Déserts médicaux : le Gouvernement veut développer les cabinets mobiles

04/05/2023 Par Louise Claereboudt
Lors du Conseil national de la refondation, ce mercredi 3 mai, la ministre déléguée à l’Organisation territoriale et aux Professions de santé a annoncé le lancement d’ici fin mai d’un plan d’action pour "faire le dernier kilomètre jusqu’au patient" et répondre aux besoins des Français dans les zones reculées. 

 

L’heure est à l’élaboration de la boîte à outils. Sept mois après le lancement du Conseil national de la refondation, le ministre de la Santé, François Braun, a rendu hier les premières conclusions du volet santé lors d’une assemblée plénière. A cette occasion, sa ministre déléguée Agnès Firmin Le Bodo a annoncé plusieurs mesures visant à répondre aux besoins de santé des Français "mais aussi à ceux des soignants". 

 

4000 MSP en 2027

La pharmacienne de profession a fait part de sa volonté de créer "de nouvelles solutions concrètes d’accès aux soins". En ce sens, elle a fixé l’objectif de 4000 maisons de santé pluriprofessionnelles en 2027. Agnès Firmin Le Bodo annoncera un plan d’action à l’été afin de créer 450 MSP par an et d’atteindre ainsi cet objectif. Un vœu qui s’inscrit dans la promesse présidentielle de faire de l’exercice isolé une aberration. 

Alors que les Français qui résident dans des territoires dépourvus d’offres de soins ne cessent de crier leur désespoir dans les médias, la ministre a fait savoir qu’un plan d’action serait lancé d’ici fin mai afin de "faire le dernier kilomètre jusqu’au patient et répondre aux besoins des Français dans les territoires les plus reculés", et en particulier des personnes âgées. Ce plan sera établi avec la ministre déléguée en charge des Collectivités territoriales, Dominique Faure. Parmi les pistes dans les tiroirs de l’exécutif : le déploiement à une large échelle des solutions mobiles de santé, de type "médico-bus". "Dans l'Orne, un médico-bus assure des consultations médicales mobiles dans un territoire reculé où près de 20% des habitants n'ont pas de médecin traitant", a justifié Agnès Firmin Le Bodo. 

 

Généraliser les CPTS 

Dans un but d’améliorer la coopération des professionnels de santé et de mieux utiliser leurs compétences, la ministre a promis de leur permettre de s’organiser entre eux sur les territoires, "de faciliter les parcours patient, et de développer des parcours de soins entre la ville et l’hôpital". En ce sens, l’exécutif veut généraliser les CPTS – pour cela Agnès Firmin Le Bodo a annoncé la poursuite du Tour de France des CPTS visant à évaluer leur apport. 

Elle a également promis de simplifier et de faire évoluer ces communautés professionnelles, décriées par certains soignants qui déplorent la complexité du dispositif. Objectif avancé : 100% de la population couverte par des CPTS d’ici la fin de l’année.  

Par ailleurs, le Gouvernement veut engager le passage dans le droit commun de certains protocoles et simplifications et continuer à accélérer sur les mesures de partage de compétences. 

D’autres mesures visent à "libérer du temps médical". C’est le cas notamment du plan d’action qui sera lancé d’ici juin avec l’Assurance maladie en vue d’atteindre 10 000 assistants médicaux en 2025 – l’objectif fixé par le Président de la République. Ces assistants permettent de gagner "10 à 15% de temps médical", soit "1 à 2 consultations par jour", a loué la ministre déléguée. Parmi les pistes envisagées pour atteindre cet objectif : le développement de dispositifs conventionnels simplifiés ou encore d’une offre de service et d’accompagnement. 

Mais aussi… la mise en œuvre des nouvelles mesures d’accès direct à la suite du vote de la proposition de loi Rist, qui concerne les IPA, les kinés et orthophonistes. Une ligne rouge pour plusieurs syndicats de médecins libéraux qui craignent un contournement du rôle du médecin, et notamment de médecin traitant.  

Enfin, alors que les professionnels de santé témoignent d’une grande souffrance, la ministre a indiqué qu’elle annoncerait lors de SantExpo, un événement organisé par la FHF du 23 au 25 mai, les grands axes de la stratégie dédiée à la santé des soignants. Le Gouvernement souhaite également réviser la procédure du flux pour les praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue).

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