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Traitement hormonal de la ménopause : des prescriptions qui augmentent et qui évoluent
Une nouvelle étude menée par de groupement Epi-Phare met en lumière une hausse récente des initiations de THM depuis quelques années, après deux décennies de baisse. Le THM reste cependant relativement peu utilisé. Les prescripteurs suivent généralement très bien les recommandations, même si on observe des disparités, en particulier en fonction du niveau socio-économique des patientes.
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Après deux décennies de diminution, les initiations de traitements hormonal de la ménopause (THM) en France sont en augmentation depuis 2020. C’est ce que révèle une étude réalisée par le groupement d'intérêt scientifique Epi-Phare, constitué par l'ANSM et la Cnam, qui vient d’être rendue publique. Cette étude observationnelle a été réalisée à partir des données du Système National des Données de Santé (SNDS), et a porté sur toutes les femmes âgées de 40 à 70 ans ayant eu au moins une délivrance de THM entre 2012 et 2025. « Nos résultats mettent en évidence une reprise des initiations depuis 2020, après plus d'une décennie de déclin, consécutif notamment aux publications de l'étude WHI » affirment les auteurs.
Ainsi, les analyses montrent que les initiations de THM – qui concernent 132 397 femmes, dont 81,5% étaient âgées de 45 à 60 ans, à un âge moyen de 52 ans – sont en hausse, avec un taux de 1,6%, identique à celui de 2012, après avoir été divisé par 2 entre 2012 et 2020.
Malgré cette tendance, le niveau d’utilisation globale du THM reste « contenu », considèrent les auteurs de l’étude, à 4,4% des femmes de 45 à 60 ans, ce qui représente 496 245 femmes utilisatrices en 2025. Ce taux global est en hausse de 24% par rapport à 2022. Et il contraste aussi avec la période précédente qui était marquée par une diminution continue de l’utilisation du THM (-46% entre 2012 et 2022).
Cette évolution intervient dans un contexte de confirmation par les experts et les autorités sanitaires de la place du THM dans la prise en charge des troubles climatériques et dans la prévention de l'ostéoporose post-ménopausique. Avec, toutefois, des recommandations, lors de l'initiation du traitement et annuellement, de bien peser le rapport bénéfices/risques de la patiente - en particulier en fonction de l'âge de survenue de la ménopause, du délai depuis sa survenue, des antécédents cardiovasculaires ou cancéreux,… - et de privilégier un traitement le plus précocement possible, à la dose minimale efficace, et pendant la durée la plus courte possible.
Prudence des prescripteurs
Dans ce contexte, l'étude pointe plusieurs indicateurs qui témoignent d'une évolution des pratiques lors de la primo-prescription du THM, qui est effectuée surtout par des gynécologues libéraux (51,4%), suivis par des généralistes (25,1%).
Ainsi, en 2024, le THM était majoritairement prescrit sous forme d'association estro-progestative (80,2% chez les 45-60 ans), et avec une augmentation de proportion de la voie transdermique (86,5 % chez les 45-60 ans), et de progestérone micronisée ou dérivé (>90%), ce qui est "en adéquation avec les données de la littérature et les recommandations actuelles, qui privilégient les formulations présentant le profil de sécurité le plus favorable", précisent les auteurs de l'étude. En outre, la durée moyenne de traitement était de 2,9 ans. "Ces résultats pourraient traduire une certaine prudence des prescripteurs, dans un contexte où les données actuelles ne permettent pas de recommander une durée optimale et où les préoccupations liées aux risques du THM restent présentes, malgré l'évolution des connaissances", commentent les scientifiques.
Disparités sociaux-économiques
Les nouvelles données mettent aussi en évidence l'impact du niveau socio-économique. Ainsi, les femmes initiant un THM ont un profil socio-économique plus favorisé que les non utilisatrices, consultent plus souvent un gynécologue, et participent davantage aux dépistages organisés.
Sur le plan géographique, les taux d'initiation de THM sont plus élevés dans le Sud, l'Ile-de-France et le Nord par rapport au Centre de la France, l'Ouest et les Drom.
En outre, les femmes plus jeunes et issues de milieux socio-économiques moins favorisés continuent à être traitées par estrogènes par voie orale ; elles présentent aussi plus de facteurs de risque cardiovasculaire.
Les chiffres suggèrent enfin une proportion trop élevée d'utilisatrices d'estrogènes seuls chez des femmes ayant un utérus intact, ce qui est non conforme aux recommandations actuelles.
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