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Ebola : pourquoi la France prend des premières mesures de précaution

Alors que l’OMS affiche son inquiétude sur "l'ampleur et la rapidité" de l'épidémie d'Ebola, qui a débuté en République démocratique du Congo (RDC), et qui serait déjà à l’origine de plus de 130 morts, les autorités françaises font part de leur vigilance et de leur mobilisation, dans le même souci de transparence qui a été le leur face au hantavirus.

20/05/2026 Par Dre Marielle Ammouche
Infectiologie
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Le risque épidémique est actuellement considéré comme "élevé aux niveaux national et régional et faible au niveau mondial", a déclaré devant la presse à Genève le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le 20 mai, au lendemain de la tenue d'un comité d'urgence sur l'épidémie d'Ebola dans l'est de la RDC. Mais, il ne s’agit pas, pour le moment, d’une "urgence pandémique", a confirmé le comité d'urgence convoqué mardi par l'organisation mondiale. 

Selon Anaïs Legand, experte technique sur les fièvres hémorragiques virales à l'OMS, l’épidémie aurait même probablement commencé il y a plusieurs mois : "Vu l'ampleur du problème, nous pensons qu'il a probablement commencé il y a quelques mois, mais les enquêtes sont en cours et notre priorité est vraiment de briser la chaîne de transmission en mettant en œuvre le traçage des contacts, l'isolement et la prise en charge de tous les cas suspects et confirmés".

Dans ce contexte, le gouvernement français a déjà tenu à Matignon, le 19 mai, une première réunion de coordination interministérielle avec les ministres de l’intérieur, de l’Europe et des Affaires étrangères, de la Santé, des Transports et des Outre-mer.

Un point sur les connaissances concernant le variant Bundibugyo d’Ebola a été fait. Les avis des experts et les modélisations réalisées par l’Inserm et Santé publique France concluent que "le risque d’importation en France hexagonale et à Mayotte est très faible", est-il précisé dans un communiqué de Matignon. Cependant, du fait de la proximité géographique de Mayotte avec la zone actuellement concernée par l’épidémie, le Gouvernement a mis en alerte la préfecture et l’ARS de Mayotte, et a renforcé la surveillance sanitaire. Ainsi, le centre hospitalier de Mayotte se tient prêt à prendre en charge de façon sécurisée d’éventuels cas avec, en particulier, l’identification d’un circuit patient, des consignes d’isolement précisées, une organisation des soins et des prélèvements biologiques sécurisée. 

Le Gouvernement renforce aussi le "suivi" et "la couverture sanitaire des migrants", ainsi que "la communication auprès des professionnels de santé libéraux". En outre, "les services de l’Etat (Armées, Affaires Etrangères, Intérieur) ont pleinement été mobilisés afin de mettre en œuvre les moyens nécessaires au renforcement des contrôles liés à l’arrivée de migrants en provenance d’Afrique de l’Est, de la région des Grands Lacs et des Comores ainsi qu’à la bonne coopération entre pays de la zone", affirme Matignon.

Contamination faible mais létalité élevée

Par plusieurs aspects, le variant Bundibugyo d’Ebola rappelle le hantavirus. Ainsi, il s’agit d’une zoonose (transmission initiale via des animaux sauvages ou la consommation de viande de brousse), mais la transmission interhumaine est possible. La contamination s’effectue uniquement via des personnes ayant des symptômes, et par contacts très rapprochés. Sa létalité est particulièrement élevée, de l’ordre de 40 à 50%. Et il n’existe ni vaccin, ni traitement. En revanche, l’incubation est plus courte, de 7 jours en moyenne, et jusqu’à 21 jours.

Il a été identifié pour la première fois en 2007. Et il a été à l’origine de deux épidémies connues antérieures : en 2007 et en 2012.

Reporter son voyage si possible

Le Gouvernement conseille de reporter un voyage en RDC ou en Ouganda. En cas d’impossibilité, les mesures de précaution comprennent : absence de manipulation et de consommation de brousse, lavage des mains, éviter les contacts avec des personnes malades, se tenir informé sur le site Conseils aux Voyageurs (Conseils aux voyageurs | France Diplomatie), être attentifs au moindre symptôme, et surveiller sa température tous les jours pendants 21 jours. Et en cas de fièvre, le Samu doit être contacté directement sans passer par un médecin ou un service d’urgences.

Références :

Communiqué du gouvernement (20 mai). Avec AFP.

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