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"Prescriptions inadaptées", non observance… Les médicaments non utilisés pourraient faire économiser 517 millions d'euros à l'Assurance maladie

Une étude, pilotée par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), s'est intéressée aux médicaments non utilisés et à leur gaspillage. Elle chiffre à 517 millions d’euros par an le montant de ces médicaments remboursés puis finalement non consommés.

07/07/2026 Par Sandy Bonin
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L’étude Perimed, pilotée par l'ANSM entre avril et juillet 2025 apporte un éclairage inédit sur la nature et l’ampleur des médicaments non utilisés en France. Elle dévoile que 69 % des médicaments collectés par les pharmacies sont sur ordonnance, ce qui correspond en projection à un coût de 517 millions d’euros par an pour l’Assurance Maladie, dont 278 millions pour des médicaments non périmés et 700 millions d'euros en montant remboursable (contenant la part prise en charge par les assurances maladies complémentaires). 

Au total, 2 944 contenants de médicaments non utilisés (MNU) ont été analysés, issus de quatre sites collecteurs différents (grossistes répartiteurs), représentant plus de 85 kg d’échantillons, sur près de 10 000 tonnes estimées du gisement de MNU. 

80 % des médicaments non utilisés appartenaient à seulement quatre classes thérapeutiques : respiratoire (25 %), digestif et métabolique (21 %), nerveux (21 %) et cardiovasculaire (13 %). Parmi eux, on retrouvait surtout des antalgiques (paracétamol, tramadol), des laxatifs et des antibiotiques.  

 

Environ 60 % des médicaments analysés étaient périmés au moment de l’analyse, contre 40 % non périmés, "ce qui montre une amélioration dans le respect des consignes, mais aussi la nécessité d’adapter les conditionnements", se félicite l'étude. 

Bien qu’ils représentaient moins de la moitié du volume, les MNU non périmés portaient plus de la moitié du coût financier AMO des MNU. Cela s’explique notamment par le fait qu’en moyenne le taux de remboursement pour les médicaments non périmés (70%) est plus élevé que le taux pour les médicaments périmés (62%). 

L'étude a ainsi mis en avant que le gaspillage médicamenteux, chez les particuliers, ne concerne pas uniquement les produits arrivés à expiration, une part significative des médicaments jetés étant encore théoriquement utilisables. 12% des médicaments collectés n'avaient jamais été ouverts par le patient et étaient non périmés. 

Les causes de non-utilisation avancées par l'étude sont les "les conditionnements inadaptés, les prescriptions anticipées ou excessives, les changements de traitement, et une observance variable". Le caractère remboursé ou non des médicaments pourrait également influencer des comportements, avance l'étude. "La perception d’une "gratuité" relative des médicaments pris en charge pourrait réduire l’incitation des patients à vérifier, avant la dispensation, qu’ils ne détiennent pas déjà le médicament et à être attentifs à l’ordre de consommation des boites en fonction de leur date de péremption". 

L'étude estime que les prescripteurs ont "un rôle essentiel à jouer". "Il serait par exemple utile qu’ils limitent les prescriptions par anticipation des besoins, et interrogent les patients sur leur observance, en particulier lorsqu’ils sont polymédiqués, et qu’ils vérifient avec eux les causes de non-observance", pointe le document. 

Les pharmaciens ont également "un rôle actif" dans la vérification des besoins réels des patients avant de délivrer la totalité d’une ordonnance. 

L'étude montre que "le gaspillage médicamenteux ne résulte pas d’un dysfonctionnement isolé, mais d’une succession de décisions et de pratiques tout au long de la chaîne du médicament, depuis la conception des spécialités jusqu’à leur prescription, délivrance, usage et leur gestion au domicile". Ces constats appellent une "approche globale et coordonnée, combinant des évolutions du cadre réglementaire, des pratiques de prescription et de dispensation, et des stratégies de sensibilisation et responsabilisation des patients".  

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Françoise  PHELIPOT

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