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Parkinson : l'ajout de l'amantadine en début de traitement pourrait limiter les dyskinésies
La prise en charge thérapeutique de la maladie de Parkinson est complexe, en particulier du fait des dyskinésies liées au traitement. Le praticien est ainsi souvent confronté à un dilemme : "débuter d'emblée par la lévodopa, au risque de voir survenir ultérieurement des dyskinésies, ou privilégier d'autres alternatives, comme les agonistes dopaminergiques, seuls ou en association", souligne le réseau national de recherche clinique d’excellence labellisé F-Crin, NS-Park , ces derniers étant cependant eux-mêmes pourvoyeurs d’autres effets indésirables.
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Dans ce contexte, le réseau NS-Park a mis en place l'étude Premandysk dont l’objectif était d’évaluer une nouvelle stratégie de traitement précoce basée sur l'ajout de l’amantadine (un antiviral qui provoquerait la libération de dopamine au niveau du striatum) à la lévodopa dès les premiers mois de sa prescription. "Le choix de ce 'vieux' médicament, commercialisé dès les années 1960, mais dont l'usage en début de maladie de Parkinson est ensuite largement tombé en désuétude, reposait sur le fait que réseau NS-PARK avait montré précédemment qu'il améliorait les dyskinésies lorsque celles-ci étaient présentes à un stade plus avancé de la maladie", est-il précisé dans un communiqué du de NS-Park.
L'essai Premandysk a inclus 207 personnes présentant une maladie de Parkinson récente, traitées par lévodopa depuis moins d’un an et ne présentant pas de dyskinésies.
Les résultats de cet essai ont alors constaté qu’après un suivi de 18 mois, les participants ayant reçu l'amantadine avaient deux fois moins de risque de présenter des dyskinésies (11 versus 22 %). L’amantadine permettait aussi des augmentations de doses plus faibles de lévodopa au fil du temps, ainsi que des améliorations d’autres symptômes de la maladie, comme la fatigue, ainsi que la de qualité de vie. Ces données ouvrent "la voie à un changement potentiel de perspective dans leur prise en charge", affirme le Pr Olivier Rascol, neuro-pharmacologue à Toulouse, investigateur principal de l’essai Premandysk et co-coordonnateur du réseau NS-Park. Il reconnait cependant que des données avec un suivi plus long sont nécessaires "avant de pouvoir recommander cette association en pratique courante".
Plus largement, pour tenter de mieux prédire et prévenir les effets secondaires des traitements, les chercheurs le réseau NS-Park, avec le soutien de l'Association France Parkinson, ont mis en place une nouvelle cohorte prospective comportant 2 500 personnes au début de leur maladie : la cohorte Precise-PD. Son objectif est, "d’identifier les facteurs cliniques, génétiques, biologiques et pharmacologiques associés à la survenue de ces différents effets indésirables, de façon à faciliter et améliorer les choix thérapeutiques initiaux pour chaque individu dans une approche plus personnalisée qu’elle ne l’est actuellement", décrit le communiqué.
Références :
Communiqué de F-Crin/ NS-Park (9 avril).
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