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Accouchement prématuré : un risque trois fois plus élevé chez les femmes médecins en anesthésie-réanimation
Un taux inquiétant qui pourrait s'expliquer, entre autres, par l'âge avancé des femmes au moment de la grossesse mais aussi par des conditions de travail difficiles.
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Ces résultats inquiétants avaient déjà été dévoilés en juin dernier lors de la présentation de l'enquête "What Health" menée par le Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs élargi aux autres spécialités (SNPHAR-E). Cette étude, réalisée entre le 14 octobre 2025 et le 15 janvier 2026, portait plus largement sur la santé des praticiens hospitaliers. Plus de 3600 réponses avaient été recueillies par le syndicat, dont une majorité de PH et deux tiers de femmes.
Etat somatique, psychiatrique, sommeil, alimentation, addictions, relation au travail, arrêts maladie… L'étude balayait un spectre large de sujets. En ressortait un constat alarmant : "Les médecins hospitaliers ne vont pas bien et ça a des conséquences sur leur travail", résumait le Dr Mathieu Brière vice-président du SNPHAR-E et anesthésiste à Nîmes, auprès d'Egora. L'étude consacrait également un volet important au sujet de la grossesse, avec, là aussi, des données inquiétantes.
Celles-ci ont été présentées mercredi 16 septembre au congrès annuel de la Société française d'anesthésie-réanimation (SFAR). Un chiffre, en particulier, a été mis en avant, et illustre l'urgence d'agir. Les femmes médecins anesthésistes-réanimatrices présentaient des taux de prématurité (prématurité globale, modérée, grande et extrême prématurité) "trois fois supérieurs” à ceux de la population générale. Pour la prématurité globale, le taux était de 20 % contre 6,6 % dans la population générale.
Ces taux étaient également supérieurs à ceux observés chez les praticiennes "toutes spécialités".
Source : étude What Health du SNPHAR-E.
Ceci pourrait s'expliquer, selon le syndicat, par l'âge des femmes au moment de la grossesse (pas demandé mais généralement avancé du fait des études longues) mais aussi des conditions de travail difficiles (stress, station debout prolongée, participation à la permanence des soins et périodes de travail prolongées…).
Dans l'enquête, plus de la moitié des praticiennes, toutes spécialités confondues, déclaraient avoir poursuivi leur activité de permanence des soins après leur 3e mois de grossesse (et près d'une praticienne sur 5 au-delà du 6e mois). Par peur de mettre l'équipe dans l'embarras mais aussi "pour raisons financières", analysait Mathieu Brière. "La participation à la permanence des soins représente parfois jusqu'à la moitié de la rémunération d'une jeune praticienne", souligne le SNPHAR-E dans un communiqué.
En outre, "les effectifs cibles d'équipe calculés par les administrations ne prennent pas en compte l'hypothèse de l'absence d'un praticien pour raison de grossesse", déplore le syndicat. Et de souligner que les équipes "sont déjà en situation de sous-effectif chronique". Au 1er janvier 2026, le taux de vacance de postes en anesthésie-réanimation s'élevait ainsi à 37 %, selon le SNPHAR-E.
A l'occasion du congrès annuel de la SFAR, le syndicat rappelle que "nombre de femmes médecins, encore aujourd'hui, voient leur carrière conditionnée par leur maternité (non-renouvellement de contrat, retard de la nomination de PH, difficulté d'accès aux carrières universitaires et aux postes de responsabilités)".
Une situation qui "ne peut plus être tolérée", selon le syndicat qui appelle à des "mesures urgentes". Parmi lesquelles, une application "sans réserve" des nouvelles mesures réglementaires permettant aux femmes médecins d'assurer un suivi de grossesse "optimal" ; une adaptation des conditions de travail en cas de grossesse ; la mise en place de mesures limitant les conséquences de l'arrêt de la participation à la PDS pour les praticiennes enceintes ; ou encore la mise en place de ratios médecins-patients permettant d'avoir des équipes médicales "stables".
Le syndicat qui avait déjà sollicité un rendez-vous avec la ministre de la Santé pour évoquer les conditions d'exercice des médecins hospitaliers a réitéré sa demande.
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