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Dépassements d'honoraires : plus d'une femme sur deux débourse en moyenne 300 euros pour son accouchement

Plus d'une patiente sur deux (54 %) ayant accouché par voie basse sans complication en 2021 a été confrontée à au moins un dépassement d'honoraires au cours de son épisode de soins*, indique une étude de l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes).  

21/09/2026 Par Sandy Bonin
Gynécologie-Obstétrique
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Lorsqu'ils sont présents, ces dépassements atteignent en moyenne 300 euros, mais dépassent 755 euros pour les 10 % de patientes les plus exposées. L'étude porte sur près de 360 000 épisodes de soins issus du Système national des données de santé (SNDS), correspondant à des accouchements uniques par voie basse sans complication en 2021. Les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire ont été exclues de l'analyse.  

L'étude montre que l'exposition aux dépassements d'honoraires varie fortement selon le type de maternité. En clinique privée, 92 % des patientes ont acquitté au moins un dépassement, pour un montant cumulé moyen de 540 euros. À l'hôpital public, hors activité libérale du gynécologue-obstétricien, 39 % des patientes sont concernées, pour un montant moyen de 110 euros. Dans les Espic (établissements de santé privés d'intérêt collectif), ces proportions atteignent respectivement 57 % et 135 euros. 

Source : Irdes.

La différence tient notamment aux possibilités de facturation pendant l'hospitalisation. Dans les établissements publics et les Espic, les dépassements ne peuvent, en principe, être facturés pendant le séjour et interviennent donc avant ou après l'accouchement. En clinique privée, ils peuvent concerner l'ensemble de l'épisode, notamment l'accouchement et l'anesthésie. Près de 70 % du montant cumulé des dépassements observés chez les patientes ayant accouché en clinique privée provient ainsi du séjour hospitalier. 

Les gynécologues-obstétriciens et les anesthésistes concentrent l'essentiel des dépassements. En clinique privée, 83 % des patientes ont été confrontées à au moins un dépassement facturé par un gynécologue-obstétricien, pour un montant cumulé moyen de 460 euros lorsqu'un dépassement est pratiqué. Pour les anesthésistes, le montant moyen atteint 213 euros lorsqu'un dépassement est facturé. 

L'étude met également en évidence d'importantes disparités territoriales. Les patientes résidant dans les communes les plus défavorisées sont moins souvent exposées à des dépassements que celles des communes les plus favorisées : 40 % contre 71 %. Les montants moyens cumulés suivent la même logique : environ 200 euros pour les patientes des communes les plus défavorisées, contre 450 euros pour celles des communes les plus favorisées. Cette différence s’explique notamment par un recours plus fréquent aux maternités publiques dans les territoires défavorisés. 

Source : Irdes.

Cette tendance nationale masque toutefois de fortes disparités entre départements. Dans les Yvelines, par exemple, 65 % des patientes des communes les plus défavorisées sont exposées à au moins un dépassement, pour un montant moyen de 366 euros, contre 40 % et 196 euros à l'échelle nationale.  

Pour les auteurs, ces résultats montrent que l'exonération du ticket modérateur dont bénéficient les femmes enceintes ne suffit pas à supprimer leur reste à charge. Les dépassements d'honoraires peuvent subsister avant ou après l'hospitalisation, voire pendant le séjour en clinique privée. L'Irdes souligne ainsi l'enjeu du maintien d'une offre de maternités accessible sans dépassements, notamment dans les territoires les moins bien dotés. Un "encadrement plus strict" des dépassements pour les actes liés à la grossesse ainsi qu'un meilleur accompagnement des patientes les moins favorisées socialement vers des parcours à tarifs opposables pourraient également contribuer à limiter cette exposition, souligne l'Irdes. 

Les enjeux de qualité et de sécurité des soins n'ont pas été abordés dans cette étude. 

* L'"épisode de soins" couvre les quatre mois précédant le mois de sortie de maternité et les 12 jours suivant ce mois. 

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Pascale Debenest

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J'ai choisi médecine libérale justement pour être libre d'organiser mes journées comme je l'entends . Je suis en campagne (bourg d... Lire plus

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Michel Rivoal
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Plume
Anesthésie-réanimation
il y a 19 jours
Me voilà un peu perplexe. Dans mon infinie candeur, je croyais me souvenir que les frais médicaux liés ou non à la grossesse étaient intégralement remboursés par la sécu et bénéficiaient du tiers payant! Il est vrai que j'exerçais dans le public et que ma "parentalité" remonte à plus de 40 ans! Ce n'est donc vrai qu'à partir du 6ème mois de grossesse et les "jours d'avant" sont au tarif normal de la sécurité sociale avec l'exception des examens obligatoires. C'est fort dommage! Je sais bien les fortes responsabilités des obstétriciens et autres spécialistes (notamment en imagerie) mais j'aurais aimé avoir le détail du reste à charge et la situation (sociale) des femmes qui sont amenées à payer ces suppléments-dépassements-compléments d'honoraires. Si je fais un rapide calcul, sur 650 000 naissances par an, cela fait environ 330 000 femmes (Sans doute un peu plus pour les grossesses qui ne vont pas à terme et un peu moins pour les grossesses multiples) qui payent pas loin de 100 000 000 €. C'est une belle somme. Mais à titre individuel (300 € donc) ce n'est pas négligeable non plus. Compte tenu des autres frais impliqués par le nouveau venu, mobilier, vêtements, transport...(c'est le prix de base d'une bonne poussette...) je me demande si cet argent ne serait pas mieux utilisé ailleurs, et pas seulement en "écrans plats" ou chirurgie esthétique! Oui, bon, les statistiques!!! Mais je vous laisse réfléchir là dessus.
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Avocat Du Diable
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Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 20 jours
Même réflexion qu'Olivier C , où vont les revenus , les placements des mutuelles "obligatoires" alors qu'elles ne prennent pas en charges les dépassements d'une spécialité difficile , pénible et honorable ? Pour rappel , alors qu'elles avaient à assumer un risque prévisible ( un virus ) , ces dites mutuelles qui galvaudent leur appellation ont été protégées avec un accroissement de la dette nationale . Alors , que veut dire le mot "mutuelle" ? Si on continue ainsi à engraisser les financiers et les hauts fonctionnaires dont les salaires sont secrets aux dépends ce ceux qui agissent sur le terrain et construisent silencieusement notre société , on en viendra aussi à payer en plus de leur rémunération les enseignants qui s'occupent de nos enfants car comme les obstétriciens , on en manque . Il suffit d'attendre , une société basée sur des principes et une idéologie malsaine est destinée à s'effondrer .
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GILLES SOURNIES
56 points
Gynécologie-obstétrique
il y a 20 jours
Ce débat me semble d'emblée obsolète. Les maternités privées dites à but lucratif ferment leurs portes. Voici les chiffres de 2024 de la DRESS : "La proportion d’accouchements réalisés dans les maternités publiques a progressé de 68 % en 2014 à 75 % en 2024, avec une baisse conjointe de la proportion d’accouchements en établissements privés à but lucratif, de 24 % à 17 %". Et ces chiffres datent de 2024 ; hors le mouvement de fermeture s'amplifie. Les grandes structures privées ont depuis longtemps acté la disparition de leurs composantes obstétricales. Aux dernières nouvelles de la DRESS (2024) il restait 95 à 100 maternités à but lucratif. Notez l'incertitude sur ce chiffre.... En 2026, je suis près à parier qu'il en reste moins de 90. Dans 5 ans, il n'en restera aucune. Les causes sont multifactorielles.
 
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