Ménopause

@Feng Yu/stock.adobe.com

Quand la ménopause pèse sur les rhumatismes inflammatoires

La ménopause favorise l’apparition et l’aggravation de plusieurs rhumatismes inflammatoires chez les femmes. Plusieurs études suggèrent les bénéfices d’un traitement hormonal pour en atténuer les symptômes.

08/09/2026 Par Romain Loury
EULAR 2026 37e Congrès français de rhumatologie
Ménopause

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Chez les femmes, les rhumatismes inflammatoires surviennent très souvent au cours de la périménopause. Ainsi, la polyarthrite rhumatoïde (PR), dont trois quarts des patients sont de sexe féminin, apparaît en moyenne à l’âge de 47 ans, selon des données issues du système de santé allemand. Idem pour le rhumatisme psoriasique (42 ans) et la vascularite (49 ans), eux aussi de prédominance féminine.

Par ailleurs, la ménopause accroît le risque de développer une PR. Les femmes ménopausées ont 35% plus de risques de PR que les femmes préménopausées. En cas de ménopause précoce, c’est-à-dire lorsqu’elle survient avant l’âge de 45 ans, ce risque est même multiplié par 2,97, avec des PR de plus grande sévérité (1).

Les liens entre ménopause et PR pourraient s’expliquer, en partie, par le rôle anti-inflammatoire des estrogènes, dont des récepteurs sont présents à la surface des cellules immunitaires. De même, ces hormones sexuelles auraient un effet protecteur aux niveaux osseux et articulaire. Et, au niveau cérébral, les estrogènes joueraient un effet inhibiteur sur la douleur.

Une maladie plus sévère autour de la ménopause

Chez les femmes déjà atteintes d’un rhumatisme inflammatoire, la ménopause semble par ailleurs liée à une aggravation de la maladie. Notamment le rhumatisme psoriasique, selon une étude présentée au congrès de l’Eular, la première à évaluer l’impact de la ménopause sur cette maladie.

Menée sur 443 patientes, cette étude, présentée par la Dre Lihi Eder, rhumatologue à l’Institute of Medical Science de l’université de Toronto (Canada), montre une nette hausse du score Dapsi à partir de la cinquième année précédant le dernier cycle menstruel. Cette aggravation atteint un pic dix ans plus tard, soit cinq ans après le dernier cycle menstruel, avant que le Dapsi reparte ensuite à la baisse. Le même phénomène a été noté avec d’autres rhumatismes inflammatoires, dont la PR (2).

Par ailleurs, les femmes polyarthritiques semblent moins bien répondre aux traitements lorsqu’elles sont ménopausées. Selon une étude présentée par le Dr Simone Perniola, rhumatologue à l’université de Bari (Italie), la réponse aux biothérapies, que ce soit en termes de baisse du score DAS28 ou de chances de rémission, est nettement moindre chez les femmes ménopausées, et ce à sévérité équivalente lors de la mise sous traitement.

Prendre aussi en charge la ménopause

Face à ces effets négatifs, plusieurs études ont suggéré les bénéfices d’un traitement hormonal de la ménopause (THM). Chez les patientes atteintes de PR, il a été lié à une baisse de l’inflammation, de l’activité de la maladie et de la douleur (3). Idem chez celles souffrant d’un lupus érythémateux disséminé, pour lesquelles l'Eular recommande l’usage du THM en cas de maladie stable ou inactive, et à faible risque thrombotique (4).

"L’initiation précoce d’un THM, dans les dix ans suivant la survenue de la périménopause, a démontré des bénéfices cardiovasculaires, tandis qu’une initiation plus tardive pourrait accroître le risque d’accident vasculaire cérébral et de maladie thromboembolique veineuse", rappelle la Pre Anja Strangfeld, du Centre allemand de recherche en rhumatologie (Berlin). Chez les patientes, la mise sous THM doit donc faire l’objet d’une approche individualisée, en fonction de l’âge, du délai écoulé depuis la ménopause et des facteurs de risques cardiovasculaires, ajoute-t-elle.

 

  1. Namavari N et al., BMC Rheumatology, 30 septembre 2024
  2. Motta F et al., Clinical Reviews in Allergy & Immunology, 21 mars 2025
  3. Waghmare PS et al., Inflammopharmacology, 3 janvier 2025
  4. Andreoli L et al., Annals of the Rheumatic Diseases, 25 juillet 2016

 

Références :

Congrès 2026 de European Alliance of Associations for Rheumatology (Eular 2026, Londres, 3-6 juin). D’après les sessions "This is a woman's world" (4 juin) et "Hormones and RMDs: how aging affects health in women and men" (5 juin). 

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