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Hantavirus : les représentants des soignants réunis par la ministre, pas de "mesures particulières" pour l'instant
Stéphanie Rist a réuni ce mercredi matin les représentants syndicaux et ordinaux des professionnels de santé pour faire le point sur la situation. A ce stade, la France ne compte toujours qu'un cas de Hantavirus confirmé et 22 cas contacts, tous à l'isolement à l'hôpital, ce qui ne justifie pas de recommander de mesure de dépistage ou de prise en charge spécifique pour la population générale.
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La situation est sous contrôle : c'est le message inlassablement répété ce mercredi 13 mai par Stéphanie Rist, face à l'inquiétude générée par le Hantavirus. Au lendemain d'une conférence de presse avec les experts dédiée à "l'état de la science" sur le virus, la ministre de la Santé a réuni ce mercredi matin en visio les syndicats et ordres des professionnels de santé libéraux, ainsi que les représentants des médecins et pharmaciens hospitaliers pour faire un point sur la situation. "Cet échange a permis de partager les dernières informations disponibles, de répondre aux interrogations du terrain et de rappeler les consignes de vigilance et de prévention", a mis en avant sur ses réseaux la ministre à l'issue de cette réunion.
Stéphanie Rist a "insisté sur le fait qu'il n'y avait pas de circulation du virus, ni de mesures particulières à mettre en œuvre par les professionnels de santé, notamment concernant les masques", a rapporté à l'AFP l'Ordre des pharmaciens. A ce stade, la France ne compte toujours qu'un seul cas confirmé – une femme de 65 ans qui était à bord du MVHondius, ce qui ne justifie pas de recommander de mesure de dépistage ou de prise en charge spécifique pour la population générale.
Outre les 5 Français qui étaient à bord du bateau, considérés comme "à haut risque" d'infection, les 22 ressortissants (dont 3 adolescents) qui ont été en contact avec une croisiériste néerlandaise décédée sont "actuellement hospitalisés", dans des chambres à pression négative, pour un isolement d'au moins 14 jours, a informé le ministère. Les huit Français qui ont pris un premier avion le 25 avril au départ de Sainte-Hélène vers Johannesburg avec la passagère malade sont "tous hospitalisés dans des hôpitaux parisiens" (Bichat et la Pitié-Salpêtrière), tandis que les 14 autres cas contacts du vol Johannesburg-Amsterdam que la passagère avait essayé sans succès de prendre vu son état de santé, le sont "dans différentes villes de France", a détaillé le ministère de la Santé.
Le risque que ces 22 cas contacts soit infectés est "faible", mais "on a pris un principe de précaution", a assuré Stéphanie Rist lors d'une audition devant les députés de la commission des Affaires sociales, mercredi matin. "On sait que dans les épidémies, et notamment dans celle-là - ça a été démontré dans des études d'Amérique latine-, que si on arrive à faire une quarantaine très très forte, à isoler, on arrive à briser la chaîne de transmission."
Ces cas contacts sont testés tous les deux jours, a indiqué la ministre. Si les résultats des derniers tests, qui seront connus aujourd'hui, reviennent négatifs, cela signifiera qu'ils n'ont "pas été contagieux" avant d'être placés en quarantaine.
La ministre réunira toutefois ce jeudi des "experts scientifiques" pour travailler sur les "stratégies", "les modélisations" et les "réponses opérationnelles" à apporter en fonction des scenarios. Il s'agira notamment de définir "un protocole pour les contacts des cas contacts".
Questionnée à plusieurs reprises à ce sujet par les députés, Stéphanie Rist a assuré que la France disposait d'un stock stratégique de masques suffisant pour "3 mois", auquel s'ajoutent les stocks détenus par les établissements hospitaliers publics et privés, les entreprises ou encore les collectivités. "Notre capacité de production de masques sur le sol français est estimée entre 2.6 et 3.5 milliards" par an, a précisé le cabinet de la ministre. Elle est "suffisante pour faire face à une pandémie type Covid-19" et elle "peut être étendue si nécessaire". Les tests PCR sont réalisés par l'Institut Pasteur, et il n'y a pas "de sujets de pénurie" autour du matériel nécessaire, a répondu Stéphanie Rist. Avant la survenue des premiers cas de Hantavirus, un travail a été initié pour permettre à tous les ESR (établissements santé référence) situés dans des CHU, de réaliser ces tests en cas de nécessité de montée en charge du dépistage.
La ministre l'a toutefois répété à plusieurs reprises : il n'y a pas d'épidémie de Hantavirus dans le monde aujourd'hui. "On a un cas symptomatique d'un virus qu'on connaît d'une personne qui était sur un navire et qui est isolée strictement et suivie par des professionnels formés", a-t-elle martelé.
La France, aux côtés du Royaume-Uni et de l'Espagne, adopte une stratégie active de précaution, a-t-elle indiqué. Une position qu'elle portera lors d'une réunion, en fin d'après-midi, avec de nombreux pays de la zone européenne.
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