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Fermeture de maternités : "Quelle autre solution s'offre à nous quand il manque 1000 gynécos à temps plein ?"

"Si la France pouvait maintenir l'ensemble de ses maternités, personne ne demanderait le regroupement des plateaux d'accouchement", insistent plusieurs organisations représentatives des médecins spécialistes de la périnatalité dans un communiqué commun.  

15/09/2026 Par Louise Claereboudt
Gynécologie-Obstétrique
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Le 4 août, en plein cœur de l'été, l'Igas a publié un rapport consacré à la situation de la périnatalité en France, faisant état d'une "dégradation sanitaire préoccupante, remontant à quinze ans", plaçant notre pays dans une "position internationale défavorable". Un déclassement qui s'est observé à partir de 2011. "Si la France connaissait le taux de mortalité infantile moyen de l'UE, soit 3,3 %, ce sont les morts de 529 enfants dans leur première année qui auraient pu être évitées en 2024", indique le rapport, qui alerte sur "un excès de mortalité néonatale, et donc infantile, considérable" dans notre pays. 

Selon les auteurs, cette dégradation récente de la santé périnatale dans l'Hexagone est un "problème de santé publique grave", renvoyant "principalement au poids des facteurs populationnels". Age de plus en plus tardif des grossesses, qui augmente le risque de complication, hausse des grossesses multiples… Plusieurs facteurs jouent, sans que l'on sache précisément à quel point, notent les auteurs. Qui ajoutent que "l'accroissement de la précarité sociale et des difficultés socio-économiques joue un rôle important".

Les investigations de la mission l'ont, en revanche, conduit à "relativiser l'influence de l'organisation de l'offre de maternités sur l'évolution de la mortalité infantile et, en particulier, à conclure que les restructurations de l'offre de soins ne semblent pas avoir eu d'effet notable sur les évolutions de la mortalité infantile (néonatale) depuis 2011". Elle évoque notamment le mouvement de fermeture des petites maternités, en cours depuis plusieurs années. 

Sur le plan international, par exemple, "la Suède a, depuis longtemps, regroupé ses naissances dans des établissements de très grande taille (8 000 à 9 000 accouchements par an pour certains d'entre eux) avec un très bon résultat de mortalité infantile (2,1 %) en 2023)", notent les auteurs. Tandis que "l'Italie, elle, avec un nombre important de maternités (395 en 2023), de petites tailles pour beaucoup d'entre elles, obtient un résultat presqu'aussi satisfaisant (2,5 % en 2023)". 

"Dès lors, proposer, en 2026, […] comme solution à un grave problème de santé publique, multiforme et multifactoriel, la seule hausse du seuil minimal d'activité des maternités – par exemple passer de 300 à 1 000 comme le suggèrent certaines voix –, constituerait une réponse mécanique, datée, comme plaquée sur la situation actuelle, en décalage par rapport à l'ampleur du problème populationnel à l'origine de la dégradation sanitaire constatée", estiment les auteurs. 

Selon la mission, "l'essentiel de la réduction des risques de mortalité infantile se joue d'abord, en amont, au cours de la grossesse, dans la capacité à prévenir, détecter puis prendre en charge les situations à risque ; et, ensuite, en aval, après l'accouchement, dans la capacité à prendre en charge les jeunes enfants dont l'état le requiert dans les services de néonatalogie". 

Si elles ne s'opposent pas à ces préconisations, plusieurs organisations de médecins*, dont le Collège national des gynécologues et obstétriciens français ou encore la Société française de médecine périnatale, déplorent, dans un communiqué commun diffusé ce mardi, que l'Igas "s'écarte du large consensus existant sur le grave sujet de la pénurie de ressources humaines et sur celui de la réorganisation de l'offre de soins, qui sont intimement liés". 

"Si la France pouvait maintenir l'ensemble de ses maternités, personne ne demanderait le regroupement des plateaux d'accouchement. Mais quand il manque 1000  gynécologues-obstétriciens à plein temps pour assurer la permanence des soins, que l'on fait face à une pénurie documentée d’anesthésistes-réanimateurs, de néonatologistes et de de sages-femmes, quelle autre solution s'offre à nous pour garantir la sécurité des mères et des enfants ?", interrogent ces organisations. 

Ces dernières rappellent que le regroupement des forces et des moyens sur des plateaux d'accouchement moins nombreux a fait l'objet d'un "très large consensus", "partagé par l'ensemble des sociétés savantes du champ de la périnatalité" et qui "a été repris par les rapports que le Sénat et la Cour des comptes publiés en 2024 sur le sujet". "Seule l'Igas s'écarte de ce consensus alors même qu'elle constate que 'la situation des ressources humaines sur la périnatalité est tendue dans toutes les régions'", souligne le communiqué. 

"Pour suppléer au manque de praticiens dans les maternités, l'Igas ne formule qu'une seule et unique recommandation sur la vingtaine qu'elle énonce : 'Reconsidérer […] l'actuelle possibilité d'installation des sages-femmes en libéral dès leur sortie d'école.' Autrement dit : s'il manque des gynécologues-obstétriciens, des anesthésistes-réanimateurs, des pédiatres et des sages-femmes dans les maternités, la solution miracle serait de contraindre les plus novices de ces dernières à combler les trous", notent les organisations. 

Pour les organisations de soignants, au-delà de la sécurité des soins, il en va du bien-être des professionnels, et notamment des jeunes, qui se détournent des salles de naissance du fait des conditions de travail et de sécurité dégradées. Or, "l'Igas ne propose rien pour susciter les vocations". Pire, elle fait preuve de "mépris" envers ces jeunes qui expriment "des aspirations légitimes" notamment en termes de conciliation vie professionnelle/vie privée, selon les organisations soignantes.

Dénonçant "l'abandon" des pouvoirs publics, les organisations réclament "que les politiques prennent enfin leurs responsabilités et que la périnatalité fasse l’objet d’un plan stratégique ambitieux".

*Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), Société française de médecine périnatale (SFMP), Société française de pédiatrie (SFP), Société française d'anesthésie et de réanimation (SFAR), Collège d'anesthésie-réanimation en obstétrique (Caro), Fédération française des réseaux de santé en périnatalité (FFRSP).

Faut-il imposer à tous les généralistes libéraux d'être le médecin traitant d'au moins 500 patients ?

Pascale Debenest

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J'ai choisi médecine libérale justement pour être libre d'organiser mes journées comme je l'entends . Je suis en campagne (bourg d... Lire plus

1 débatteur en ligne1 en ligne
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Michel Rivoal
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Anesthésie-réanimation
il y a 1 mois
Comment lutter contre l’augmentation de la mortalité périnatale? Je ne vais pas donner « ma » recette. Cet article pose bien le problème rapportant les réflexions déjà nourries des sociétés savantes et l’enquête des pouvoirs publics. La Suède et l’Italie sont des exemples contrastés mais pas complètement opposés. Il faut partir des constats; La mortalité périnatale est bien trop importante en France. Il existe un déficit bien trop important en obstétriciens, maïeuticien.nes, pédiatres, anesthésistes, durable dans le temps pour assurer, partout, la permanence des soins. Il existe déjà une classification des structures de naissances (maternités/néonatologies). Je crois qu’il faut maintenir un maillage territorial d’accès à la surveillance de la grossesse notamment chez les femmes socialement défavorisées et/ou pour pouvoir dépister les grossesses à risque comme pour les femmes isolées sur le plan géographique. Mais il faut « combattre » les idéologies politiques y compris les dotations financières des parturientes pour qu’elles accouchent dans les communes sous dotées!!! En revanche il faut probablement vérifier qu’il y ait un accord (comme en Italie) pour que l’accouchement ait lieu dans un centre « bien » doté, c’est à dire des accords entre structures de soins et d’hébergement mère-enfant pour ne pas être confronté à des transferts en urgence. Cela étant dit, il faut absolument vérifier que "la grosse structure" est bien dotée et pas minée par une pénurie dans l’un des composant de la permanence déjà citée dont même certaines structures universitaires sont atteintes au même titre que pour les autres urgences. Ne pas confondre usine à soins et centre de santé! Le monde serait parfait si la politique de santé s’attachait à résoudre les pénuries de médecins et de soignants, c’est à dire si l’aménagement du territoire allait plus loin que la nomination d’un rapporteur qui n’a pas brillé par son dynamisme ou autonomie, ses idées et ses réalisations. Mais c’est un choix politique!!!
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HENRI BASPEYRE
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Résistant
Chirurgie générale
il y a 2 mois
qui a décidé de former 1000 gynécos de moins en FRANCE? qu'il se dénonce! "responsable,mais pas coupable"
 
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