L’audition, parent pauvre du suivi médical chez les jeunes

08/03/2018 Par Marielle Ammouche
Santé publique

A l’occasion de la 21e édition de la Journée Nationale de l’Audition (JNA), l’association JNA, avec le concours de l’association France Acouphènes et de la Fondation pour l’audition, a publié une étude qui permet d’en savoir un peu plus sur l’épidémiologie et l’impact des acouphènes et de l’hyperacousie en France.

Cette enquête Ifop a l’originalité de reposer aussi, pour la première fois, sur une campagne de dépistage de l’audition sur internet. Et "les résultats sont inquiétants" affirme l’association, en particulier pour les moins de 35 ans. L’enquête montre en effet, que les français se sentent globalement peu concernés par leur santé auditive. Ainsi, alors que les gênes auditives (comme par exemple le fait de mal entendre une conversation en lorsqu’il y a du bruit) concernent une majorité de français, deux sur trois n’ont jamais effectué de bilan complet de leur audition chez un médecin ORL et près de 4/5 chez les moins de 35 ans (78%). Pourtant, selon les résultats du test auditif, un français sur quatre aurait une audition qui mériterait d’être vérifiée par un bilan auditif complet chez un ORL, dont 33% des 25-34 ans, 30% des ouvriers et 39% des retraités. L’enquête montre par ailleurs que les acouphènes concerneraient 28% de la population, soit 14 à 17 millions de français. Les moins de 35 ans sont les plus touchés par ce symptôme : 56% des 15-17 ans disent ressentir ou avoir déjà ressenti des acouphènes, 49% pour les 18-24 ans. "Ce constat corrobore l’identification de causes plutôt liées à des traumatismes sonores qu’à des problèmes de santé liés à l’âge", précise l’association JNA. Et si ce phénomène est souvent momentané avec un retour à la normal par la suite, quatre personnes sur dix souffrant d’acouphènes déclarent une perte auditive associée dont 31% à un faible niveau et 9% à un niveau important. Les 25 à 34 ans semblent les plus impactés par les effets des acouphènes sur leur vie, une majorité (55%) estimant que ce symptôme a un impact sur au moins un aspect de leur vie (sociale en priorité), contre 47% en moyenne. Concernant la prise en charge, seul un tiers des personnes ressentant des acouphènes en ont parlé à des professionnels de santé (8% des 15 à 17 ans 26% des 18-24 ans). Le médecin généraliste est le plus consulté (34%), devant le médecin ORL (29%). Enfin, l’enquête de JNA permet pour la première fois d’avoir une estimation de la prévalence de l’hyperacousie en France, qui s’élèverait à 8% des 15 ans et plus et 16% des 15 à 17 ans, avec une gêne perçue comme très importante pour les 4/5 des sujets qui en souffre. Dans ce contexte, les experts scientifiques et médicaux de la JNA recommandent de développer des campagnes d’information et de sensibilisation sur les acouphènes et les risques liés aux traumatismes sonores, notamment en direction des 15-34 ans, ainsi que la reconnaissance des acouphènes en tant que cause nationale.

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