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Dégradation de la santé mentale des jeunes : deux études apportent des précisions
Alors que la santé mentale a été déclarée, pour la deuxième année consécutive, grande cause nationale en 2026, les résultats de deux vastes études françaises - Enabee et EnClass - soulignent que les jeunes sont particulièrement touchés par des troubles de la santé mentale. Présentés par Santé publique France (SPF), ils confirment la persistance des troubles psychiques que ce soit chez les enfants ou chez les adolescents, et donnent des précisions sur les facteurs en cause. Malgré l'amélioration de certains indicateurs, la vigilance reste de mise, en particulier chez les adolescentes.
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EnClass chez les adolescents : des évolutions contrastées
Ainsi, l'étude EnClass, qui porte sur la santé mentale et le bien-être des adolescents, montre, certes, des signes d’amélioration, mais aussi des souffrances persistantes.
Cette étude est menée par SPF tous les deux ans, en partenariat avec l'École des Hautes Etudes en santé publique (EHESP) et l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT). L'édition 2024 a porté sur 11 400 élèves du secondaire. Les résultats sont apparus "contrastés" aux yeux des auteurs. En effet, ils ont constaté des "signaux encourageants" pour certains indicateurs en 2024. Ce qui contraste avec la période précédente (2018-2022) au cours de laquelle l'ensemble des indicateurs montraient une dégradation marquée.
Au contraire, les nouveaux résultats montrent que le sentiment de bien-être progresse (+ 11 points au collège, plus 12 points au lycée), chez les garçons comme chez les filles. Désormais, 70 % des collégiens et 63 % des lycéens déclarent un bon niveau de bien-être mental. Le sentiment de solitude est, par ailleurs, en baisse (-6 points au collège ; -7 points au lycée), avec 15 % des collégiens et 20 % des lycéens concernés en 2024). Globalement, environ 8 élèves sur 10 se perçoivent en bonne ou excellente santé, ces chiffres restant en baisse par rapport à 2018.
Cependant, on observe parallèlement une souffrance psychique qui progresse en 2024. Ainsi, 19 % des lycéens expriment des éléments en lien avec un risque important de dépression (+3,5 points par rapport à 2022), plus marqué chez les filles. Les symptômes les plus fréquemment rapportés sont : le manque d’énergie (58 %), les difficultés de concentration (44 %) et le sentiment de découragement (42 %).
Et si les pensées suicidaires apparaissent en baisse de 4 points par rapport à 2022, elles restent à un niveau élevé (20 % des lycéens, au cours des 12 derniers mois). Surtout, cette évolution contraste avec l’augmentation des tentatives de suicide déclarées au cours de la vie (15 % des lycéens), en hausse de 2 points par rapport à 2022, montrant que "les formes les plus sévères de souffrance psychique persistent chez une partie des adolescents", souligne SPF.
Enabee chez les 6-11 ans : identification de facteurs associés
Pour mieux analyser la santé mentale des enfants plus jeunes, l'étude Enabee a été réalisée, en 2022, auprès d'enfants scolarisés en maternelle et en élémentaire en France hexagonale. Les parents et les enseignants ont aussi été interrogés.
De premiers résultats publiés en 2023 rapportaient que 13 % des enfants en élémentaire présentaient au moins un trouble probable de santé mentale, qu'il s'agisse d’un trouble émotionnel (6%), d’un trouble oppositionnel (6%) ou d'un trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (3%).
Pour mieux orienter les stratégies de dépistage et de prévention, SPF publie aujourd'hui des analyses complémentaires pour préciser les facteurs associés à ces troubles probables de santé mentale.
Les résultats montrent ainsi que le sexe masculin, l’existence de complications pendant la grossesse, ou une maladie chronique chez l’enfant, étaient plus fréquents en cas de trouble mental. Le fait d'avoir des difficultés scolaires ou d'avoir vécu des événements difficiles étaient aussi des éléments associés.
L’étude pointe par ailleurs l’impact de la crise du Covid : "une pénibilité importante du confinement ou une inquiétude importante au sein du ménage pendant la pandémie sont associées à une présence plus fréquente d’au moins un trouble probable de santé mentale chez l’enfant", précise SPF.
Enfin, un environnement familial plus compliqué – comme le fait d'avoir des parents séparés, en conflit, ou présentant eux-mêmes un trouble anxieux, et le fait d'avoir une situation financière difficile –, est aussi un élément significatif.
Enfin, le harcèlement à l'école ou un temps important passé au centre de loisirs les jours sans école sont également des facteurs associés à une perturbation de la santé mentale chez l’enfant. SPF précise cependant que "ces associations ne doivent pas être interprétées comme des relations causales et déterministes".
"Déclarée grande cause nationale en 2025, prolongée en 2026, la santé mentale est l’affaire de tous. Promouvoir une bonne santé mentale, prévenir l’apparition de troubles psychiques et lutter contre la stigmatisation, sont des enjeux de santé publique sur lesquels nous nous engageons pleinement pour accompagner les adultes de demain", a déclaré la Dre Caroline Semaille, directrice générale de Santé publique France.
Références :
Conférence de presse de Santé publique France (2 juin).
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