Hausse marquée des IST en médecine générale

14/12/2023 Par Marielle Ammouche
Santé publique

Les infections sexuellement transmissibles (IST) d’origine bactériennes (syphilis, gonococcies et infections à Chlamydia trachomatis [Ct]) ont largement augmenté entre 2020 et 2022. C’est ce que confirment les dernières données du réseau Sentinelles, qui analyse chaque semaine la situation en médecine générale. Ces nouveaux chiffres viennent d’être publiés par Santé Publique France dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH, 12 décembre 2023). La hausse la plus forte est observée pour la syphilis qui a bondi de 110% entre 2020 et 2022 pour atteindre une incidence de 21 cas pour 100 000 habitants en 2022. L’incidence des gonococcies a aussi presque doublé (+ 91%) soit 44/ 100 000 en 2022. Et les infections à Ct ont augmenté de 16% pendant cette période pour atteindre une incidence de de 102 cas pour 100 000 habitants en 2022.  L’étude souligne aussi que les dépistages semblent plus largement proposés. Ainsi, la part des dépistages par rapport aux diagnostics de cas symptomatiques a augmenté entre 2020 et 2022 pour ces 3 infections bactériennes : 32% vs 50% pour la syphilis, 18,4% vs 35,3% pour la gonococcie, et 47% vs 57,2% pour les infections à Ct. Enfin, l’analyse des facteurs de risque montre que les patients présentant une gonococcie ou une syphilis avaient, par rapport à ceux ayant une infection à Ct, plus de multipartenaires, plus d’antécédents d’IST, plus de co-infections par le VIH et plus de prises d’une prophylaxie pré-exposition (PrEP).  « Le dépistage combiné des IST (VIH, IST bactériennes, hépatites B et C) chez les patients et leurs partenaires doit être proposé largement » concluent les chercheurs. 

3 débatteurs en ligne3 en ligne
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ERIC BERNARD
2,4 k points
Débatteur Passionné
Médecine générale
il y a 2 ans
"Enfin, l’analyse des facteurs de risque montre que les patients présentant une gonococcie ou une syphilis avaient, par rapport à ceux ayant une infection à Ct, plus de multipartenaires, plus d’antécédents d’IST, plus de co-infections par le VIH et plus de prises d’une prophylaxie pré-exposition (PrEP)" j'ai l'impression que la PrEP favorise fortement l'abandon du préservatif (les dernières IST (syphilis,..)que j'ai vues touchaient des homosexuels masculins)
 
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