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"Fermetures de sites", "faibles salaires", "conditions de travail dégradées"… Les salariés des laboratoires d'analyses en grève ce lundi
De nombreux laboratoires d'analyses médicales sont restés fermés ce lundi 4 mai. En cause, une grève des salariés pour dénoncer leurs "faibles salaires", des "conditions de travail dégradées", et les "nombreuses fermetures de sites".
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Lundi soir, les syndicats CFDT, CGT et Unsa, à l'origine de l'appel à la mobilisation, n'étaient pas en mesure de chiffrer la participation globale. "C'est très variable, dans certains endroits, on a 70% de grévistes, dans d'autres zéro", a indiqué à l'AFP Loïc Le Noc, secrétaire national CFDT Santé-sociaux. La mobilisation était forte notamment "dans l'agglomération lilloise, à Brest, Saint-Brieuc, Dijon, ou Toulouse", a-t-il précisé.
Le président de la Fédération de la biologie médicale (médecins biologistes exploitants et structures économiques), François Blanchecotte, a jugé la situation "disparate", avec dans certains territoires "rien à signaler", et parfois des "plateaux techniques à l'arrêt".
Chez Biogroup, entre Lille et Dunkerque, "sur 34 sites, cinq seulement étaient ouverts, avec un plateau technique fermé et un ouvert seulement pour les urgences", et deux rassemblements ont réuni au total 170 personnes, selon le représentant CFDT Stevan Jovanovic.
"Depuis janvier 2024, aucune revalorisation salariale n'a été accordée. (...) Les trois quarts des salariés sont rémunérés au Smic" ou légèrement au-dessus (agents d'accueil, d'entretien, coursiers, techniciens...), critique l'intersyndicale.
Les syndicats dénoncent la prise en main du secteur, ces 15 dernières années, par de grands groupes et fonds d'investissement, qui ont enchaîné rachats et regroupements : "on est passé de 4.000 laboratoires en 2010 à moins de 300 en 2025", souligne Murielle Morand, secrétaire fédérale FNIC-CGT. Le nombre de salariés est passé de 55.000 en 2019 à moins de 50.000, a-t-elle déploré.
"Les conditions de travail deviennent inacceptables : c'est à la chaîne, avec une cadence à mener, et un taux d'absentéïsme d'environ 15%", renchérit Elisabeth Bellomo, secrétaire générale Unsa Santé-Sociaux. "Beaucoup de laboratoires ferment l'après-midi, obligeant les techniciens à voyager d'un site à l'autre" pour faire leurs 35H, poursuit-elle. "De nombreux laboratoires perdent leurs plateaux techniques", sont transformés en "points de prélèvement" : les échantillons sont envoyés vers d'autres sites par coursier, "décalant parfois de 24H" les résultats, déplore aussi Murielle Morand (CGT).
L'intersyndicale réclame des recrutements et revalorisations de 15%. Des négociations de branche sont prévues mercredi mais "15%, c'est irréaliste, nous n'avons pas les marges de manœuvre", surtout après les importantes baisses de tarifs imposées en 2024 par l'Assurance maladie, estime François Blanchecotte. "Je comprends les demandes de revalorisation du pouvoir d'achat mais (...) personne ne nous aide face à l'inflation, les prix de l'essence", et "de nombreuses entreprises sont en déficit". "On veut d'abord préserver l'emploi", a-t-il dit.
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