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"Renforcer l'attractivité" pour les professionnels de santé en outre-mer : "un sujet prioritaire" pour la Cour des comptes

Dans son rapport public annuel pour 2026, la Cour des comptes appelle à améliorer l'accès aux soins en outre-mer en proposant des solutions adaptées à chaque territoire.  

26/03/2026 Par Sandy Bonin
Démographie médicale
Mayotte

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"L'offre de soins est hétérogène et l'état de santé de la population de plus en plus dégradé" en outre-mer, a alerté Amélie de Montchalin, première présidente de la Cour des comptes, lors d'une conférence de presse tenue mercredi 25 mars pour présenter le nouveau rapport public annuel sur le thème de la cohésion territoriale et l'attractivité des territoires. 

Le rapport relève en effet une forte "hétérogénéité" de la répartition de l'offre de soins dans les Drom, résultant notamment de la fragilité de la démographie médicale et des difficultés structurelles rencontrées par les établissements hospitaliers. La densité de médecins généralistes en outre-mer est comprise entre 39 et 174 praticiens pour 100 000 habitants contre une moyenne nationale, hors Drom, de 146.

Deux groupes de territoires sont à considérer : La Réunion, la Guadeloupe, la Martinique et la Polynésie française (pour l’île de Tahiti) ont une densité supérieure à la moyenne métropolitaine, tandis que la Nouvelle-Calédonie, la Guyane et Mayotte ont des densités inférieures. Seules Mayotte et la Nouvelle-Calédonie ont une densité de médecins généralistes inférieure à l'Eure, département métropolitain le moins favorisé, qui compte 88 médecins généralistes pour 100 000 habitants. 

Extrait du rapport public annuel pour 2026, Cour des comptes.

La proportion de la population sans médecin traitant en 2024 atteint 30 % en Guyane, contre 9 % à La Réunion pour une moyenne nationale de 11 %.

La répartition des spécialistes est également, dans l’ensemble, beaucoup moins favorable en outre-mer, mais elle aussi est inégale en fonction des territoires. La Réunion présente des niveaux de densité souvent supérieurs ou proches de la moyenne nationale dans la plupart des spécialités. À l'opposé, Mayotte se distingue par une situation préoccupante, avec les densités les plus faibles dans presque toutes les spécialités. Elle ne compte même aucun praticien dans plusieurs disciplines essentielles (pédiatrie, psychiatrie).

Ces insuffisances ont des conséquences directes sur l’accès aux soins : retards diagnostiques, délais de prise en charge prolongés et renoncement aux soins. En 2023, le temps médian d’attente pour une consultation en cardiologie atteignait ainsi 42 jours en outre-mer, contre 26 jours en métropole.

L'absence de spécialités ou de filière de soins dans certains territoires ultra marins aboutit également à des évacuations sanitaires (programmées et urgentes) ou des transferts sanitaires (transferts de personnes non hospitalisées) qui permettent aux patients de bénéficier de soins indisponibles localement. 

Le recours aux évacuations sanitaires varie fortement selon les territoires. La Guyane en réalise plus de 2 000 par an pour un coût estimé à près de 6 millions d'euros en 2024. À Mayotte, plus de 1 700 évacuations sanitaires sont réalisées chaque année pour un coût de 13 millions d'euros. En Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie, leur coût atteint respectivement environ 21 millions d'euros et 40 millions d'euros, liés notamment aux frais de transport.

Le renforcement de l’attractivité pour les professionnels de santé constitue "un sujet prioritaire" pour les Sages de la rue Cambon, qui appellent à renforcer "les efforts des agences régionales de santé pour faciliter l’accueil des nouveaux arrivants, le développement de postes partagés avec les établissements métropolitains, ainsi que de formations dans le domaine sanitaire". 

"Le niveau local apparaît comme l’échelon le plus pertinent pour développer des solutions innovantes adaptées aux besoins des populations et aux réalités de terrain", pointe la Cour. Ainsi, à Mayotte, un projet de classe préparatoire à la première année de médecine, en partenariat avec la faculté de médecine de La Réunion, est en cours d’élaboration, avec un suivi des enseignements en visioconférence. 

En parallèle, une dynamique de territorialisation des formations médicales a été lancée avec l’ouverture du deuxième cycle des études de médecine à La Réunion et aux Antilles en septembre 2023, s’ajoutant aux cycles déjà existants (premier et troisième cycles). À La Réunion, une capacité initiale de 50 places est prévue, assortie d’une montée en charge progressive. "La mise en place du deuxième cycle vise à limiter les mobilités étudiantes vers la métropole et, ce faisant, à renforcer l’ancrage local des futurs praticiens", précise le rapport. 

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Patrick Tafani

Patrick Tafani

Oui

Oui,3 fois oui. ils sont inutiles et nocifs pour la bonne marche de la pratique médicale de terrain......on la vu pour la covid. ... Lire plus

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MICHAEL FINAUD
4,5 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 2 mois
J'ai exercé de 1999 à 2011 en Guadeloupe et je m'y suis épanoui avec des conditions de travail exceptionnelles dont les primes et les avantages fiscaux que la gôche socialiste ( P.Kaner) a fait supprimer. Tant que ces avantages afin de compenser les contraintes de l'éloignement et de l'insularité ne seront pas restaurés , la démographie médicale en outre-mer en pâtira.
 
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