Covid : deux essais cliniques suspendus en 24 heures

14/10/2020 Par Marielle Ammouche
Infectiologie
Après la suspension de l’essai vaccinal de Johnson & Johnson lundi soir, c’est au tour de la société Eli Lilly de suspendre mardi un essai clinique concernant le Covid. Il testait un traitement expérimental à base d’anticorps. Pour les 2 laboratoires, il s’agit de se donner le temps d'évaluer d'éventuels effets secondaires survenus chez des participants.
 

Les raisons de sécurité de l’interruption de l’essai de Lilly n’ont pas été détaillées. « Nous savons que, par précaution, le comité indépendant de surveillance sanitaire de l'essai Activ-3 a recommandé une pause dans les recrutements », a déclaré un porte-parole à l'AFP. « Lilly soutient la décision du comité indépendant de garantir avec prudence la sécurité des patients participant à l'essai ». Le traitement testé est similaire à celui de Regeneron reçu par Donald Trump: des anticorps de synthèse injectés en intraveineuse, et qui sont fabriqués spécifiquement pour neutraliser le Sars-CoV-2.

Johnson & Johnson avait annoncé le 12 octobre, la pause de son grand essai vaccinal, commencé fin septembre, après l'apparition d'une maladie chez un participant le dimanche soir, selon la direction. « Nous avons interrompu temporairement le dosage supplémentaire dans tous nos essais cliniques d'un vaccin expérimental contre le Covid-19, y compris l'ensemble de l'essai de phase 3, en raison d'une maladie inexpliquée chez un participant », a annoncé le groupe dans un communiqué. Un comité d'experts indépendants étudie les données pour voir si la « maladie inexpliquée » peut ou non être liée au vaccin. La direction du groupe a insisté sur le caractère « temporaire » de cette pause et indiqué qu'il faudrait « quelques jours » avant d'avoir davantage d'informations sur ce qui a causé la maladie du participant, dont on ignore même s'il avait reçu le vaccin ou un placebo. Dans ce type d'essais, la survenue d'une maladie inattendue « peut avoir quelque chose à voir ou pas du tout avec le médicament ou le vaccin étudié », a dit le directeur de la recherche, Mathai Mammen, mardi lors d'une conférence téléphonique présentant les résultats financiers du groupe. J&J prévoyait de recruter 60 000 volontaires dans huit pays dont les Etats-Unis. « C'est une grande étude », a souligné le directeur financier Joe Wolk, ajoutant que sur des essais d'une telle ampleur, « on devait s'attendre à ce qu'il y ait une suspension pour un événement indésirable ».    

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