Un généraliste jugé pour ne pas avoir diagnostiqué une occlusion intestinale mortelle chez un enfant

23/10/2020 Par Marion Jort
Faits divers / Justice

Un médecin exerçant dans la région de Cambrai a été jugé par le tribunal correctionnel suite au décès d’un jeune garçon de neuf ans, qu’il avait vu quelques jours auparavant et pour lequel il avait diagnostiqué à tort une intoxication alimentaire.    Les faits remontent à l’année 2015. Mi-février, un médecin de 66 ans est appelé au domicile d’une famille près de Cambrai suite à l’accident d’une jeune femme. Au cours de sa visite, il est sollicité à propos de l’état du petit frère de son conjoint, sujet à des “vomissements”. Le jeune garçon de neuf ans avait déjà subi une ablation du rein à l’âge de quatre ans, précise la Voix du Nord.  Après un examen clinique, le praticien conclut à une intoxication alimentaire. Le lendemain, alors qu’il passait déposer un arrêt maladie à la jeune femme dont il est le médecin traitant, il demande à voir le jeune garçon, qui “dormait” selon ses parents.  Deux jours plus tard, l’état du garçon empire. Le praticien est contacté mais n’est pas de garde, il appelle alors les pompiers et le 15, qui n’interviennent pas au domicile de la famille. Inquiets, ses parents l'emmènent à l’hôpital mais sur place, le médecin urgentiste constate un arrêt cardiaque.  

Pendant l’audience, le père de l’enfant a reconnu que son fils “mangeait trop de bonbons” et que le jour de son décès, “ses lèvres et un orteil étaient bleus”.  Le praticien est aujourd’hui mis en cause pour “défaut d’appréciation” selon deux experts du tribunal. Un troisième expert parle en revanche d’un examen initial “normal et cohérent” et exclut toute faute ou négligence. D’après le procureur, c’est un défaut d’anticipation caractérisé qui a entraîné la responsabilité pénale du médecin dans ces faits. Il retient la culpabilité du prévenu mais demande une dispense de peine. Son avocat estime, lui, qu’il n’a commis “aucune faute” mais met en cause l’inaction du Samu et des pompiers. Le jugement a été mis en délibéré, il sera rendu le 24 novembre. [avec la Voix du Nord]

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