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Suivi de grossesse : gynécos et sages-femmes se disputent la première place

Confier le suivi des grossesses "à bas risques" aux sages-femmes ? Pour l'UFML, ce serait un "glissement médical aux conséquences graves". Une position vivement dénoncée par l'Ordre national des sages-femmes (ONSSF).

07/04/2026 Par Aveline Marques
Gynécologie-Obstétrique
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Alors que le Gouvernement a récemment missionné trois experts chargés d'émettre des recommandations d'ici le mois de juin pour réformer le secteur de la périnatalité, le Collège national des sages-femmes a publié, le 17 mars, dernier un rapport préconisant de confier "principalement" aux maïeuticiennes le suivi des 80% de grossesses "à bas risque".

Mais pour le groupe Gyn Obs PMA de l'UFML, qui a publié un communiqué le 2 avril, "dans un contexte de complexification des profils maternels, aucune grossesse ne peut être considérée comme durablement 'à bas risque'". La formation en 6 ans des sages-femmes, "centrée sur la physiologie, ne permet pas d'assumer la responsabilité médicale des situations pathologiques ou potentiellement évolutives", considère le syndicat de médecins. Tandis que le gynécologue-obstétricien, lui, "est un médecin formé pendant plus de 13 années, capable de prendre en charge la complexité, l'incertitude et les situations évolutives", souligne l'UFML.

Respect de l'accès direct aux gynécos

Alors que 40 à 50% des femmes consultent directement un gynécologue, le syndicat ne voit pas d'un bon œil l'incitation des pouvoirs publics à orienter ces dernières vers les sages-femmes référentes pour leur suivi "des premières règles à la ménopause". Pour le syndicat, il s'agit d'un "glissement aux conséquences médicales graves" et d'un modèle "inefficace sur le plan économique", avec le risque de générer "des consultations répétées, des examens redondants et des prises en charge tardives, augmentant mécaniquement les coûts". Le groupe de médecins spécialistes déplore par ailleurs la valorisation financière du statut de sage-femme référente (50 euros par femme suivie) : "le système finance la coordination là où elle ne peut être pleinement assumée et ne la reconnaît pas là où elle est réellement exercée", charge-t-il.

Il milite donc pour que le gynécologue soit reconnu en tant que "référent du parcours de soin", pour que cesse l'incitation à s'adresser à une sage-femme référente et pour le "respect de l'accès direct" aux gynécos.

Les sages-femmes, "des professionnelles médicales à part entière"

Une position qui a vivement fait réagir l'Ordre national des sages-femmes. Dans un communiqué du 3 avril, l'instance fustige "une vision restrictive et dépassée du parcours des femmes". Il rappelle notamment que les sages-femmes sont des "professionnelles médicales à part entière", qui disposent de compétences "pour repérer les situations pathologiques et, en collaboration avec le gynécologue-obstrétricien, assurer leur prise en charge, garantissant ainsi la sécurité et la continuité du parcours de soins".

Alors que les "délais s'allongent", que "les inégalités territoriales se creusent" et que, de fait, "de nombreuses femmes renoncent à un suivi gynécologique", "promouvoir un modèle reposant principalement sur des professionnels déjà en tension ne fait qu'aggraver ces difficultés", insiste l'Ordre. "Les organisations les plus efficaces reposent sur une gradation des soins, adaptée au niveau de risque, et sur la coordination de tous les professionnels", appuie-t-il.

Faut-il réformer l'Ordre des médecins ?

Pascal LIGIER

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