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"Gain de temps", "risque" : la fin du certificat pour la pratique sportive des mineurs divise les médecins

C’est une petite révolution pour la médecine générale. Depuis près de deux semaines, les mineurs ne sont plus obligés de fournir de certificat médical pour obtenir ou renouveler une licence sportive, ni même pour s’inscrire à une compétition. A l’approche de la rentrée scolaire, ces certificats de non contre-indication représentaient jusqu’ici une charge de travail importante pour les médecins généralistes. Si certains d’entre eux se réjouissent ainsi de pouvoir retrouver du temps destiné aux soins, d’autres craignent de voir disparaître les adolescents de leur cabinet, évoquant la nécessité de mettre en place une consultation longue, régulière, et remboursée pour recréer un lien avec les jeunes. Débat.

 

C’était une promesse du Gouvernement, qui avait inscrit la mesure dans son projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2020 afin de “libérer du temps médical” et “faire des économies”. C’est désormais officiel, le certificat de non contre-indication à la pratique sportive ne sera plus obligatoire pour les enfants. Un décret, publié au Journal officiel le samedi 8 mai, vient en effet de supprimer l'obligation pour les mineurs “de produire un certificat médical pour l'obtention ou le renouvellement d'une licence sportive ou pour l'inscription à une compétition sportive”.

Jusqu’ici, et ce depuis 2016, un certificat d’aptitude lors de l’inscription, et tous les trois ans pour les renouvellements, était demandé par les fédérations sportives, à l’exception des fédérations sportives scolaires (il était demandé tous les ans pour les disciplines à contraintes particulières dans les deux cas). Le jeune sportif ne devait remplir qu’un questionnaire de santé les autres années.

Désormais les enfants, et leurs représentants légaux, devront uniquement se soumettre à un questionnaire de santé détaillé. En ce sens, ils devront répondre à une vingtaine de questions simples : “As-tu beaucoup plus grandi que les autres années ?”, “As-tu du mal à t'endormir ou te réveilles-tu souvent dans la nuit ?”, ou encore, pour les parents “Êtes-vous inquiet pour son poids ? Trouvez-vous qu'il se nourrit trop ou pas assez ?”. Une réponse positive à l’une ou plusieurs des questions impliquera la prise d’un rendez-vous chez le médecin pour obtenir le sésame.

Certaines disciplines à “contraintes particulières”, comme la boxe, le rugby, le motocyclisme, la plongée subaquatique, la spéléologie, le parachutisme etc., ne sont cependant pas concernées par cette absence d’obligation de certificat. Ceux qui souhaiteraient les pratiquer au sein d'une fédération et en compétition seront toujours contraints de délivrer un certificat pour l'inscription et le renouvellement.

 

“Un vrai examen”

Avec ce décret, c’est tout un pan du quotidien du généraliste qui disparaît, ce dernier étant bien souvent submergé par les demandes en tout genre, notamment à l’occasion de la rentrée scolaire et de celle des clubs sportifs. “On avait tous notre bêtisier des demandes... 

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