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Autoconservation ovocytaire : une enquête de l'Agence de la biomédecine souligne un manque d’information des femmes

Une enquête menée à l'initiative de l'Agence de la biomédecine révèle le fort intérêt des femmes françaises pour la congélation d'ovocytes sans raison médicale. 

19/03/2026 Par Dre Marielle Ammouche
Gynécologie-Obstétrique Santé publique
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Réalisée du 23 mai au 2 juin 2025 par Viavoice auprès de 1 000 femmes âgées de 25 ans à 44 ans, elle montre qu'une grande majorité (85 %) d'entre elles en a déjà entendu parler, que 57 % savent précisément de quoi il s’agit, et que 35 % d'entre elles se disent même intéressées par le sujet à titre personnel - un chiffre qui monte à 41 % chez les 25–34 ans, et qui est aussi plus élevé chez les femmes non hétérosexuelles.

Cependant, malgré l'intérêt pour le sujet, il persiste beaucoup d'incompréhension, seules 28 % des femmes interrogées se sentent suffisamment informées. Plus précisément, seules 4 femmes sur 10 savent qu'il existe une limite d’âge, et 2 sur 10 que le prélèvement est pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie. Les moyens d'information sont généralement le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux, plutôt que des sources institutionnelles.

Par ailleurs, ce sujet apparaît intime : les femmes en parlent peu avec leur entourage. "Elles sont réticentes au fait d'éveiller des questions au sujet de leur fertilité, voire de la compassion ou du jugement", précise l’Agence de la biomédecine dans un communiqué.

L'enquête rapporte, par ailleurs, que 3 % des femmes interrogées ont déjà congelé leurs ovocytes ou sont dans une démarche active, auxquels s'ajoutent 26 % qui indiquent s’être renseignées ou envisagent de le faire. La réflexion ou d’éventuelles démarches à l’étranger ont souvent commencé précocement avant 29 ans, âge légal en France (pour 61 %).

Les raisons de l’entrée dans cette démarche sont généralement liées aux parcours de vie et à la prise de conscience de l’altération de la fertilité après un certain âge (séparation, absence de stabilité conjugale...). Les femmes souhaitent préserver leurs chances de grossesse en cas d’infertilité, mais aussi "prendre leur temps".

La procédure est souvent perçue comme difficile : stressante (pour 62 %), longue (54%) et coûteuse (51%). Et les chances de réussite sont fréquemment surévaluées : 47 % des femmes interrogées considèrent qu’une tentative de grossesse à partir d’ovocytes congelés a des chances élevées d’aboutir, alors que les études établissent généralement à 28 % ces chances de grossesse par cycle, avec une décroissance en fonction de l’âge.

Enfin, 82 % des femmes ayant congelé leurs ovocytes et en cours de procédure déclarent avoir été informées de la possibilité de donner leurs ovocytes si elles ne les utilisent pas pour elles-mêmes ; et 73 % se disent favorables à cela.

Références :

Agence de la biomédecine (16 mars). 

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