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"Frais" facturés aux patients : "une médecine à deux vitesses" ?

A l'instar des CDOM de Loire-Atlantique et d'Ille-et-Vilaine, MG France monte au créneau contre les 12,50 euros de frais facturés par Medalliance, qui a ouvert deux centres de soins non programmés à Rennes et dans la banlieue de Nantes. 

01/04/2026 Par Aveline Marques
Patients Déontologie
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Est-il légal pour une structure de facturer des frais de coordination informatique aux patients ? Pour Medalliance, qui a ouvert deux "espaces" de soins non programmés à Rennes et Saint-Herblain (44) et envisage d'en ouvrir un troisième à Angers, la réponse est oui. Mise en cause par les CDOM de Loire-Atlantique et d'Ille-et-Vilaine, la structure explique que les 12,50 euros demandés aux patients servent à financer l'utilisation de sa "plateforme technologique" MSC, "outil permettant, sur place, une prise de rendez-vous coordonnée, en temps réel, avec des professionnels de santé de diverses spécialités" (médecins, infirmières, radiologie…).

Mais pour l'Ordre des médecins comme pour MG France, ces "frais additionnels" et autres "coupe-files", notamment facturés par des plateformes de télémédecine, risquent d'instaurer "une médecine à deux vitesses". "MG France a alerté les pouvoirs publics à de multiples reprises sur ce sujet, rappelle le syndicat de généralistes dans un communiqué diffusé ce mardi 31 mars. La possibilité donnée par un décret aux plateformes de téléconsultation d'implémenter ces pratiques a ouvert un précédent en soins primaires." 

Le décret du 29 février 2024 prévoit notamment que les sociétés de téléconsultation ne peuvent pas facturer pour leurs activités prises en charge par l'Assurance maladie d’autres prestations que les téléconsultations aux patients… mais ils peuvent facturer des frais payants optionnels qui n'entrent pas dans ce champ. Sollicitées par les CDOM, les CPAM auraient d'ailleurs répondu que le service facturé par Medalliance n'entrait pas en contradiction avec la convention médicale, informe Ouest-France.

Problème : les généralistes libéraux de secteur 1, eux, ne peuvent et ne "doivent pas" facturer ce type de "dépassements", s'insurge MG France. Le syndicat demande donc au ministère et la Cnam de "mettre un terme à cette incohérence". "Ou d'assumer le risque de généralisation de ces pratiques, qui serait catastrophique pour l'accès aux soins." 

Faut-il instaurer une attestation d'honorabilité pour tous les médecins ?

FRANCOIS CORDIER

FRANCOIS CORDIER

Non

La prestation de serment par chaque médecin devant le conseil de l'Ordre et son honorable aréopage ne suffirait-elle plus désormai... Lire plus

3 débatteurs en ligne3 en ligne
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Sebastien Adnot
205 points
Incontournable
Médecine générale
il y a 1 mois
la médecine à deux vitesses, c'est bien la formule: cela rappelle l'étude de Février dernier de la DREES sur la téléconsultation, (qui est la face "distancielle" de la même pièce de la financiarisation des soins primaires, dont l'autre face "présentielle" est constituée de ces centres), qui met les pieds dans le plat: première raison des usagers de faire leur marché dans ces lieux: une réponse simplement plus rapide à leur demande (et pas à leur besoin) qu'en prenant un RDV avec son MT: bref, pas de la santé, mais de la praticité, de l'immédiateté,. Et ces services d'uberisation se paient, pour ceux qui le peuvent, comme quand on se fait livrer un paquet de chips parce qu'on a la flemme de descendre l'acheter. l'état ne peut pas cautionner ces pratiques commerciales dans le champs de la santé, sans avoir en tête les effets de bord redoutés en termes de difficulté d'accès aux soins des plus précaires. Le coupe file payant n'est pas dans l'équation d'une politique de santé publique digne de ce nom.
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BERTRAND SCHMITT
1,5 k points
Débatteur Passionné
Médecins (CNOM)
il y a 2 mois
Ah, la médecine à deux vitesses….le mal absolu. Et notre consultation à 30€ , ce n’est pas de la médecine à deux vitesses comparée à nos collègues dentistes, orthodontistes, et autres spécialités en secteur 2? Quand aux soins urgents non programmés’….c’est une vaste blague! Pour faire de la régulation libérale, je peux vous dire que les motifs de ces consultations ne sont , à 90%, ni urgents ni non programmés. SOS médecins l’a bien compris aussi, qui ouvre de plus en plus de centres et demande aux patients qui leur tél de passer par la PDS pour facturer le supplément au retour.
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Voltaire MCDD
1,1 k points
Débatteur Passionné
Chirurgie orthopédique et traumatologie
il y a 2 mois
ce qui est catastrophique à l'accès aux soins c'est le déremboursements systématique par la CPAM des actes médicaux par le nom suivi de l'inflation voir par l'interdiction de cotation pour exemple un médecin secteur 2 ne peut plus consulter sur la base d'une CS payée un tarif indigent. il doit coûter C !!!! comme à son habitude MG France fait tout sauf de la médecine de gauche voir l'extrême gauche l'intérêt de la profession et des patients passe derrière l'idéologie et le clientélisme. le juste prix ne justifie pas de complément. un tarif déconnecté de toute réalité comptable nécessite un ajustement permanent par des honoraires et non pas par de l'aumône
 
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