre de médecins en activité ou encore une domination du salariat sur le libéral. 

31/03/2026 Par Sandy Bonin
Démographie médicale

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Ces "résultats mettent en évidence plusieurs évolutions structurelles majeures. La profession médicale connaît une féminisation désormais majoritaire, un léger rajeunissement global masquant toutefois de fortes disparités territoriales, ainsi qu’une spécialisation croissante de l’offre de soins", écrit le Dr Jean-Marcel Mourgues, vice-président du Conseil national de l'Ordre, dans un éditorial publié en préambule du dernier Atlas de la démographie médicale

"À l’horizon de 2040, une hausse de l’ordre de 40% des médecins fait désormais consensus"

Autre nouvelle majeure dévoilée par ce rapport, une hausse du nombre de médecins actifs. Au 1er janvier 2026, 245 847 médecins en activité sont inscrits à l’Ordre des médecins, soit en augmentation de +1,9 % depuis 2025 et de +14,0 % depuis 2010. "La baisse du nombre de médecins en activité est désormais derrière nous", se félicite le Cnom. "À l’horizon de 2040, une hausse de l’ordre de 40% des médecins fait désormais consensus", ajoute l'institution.

La proportion de spécialistes et plus particulièrement de spécialistes médicaux est en constante augmentation depuis 16 ans tandis que celle des médecins généralistes diminue sur la même période. Les généralistes représentaient 48 % des actifs en 2010 contre 41,8 % en 2026. Les spécialistes médicaux représentent 45,8 % des actifs en 2026.

Pour la première fois les femmes sont plus nombreuses que les hommes

Au 1er janvier 2026, 124 155 femmes médecin en activité sont recensées par l'Ordre, contre 121 691 hommes. Alors qu’en 2010 elles représentaient 40,1 % des médecins actifs, elles comptent désormais pour 50,5% des effectifs en 2026. "Cette dynamique est particulièrement marquée dans les jeunes générations, où les femmes sont très largement majoritaires", constate l'Ordre.

Les femmes sont plus nombreuses dans certains départements avec un taux de féminisation particulièrement élevé variant de 56,7% à 58,3% en l’Isère, en Savoie, en Loire-Atlantique et dans les Hauts-de-Seine.

Les médecins de moins de 40 ans supérieurs à ceux de 60 ans et plus

Les médecins actifs sont également plus jeunes avec une moyenne qui passe de 50,4 ans en 2010 à 49,9 ans en 2026. La proportion des moins de 40 ans augmente et passe de 16,4% en 2010 à 31,1% en 2026, soit une augmentation de 14,7 points en 16 ans. 

La proportion des 60 ans et plus augmente également, mais dans une moindre mesure, passant de 18,4% en 2010 à 29,6% en 2026, soit une augmentation de 11,2 points. Pour la première fois depuis de nombreuses années, les médecins de moins de 40 ans sont supérieurs à ceux de 60 ans et plus. L'effectif des retraités actifs a augmenté de + 326,9% entre 2016 et 2026. Le cumul emploi retraite, qui concerne les médecins inscrits en tant que retraités actifs, constitue aujourd’hui "une composante significative de l’offre de soins", remarque l'Ordre.  

Âge des médecins

Source : Atlas de la démographie médicale 2026, Cnom 

"L'âge moyen des médecins en activité est particulièrement élevé dans les départements qui s’étendent du nord-est vers le sud-ouest, suivant la fameuse "diagonale du vide" où la densité de population est plus faible", constate l'Atlas. À l’inverse, les départements les plus jeunes se situent principalement au nord-ouest de la métropole, à proximité de la façade nord Atlantique, à l’instar du Finistère, de l’Ille-et-Vilaine, de la Loire-Atlantique et du Maine-et-Loire. 

Age moyen des médecins

Source : Atlas de la démographie médicale 2026, Cnom 

En médecine générale, les jeunes femmes sont également largement majoritaires. 

Pyramide des âges

Source : Atlas de la démographie médicale 2026, Cnom 

Le salariat détrône le libéral

L’activité salariée apparaît de plus en plus attractive chez les praticiens actifs. Alors qu’en 2015, elle représentait 42,2% des médecins en activité, elle compte désormais pour 47,0% en 2026, détrônant ainsi l’activité libérale. L’effectif des médecins en activité ayant un statut libéral exclusivement a diminué de -4,7% tandis que celui des salariés a augmenté de +22,3% et celui des mixtes de +23,2%.

Sur toutes les spécialités confondues, 26 départements présentent une proportion de salariés parmi les médecins en activité supérieure à 50%. Pour les généralistes, seuls 6 départements sont majoritairement salariés, dont 5 territoires ultramarins et les Hautes-Pyrénées.

En médecine générale, le salariat séduit deux fois plus les femmes que les hommes. Toutefois, l'exercice libéral reste majoritaire pour les deux sexes.  

Effectifs par sexe et mode d'exercice

Source : Atlas de la démographie médicale 2026, Cnom 

Deux fois plus de médecins à diplômes étrangers en 16 ans

"Les médecins à diplômes étrangers occupent une place de plus en plus importante au fil du temps", relève le Cnom. S'ils représentaient 7,1% des médecins en activité en 2010, ils sont désormais 14,2% en 2026. 

La hausse de la proportion de médecins en activité à diplômes étrangers se perçoit au sein de chacun des groupes de spécialité, mais notamment chez les spécialistes qu’ils soient médicaux (18,7%) ou chirurgicaux (22,6%). Chez les généralistes en activité, la proportion de médecins à diplômes étrangers est de 6,8% au 1er janvier 2026.

La Roumanie, la Belgique et l’Italie sont les 3 principaux pays d’obtention de diplôme des médecins en activité à diplômes obtenus au sein de l’UE. L’Algérie, la Tunisie et la Syrie sont les 3 principaux pays d’obtention de diplômes des médecins en activité à diplômes obtenus en dehors de l’UE. 

Source : Atlas de la démographie médicale 2026, Cnom 

Contraste entre le nord et le sud

Un contraste semble se dessiner entre les régions du sud de la métropole et l’Île-de-France, et les régions du nord du territoire. Les régions les mieux dotées en médecins en activité sont la Provence-Alpes-Côte d’Azur, La Réunion, et l’Île-de-France avec respectivement 432,1, 412,7 et 396,1 médecins en activité pour 100 000 habitants. 

L’Île-de-France est l’une des régions les mieux dotées, chez les spécialistes médicaux et chirurgicaux, mais compte parmi les plus faibles densités chez les généralistes. Tandis que la Bretagne se distingue avec la plus forte densité de généralistes à l’échelle métropolitaine (177,9 médecins généralistes). La Provence-Alpes-Côte d’Azur, quant à elle, est systématiquement parmi les régions les mieux dotées, quel que soit le groupe de spécialité.

À l’inverse, les régions présentant les densités les plus faibles sont le Centre-Val-de-Loire (266,1), la Guyane (282,3) et les Hauts-de-France (313,3). Si l'Ordre "se félicite de l’augmentation du nombre de médecins", il  "reste très vigilant quant à la progression des inégalités d’accès aux soins qui appelle des réponses structurelles ambitieuses". 

Arrêt maladie : la possibilité de solliciter un deuxième avis auprès d'un confrère spécialiste est-elle une bonne idée ?

Marjan Ad

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Oui

En tant que medecin traitant je suis fatiguee des demandes abusives et de la necessité de convaincre constamment, je suis fatigue... Lire plus

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DELA LIE
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Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 15 jours
Pour masquer leur mauvaise gestion (volontaire, économie à court terme) de l'acces au soins, nos technotrucs sont prêt à dépenser à tord et à travers afin que la population reste endormie, et de l'autre côté à mener des campagnes contre les médecins, les montrant d'un doigt accusateur (le majeur, évidemment, puisque leur tactique réalisée ouvertement, passe inaperçue auprès de la population) comme frein à l'accès aux soins tout en étant des nantis fraudeurs. Le bouc émissaire est lapidé pendant que le décideur responsable n'est pas inquiété.
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Dominique BELLECOUR
97 points
Incontournable
Médecine générale
il y a 16 jours
Ces évolutions démographiques confirment la paupérisation des médecins et le risque réel que la profession soit phagocytee par la financiarisation. Quant à l'impact de l'IA et de l'autonomie des IPA et des sages-femmes, il est encore difficile d'anticiper.
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françois durepaire
3,9 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 16 jours
Il va être rapidement le moment de faire une grande étude d’impact de l’IA sur l’exercice médical selon les specialites médicales pour les 10 ans qui viennent .Gouverner c’est prévoir . De plus l’implantation de l’IA va se faire parallèlement avec la captation de l’exercice médical par des groupes privés .Il faut penser et communiquer sur cela très largement en amont .
 
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