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Santé mentale : forte hausse des troubles anxieux et des tentatives de suicide chez les jeunes femmes, alerte la FHF
Alors que, pour la deuxième année consécutive, la santé mentale a été consacrée Grande cause nationale, "les signaux d'alerte se multiplient", relève la Fédération hospitalière de France (FHF) dans une enquête publiée ce mercredi 15 avril. Les jeunes et les femmes sont particulièrement touchés par cette "crise de santé publique".
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"La situation est grave. Ne laissons pas notre jeunesse, en particulier les jeunes filles, sombrer dans une souffrance silencieuse", appelle Arnaud Robinet, président de la FHF, dans un communiqué de presse diffusé ce mercredi et présentant les résultats de la 2e enquête sur la santé mentale et la psychiatrie réalisée par la fédération hospitalière avec Ipsos.
Alors que la santé mentale a de nouveau été consacrée Grande cause nationale cette année, "les signaux d'alerte" se multiplient, constate la FHF. Plus d'un Français sur deux présente ainsi des signes d'anxiété (légère, modérée ou sévère) et près d'un sur quatre fait l'objet d'une suspicion de trouble anxieux généralisé selon le test clinique GAD-7.
L'enquête montre que cette "crise de santé publique", qui s'amplifie depuis 2019, impacte particulièrement les jeunes et les femmes. Ainsi, 42 % des 18-24 ans et 38 % des 25-34 ans présentent un score évocateur d'un trouble anxieux généralisé.
"Cette situation se traduit directement dans les prises en charge hospitalières, avec une évolution particulièrement préoccupante chez les jeunes femmes", note la fédération. Depuis 2019, le nombre de prises en charge hospitalières en psychiatrie des femmes a bondi dans les tranches d'âge les plus jeunes : + 23 % pour les 10-14 ans, + 47 % pour les 15-19 ans et jusqu'à + 49 % pour les 20-24 ans.
"Les femmes représentent 66 % des hospitalisations en lien avec une tentative de suicide"
"La hausse des hospitalisations pour tentative de suicide constitue l'indicateur le plus préoccupant", selon la FHF. En cinq ans, celles-ci ont augmenté de 16,6 % au niveau national. Dans le détail, elles ont augmenté de 25,4 % sur la période chez les femmes, contre 2,5 % pour les hommes. À ce jour, les femmes représentent 66 % des hospitalisations en lien avec une tentative de suicide.
Les hospitalisations en lien avec une tentative de suicide ont augmenté de 76 % pour les 20-24 ans en cinq ans, et de 118 % pour les 10-14 ans sur la même période.
Des difficultés d'accès aux soins "massives"
La fédération ajoute que cette "crise de santé publique" est aujourd'hui "amplifiée" par les difficultés d'accès aux soins. "La demande de soins en santé mentale ne cesse de croître, générant des tensions croissantes sur l'ensemble du système de santé", souligne la FHF, qui relève qu'entre 2016 et 2024, "la file active des établissements psychiatriques publics a progressé de 200 000 patients supplémentaires".
Et malgré une "légère amélioration par rapport à 2025", les difficultés d'accès aux soins psychiatriques demeurent "massives". Ainsi, près d'un Français sur deux ayant des problèmes de santé mentale déclare rencontrer des obstacles dans sa prise en charge. 45 % se disent concernés par des délais d'attente trop longs pour voir un psychiatre, et "38 % ont même fait face à une impossibilité pure et simple d'obtenir un rendez-vous".
Là encore, les jeunes paient le prix fort. Selon la FHF, 79 % des 18-24 ans confrontés à des problèmes de santé mentale ont rencontré au moins une difficulté d'accès aux soins, contre 62 % en moyenne sur l'ensemble de la population. Parmi eux, 64 % ont subi des délais d'attente excessifs pour accéder à un psychiatre, et 52 % n'ont pas pu obtenir de rendez-vous.
A cela s'ajoute une autre donnée inquiétante. 42 % des personnes concernées par des problèmes de santé mentale confient avoir renoncé à consulter par crainte de ce qu'un professionnel pourrait dire. Ce taux grimpe à 75 % chez les 18-24 ans, preuve "qu'il reste du chemin à parcourir en matière de déstigmatisation" selon la FHF.
Un délégué interministériel bientôt nommé
Ces données "exigent une mobilisation nationale immédiate", presse la FHF, qui déplore des "moyens insuffisants". La fédération réclame ainsi que la Grande cause nationale se traduise par des "engagements concrets, durables et financés". Un plan d'urgence pour la santé mentale et la psychiatrie doit ainsi être mis en œuvre "sans délai".
La FHF demande "une délégation interministérielle à la santé mentale et à la psychiatrie", "dotée d'un plan pluriannuel dédié", afin "de soutenir les centres médico-psychologiques" et "de lutter contre la crise des vocations en psychiatrie, notamment en pédopsychiatrie, qui a perdu un tiers de ses praticiens entre 2012 et 2022".
Elle préconise également de développer les unités et des équipes pluridisciplinaires pour les 16-25 ans, en renforçant et multipliant les maisons des adolescents et en consolidant les liens entre l'école, les services sociaux et les équipes hospitalières, afin de repérer plus précocement les troubles.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a promis, lors des questions au Gouvernement à l'Assemblée, qu'un délégué interministériel à la santé mentale et à la psychiatrie sera bientôt nommé.
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