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La HAS recommande une "obligation vaccinale contre la grippe" pour l'ensemble des soignants

Saisie par les ministres chargés de la Santé, la Haute Autorité de santé a évalué la pertinence d’instaurer une obligation vaccinale antigrippale annuelle, pour les soignants et les personnes âgées de 65 ans et plus résidant en collectivité. Pour les premiers, elle s'est prononcée pour une obligation, quant au second groupe, elle maintient simplement une recommandation.  

20/07/2026 Par Sandy Bonin
Vaccination Grippe Santé publique
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"La HAS recommande la mise en place d’une obligation vaccinale annuelle contre la grippe, d’une part, pour l’ensemble des professionnels de santé (salariés et/ou libéraux), d’autre part, pour les autres professionnels des établissements de santé et des établissements médico-sociaux hébergeant des personnes âgées, en contact avec des personnes à risque de forme sévère de grippe" écrit-elle dans un communiqué publié ce lundi 20 juillet. Elle recommande également, "par cohérence", l'obligation vaccinale pour les "élèves et étudiants des filières médicales et paramédicales".  

La HAS appelle au déploiement prioritaire de cette obligation dans les Ehpad et dans les unités de soins de longue durée (USLD) "compte tenu de la vulnérabilité particulière des personnes hébergées", précise le communiqué. La Haute Autorité de santé pointe notamment que la vaccination les protège moins bien de la grippe que les soignants, car la capacité de réponse immunitaire diminue avec l’âge. "C'est ce qui explique que la couverture vaccinale élevée des résidents (82,7 %) ne suffit pas à empêcher la survenue fréquente d'épisodes grippaux (cluster) en Ehpad associée à un risque élevé de formes graves et de mortalité chez les résidents (6% vs 0,1% pour les soignants)", détaille la HAS.  

Dans les autres lieux concernés par l’obligation vaccinale antigrippale, (établissements de santé, autres établissements médico-sociaux hébergeant des personnes âgées, structures d’exercice libéral…), la HAS recommande un déploiement progressif sur une période de deux ans renouvelables un an. 

Couverture insuffisante 

Pour élaborer son avis, la HAS a pris en compte l'efficacité et la sécurité des vaccins antigrippaux et le bénéfice attendu d’une augmentation de la couverture vaccinale des professionnels sur la santé des personnes prises en charge. Elle a également constaté que malgré les recommandations existantes depuis de nombreuses années et les mesures incitatives mises en place, les couvertures vaccinales antigrippales des professionnels n'augmentent pas et restent largement insuffisantes (20 % en établissement de santé et 21 % en Ehpad au cours de la saison 2024-2025). 

Dans un dossier de presse consacré au niveau de la qualité des soins en France diffusé début juillet, la HAS avait constaté que "le taux de vaccination antigrippale des soignants cette année reste préoccupant". Seuls 36% des médecins hospitaliers ont été vaccinés contre la grippe en 2025.  

"Le devoir d’exemplarité, de déontologie et de responsabilité professionnelle, ainsi que la nécessité d’assurer la protection des personnes prises en charge et la cohérence des messages de santé publique portés par les professionnels de santé a été aussi mis en avant par plusieurs organisations professionnelles auditionnées par la HAS, et pris en compte dans l'avis", pointe le communiqué.  

"Donner l'exemple" 

Début décembre 2025, le Conseil national de l'Ordre des médecins s'alignait sur la HAS, en recommandant la vaccination antigrippale, relevant que cette position pouvait évoluer "si la force des preuves venait à augmenter". L'institution ordinale demandait aux médecins "de donner l'exemple" afin de "renforcer l'adhésion des patients". 

 Pour entrer en vigueur, cette recommandation, qui va dans le même sens qu'un rapport de l'Académie de médecine publié en mai, nécessite un décret en Conseil d'Etat précisant modalités et personnels concernés. La dernière loi de financement de la Sécurité Sociale, votée en décembre, prévoit une obligation vaccinale pour les soignants libéraux, sous réserve d'un avis de la HAS allant dans ce sens. 

La vaccination antigrippale avait déjà été rendue obligatoire pour les soignants en 2006, y compris à l'hôpital et en Ehpad , mais suspendue dans la foulée par décret, notamment en raison de "l'absence de surrisque démontré chez les soignants", rappelle la HAS. 

Saisie également sur la question de l'obligation vaccinale antigrippale pour les 65 ans et plus en collectivité, la HAS propose simplement le maintien de la recommandation, relevant le "niveau élevé" du taux de couverture vaccinale des personnes de 65 ans et plus résidant en collectivité (82,7 %), "supérieur au seuil de 75% recommandé par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS)".  

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PIERRE BERTON

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5 débatteurs en ligne5 en ligne
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ARMAND MORAILLON
692 points
Incontournable
Autre spécialité médicale
il y a 13 jours
Comme toujours depuis 10 ans, les persuadés de la terre plate et de l'empoisonnement par les vaccins sortent l'épée pour combattre...Je n'ai jamais croisé de tigre non plus car j'écarte bien les doigts dans la rue. Plus sérieusement, on peut parler de la bêtise des Français alimentée par l'incapacité des dirigeants à faire précis et simple et à décider. Petit rappel: il y a 20 ans environ, la sécu française et néerlandaise ,pour se comparer, décident de faire un test de dépistage du cancer colique par analyse des selles , par envoi du kit de prélèvement à une masse de patients bretons et néerlandais. 35 % des Français ont effectué le test, 80 % des néerlandais...Tout a ensuite été fait à la française , avec labo dédié à l'analyse et envoi postal, car on ne sait jamais...agences départementales de collection des données, car on ne sait jamais, la sécu pourrait tricher ,bien qu'elle soit la seule à détenir les coordonnées des patients éligibles... Ce jour, 40 % de tests faits ( pourtant beaucoup plus simples)et on maintient ce système stupide et et inefficace. Alors les recommandations dites obligatoires ? Mais la France fait école ! La vaccination anti rougeole aux USA , pourtant obligatoire, génère depuis le début de l'année, une épidémie de rougeole ( 1200 cas et 3 morts) par multiplication des certificats contrindiquant cette vaccination. (contre zéro cas zéro mort en 2000) nous sommes sur le bon chemin ! Les intuitions , opposées à la science, tracent la route !
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CHAMBON dominique
5,6 k points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 13 jours
Si on était en dictature, ce serait simple: vaccination obligatoire pour tout le monde - ou pas de vaccination du tout, ça dépend du dictateur - et dans un cas comme dans l’autre, personne ne moufterait! Mais nous sommes en France, pays de la contradiction permanente et institutionnalisée… "Comment voulez-vous gouverner un pays qui produit 365 variétés de fromages!" De Gaulle (on parle beaucoup de lui en ce moment comme figure tutélaire)
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Bertrand Channac
730 points
Incontournable
Médecine générale
il y a 13 jours
Obligation… je ne sais plus. Je suis très favorable à cette vaccination pour moi comme pour les autres. J'ai promu activement cette vaccination dans l'établissement où j'exerçais. J'ai constaté et déploré la réticence des professionnels à cette vaccination. Pour moi il s'agissait d'une obligation éthique de protection des patients fragiles. J'ai pensé que l'obligation réglementaire pouvait être une solution. Puis le COVID est arrivé… j'ai activement participé à la campagne de vaccination pour le personnel de l'établissement où j'exerçais. J'ai vu les résultats de cette campagne tant épidémiologiques que sociaux, j'ai pris du recul (nous sommes en 2026) et aujourd'hui je doute. Je doute de l'efficacité de l'obligation, pas de celle de la vaccination du personnel.
 
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