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Blocus dans les universités : la crainte d'un report des EDN pour les étudiants en médecine

Le mouvement de mobilisation des lycées et des universités pourrait perturber le déroulement des EDN la semaine prochaine. Le ministre de l'Enseignement supérieur n'envisage pour l'heure pas de report de ces épreuves, tandis que l'inquiétude grandit chez les carabins. 

09/10/2026 Par Chloé Subileau
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Le mouvement de blocus et de grève dans les lycées et les universités va-t-il perturber le déroulement des EDN la semaine prochaine ? Alors que les étudiants en sixième année de médecine doivent plancher entre le lundi 12 et le jeudi 15 octobre sur ces épreuves écrites du concours de l'internat, la Conférence nationale des doyennes et des doyens de médecine (CDD) craint des perturbations, révèle ce vendredi FranceInfo.

Contactée par Egora, la cheffe de file des doyennes et doyens assure que, "pour le moment, les EDN de la semaine prochaine sont maintenues dans les facultés de médecine". "Nos équipes sont pleinement mobilisées et très attentives au mal-être étudiant lié à l'incertitude. La décision de reporter les épreuves ne peut venir que des ministères. A ce stade, je n’ai pas d’information dans ce sens", assure la Pre Isabelle Laffont.

Une forte mobilisation des universités

Depuis plusieurs semaines, bon nombre de lycéens protestent en France pour dénoncer, entre autres, le manque de moyens financiers, humains et matériels dans les établissements. Les étudiants ont aussi rejoint le mouvement, bloquant certains campus. Selon l'Union étudiante, l'un des principaux syndicats étudiants, 90% des universités françaises étaient mobilisées mardi 6 octobre, avec 57 sites universitaires bloqués. Le lendemain, l'organisation avançait 80 campus concernés, rapporte Le Monde. Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche recensait, lui, 40 % d’établissements affectés.

La crainte de perturbations des EDN est d'autant plus grande que l'intersyndicale étudiante et professionnelle appelle à une nouvelle journée de mobilisation mardi 13 octobre. 

Plus de 11 600 futurs médecins doivent pourtant passer ces épreuves écrites, dans 37 facultés réparties entre la métropole, les Antilles et La Réunion, précise à Egora Isabelle Laffont. A quelques jours de ces épreuves, qui comptent pour 60 % dans la note finale les classant pour l'internat, ils "sont très inquiets et déstabilisés", rapporte la présidente de la CDD. "Ils redoutent une annulation des épreuves. Nous les soutenons comme nous pouvons, en les tenant informés et en communiquant avec eux à l'échelle de nos facs, mais cette situation est très déstabilisante pour ces jeunes déjà fragilisés et sous pression."

"Il faut que ces épreuves se tiennent, c'est indispensable"

Pour cause : si un incident venait à avoir lieu dans l'un des lieux de composition des EDN, cela obligerait à annuler et reporter ces examens pour l'ensemble des candidats. Deux journées de reprogrammation sont d'ores et déjà prévues en cas de couac les vendredi 16 et lundi 19 octobre, comme le précise un arrêté du 23 mars 2026. L'an dernier déjà, la première journée des EDN avait été annulée et reprogrammée en raison d'incidents techniques dans des centres d'examens. 

Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a confirmé, ce vendredi matin, que tout était mis en œuvre pour maintenir les EDN cette année. "Il faut qu'elles se tiennent, c'est indispensable", a-t-il soutenu au micro de Franceinfo, insistant sur le caractère crucial de ces épreuves "pour l'avenir" des carabins. "On a besoin d'eux, on a besoin de médecins. Je ne sais pas qui sera assez irresponsable pour bloquer le concours de l'internat", a insisté Philippe Baptiste." On fera tout pour que ça se passe bien, dans de bonnes conditions." 

Du côté de l'Anemf*, on insiste : "il est primordial que [les EDN] se déroulent dans des conditions optimales", écrit l'organisation étudiante sur Instagram. Elle rappelle, par ailleurs, que la possibilité d'un report des épreuves n'est possible qu'"en cas de force majeure", et assure être "en relation" avec les ministères sur ce sujet. 

Mais pour les carabins, déjà mis à mal par la diffusion d'accusations de triche lors des derniers Ecos, l'inquiétude ne cesse de grandir. "Ça serait vraiment des abrutis [les étudiants grévistes, NDLR] de venir perturber le concours. Ça ne servirait absolument pas leur cause, mais les conséquences pour les étudiants en médecine seraient bien là pourtant", fulmine un étudiant, sous une publication Facebook. "J'ai passé un été […] à réviser comme un chien, j'ai plus la force pour réviser un jour de plus", peut-on lire dans un autre commentaire. 

D'autres voix se veulent plus rassurantes. "Il faudrait arrêter de paniquer comme ça… Les EDN sont assez stressant[e]s, pas besoin d’en rajouter, ni de faire stresser les autres inutilement […] Tout va se passer comme prévu", pense ainsi un étudiant. 

"Les externes en sixième année doivent pouvoir composer leurs épreuves de façon sereine", affirme, de son côté, Caroline Barichon, présidente de l'Isnar-IMG**. Pour la représentante des internes de médecine générale, aucune des solutions envisagées aujourd'hui ne semble acceptable : "Maintenir les épreuves avec le risque de devoir recommencer dans cette période de tension ou les reporter pour garantir à toutes et tous une composition sans accroc autre que technique (tablettes, etc.) ? Dans les deux cas, les étudiantes et étudiants sont épuisés…"

*Association nationale des étudiants en médecine de France 

**Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale

 

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