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Retards de soins, arrêts de travail prolongés : quand les généralistes ont du mal à adresser leurs patients aux spécialistes
Les généralistes franciliens font état d’importantes difficultés d’adressage vers les spécialistes dans une enquête réalisée par l’URPS-médecins libéraux d’Ile-de-France, qui alerte sur les les conséquences.
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"Des difficultés massives qui dégradent le parcours de soins." C’est l’un des enseignements d’une enquête flash menée par l’URPS-médecins libéraux d’Ile-de-France auprès de médecins généralistes franciliens sur leurs difficultés d’adressage vers les spécialistes. "Les résultats mettent en évidence une situation critique, aux conséquences directes sur les patients et le système de santé", alerte l’organisation dans un communiqué présentant les principaux résultats de l’enquête.
Des affirmations, chiffres à l’appui : 98 % des médecins généralistes répondants* déclarent rencontrer des difficultés d’adressage vers des spécialistes, selon l’enquête flash. Autant de difficultés qui se manifestent à un rythme très rapproché. “68 % y sont confrontés très fréquemment, plusieurs fois par semaine ou par jour”, confirme le document. Si toutes les spécialités "sont concernées" selon l’URPS, certaines le sont toutefois plus que d’autres, notamment la dermatologie (citée par 74% des répondants), la psychiatrie (50%) et la rhumatologie (35%).
"Avec Doctolib, il est impossible de contacter directement les confrères spécialistes pour obtenir un rdv en urgence si on ne possède pas leur numéro personnel de portable", témoigne ainsi un des répondants au sein de l’enquête. "Je trouve des difficultés pour avoir des rdvs avec [des] psychiatres, cardiologues, gastro, rhumato, endocrino, ORL, pneumo et cardio. [C’est] souvent 3 à 4 mois [de délais]. Il faut se démener pour obtenir un rdv plus tôt", complète un autre commentaire.
Surcharge des généralistes
Quelles sont les conséquences concrètes de ces complications ? 63 % des médecins prescrivent davantage d’examens complémentaires et 77 % prescrivent davantage d’arrêts de travail, note l’enquête. "Les difficultés d’adressage contribuent ainsi à allonger les durées d’arrêt de travail et à retarder les prises en charge adaptées", en conclut l’URPS francilienne. Si 63 % des répondants ont recours à la télé-expertise, "celle-ci reste insuffisante pour compenser les tensions actuelles : elle ne remplace pas l’examen clinique et ne permet pas toujours un accès effectif au spécialiste".
Ces chiffres, selon l’URPS Médecins libéraux d’Ile-de-France, soulignent "une triple réalité" soit "une pénurie de médecins spécialistes", "un manque de lisibilité de leurs pratiques tarifaires notamment en tarifs opposables" et "une désorganisation croissante du parcours de soins".
Cela ayant pour conséquence "[des] retards diagnostiques, [des] renoncements aux soins et [une] surcharge pour les médecins généralistes".
Pour y remédier, "adapter le nombre de médecins formés aux besoins réels des territoires” figurent parmi les demandes de l’URPS francilienne. Cela s’ajoutant à l’amélioration des conditions d’adressage entre médecins et au maintien d’un accès équitable aux spécialistes. “Améliorer l’accès aux spécialistes est un levier essentiel pour réduire les délais de prise en charge, limiter les arrêts de travail et assurer une meilleure qualité des soins."
*Enquête envoyée par email aux 8118 généralistes de la région le 11 mars 2026, avec deux relances. 299 répondants.
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