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Dépistage des mélanomes par les kinés en Occitanie : les médecins demandent "une mise en pause du dispositif"
Depuis septembre, 100 kinésithérapeutes, sélectionnés par l’URPS Occitanie, sont formés au dépistage des mélanomes et sont équipés de dermatoscopes connectés. Un dispositif qui inquiète la FMF, qui demande la mise en pause du dispositif.
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"Le patient ne se résume pas à une lésion cutanée. L’évaluation d’une lésion suspecte suppose de prendre en compte les antécédents, les traitements - notamment immunosuppresseurs -, l’état général, l’autonomie, les éventuels signes d’alerte et la nécessité d’examens complémentaires. Cette approche globale relève du médecin traitant, qui connaît son patient et coordonne son parcours de soins", écrivent les présidents de la FMF Occitanie et de l’Equipe de soins spécialisés (ESS) de dermatologie en Occitanie, dans un communiqué commun diffusé le 15 octobre.
En effet, depuis le mois de septembre 2026, 100 kinésithérapeutes, sélectionnés par l’URPS avec le soutien de l'ARS Occitanie, sont formés dans toute la région au repérage des lésions cutanées suspectes. Il est prévu qu'ils soient équipés de dermatoscopes connectés et intégrés à un parcours d’orientation s’appuyant sur la télé-expertise.
"Nous ne transformons pas les kinés en dermatologues. Nous voulons qu’ils sachent identifier une lésion potentiellement inquiétante et orienter le patient vers la bonne filière. Le véritable enjeu est de ne pas passer à côté d’un mélanome ou d’un carcinome qui aurait pu être détecté plus tôt. Et, in fine, de sauver des vies", expliquait Xavier Font, kinésithérapeute, vice-président de l’URPS kinés Occitanie et pilote du projet, dans un communiqué diffusé en août dernier.
Le dispositif avait été expérimenté sur 13 kinésithérapeutes, lors d'une première phase. Au total, 35 actes de repérage avaient permis d’identifier quatre carcinomes et deux mélanomes nécessitant une prise en charge spécialisée rapide.
Si la FMF et l'ESS Occitanie "saluent l’engagement des masseurs-kinésithérapeutes souhaitant participer au repérage des lésions cutanées suspectes", elles estiment que "le réseau de télé-expertise en dermatologie récemment déployé en Occitanie auprès d’une centaine de kinésithérapeutes, suscite de sérieuses réserves". Pour cause : ce dernier " semble avoir été élaboré sans concertation avec les médecins traitants et les dermatologues du territoire", peut-on lire dans le communiqué.
Vers une mise en pause du dispositif ?
Les deux organisations "s’inquiètent notamment d’un parcours qui pourrait conduire à écarter le médecin traitant, à multiplier des demandes de télé-expertise dans un contexte de pénurie de dermatologues, et à faire reposer une décision d’orientation sur un parcours insuffisamment qualifié sur le plan médical".
Elles demandent donc une "mise en pause du dispositif le temps d’une concertation réelle avec les médecins généralistes et les dermatologues, d’une clarification des responsabilités de chaque acteur et d’une évaluation indépendante des outils employés".
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