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Pour repeupler les déserts, ces maires veulent faire appel aux médecins réfugiés
Dans une tribune publiée dans Le Monde, un collectif de maires appelle la France à faciliter l'intégration des médecins qui ont le statut de réfugiés.
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"La mobilisation des professionnels de santé réfugiés constitue à la fois une exigence éthique et une réponse pragmatique", juge, dans Le Monde, ce collectif réunissant une cinquantaine de maires et adjoints. Alors que "partout en France, des maires se battent pour maintenir un accès aux soins de proximité" et que "10 millions de Français vivent dans une zone où la qualité des soins est inférieure à la moyenne nationale", "des médecins, pharmaciens, sages-femmes ou dentistes réfugiés vivent sur notre territoire sans pouvoir exercer les métiers pour lesquels ils ont été formés", dénoncent-ils.
Seuls 406 réfugiés ont reçus aux EVC en dix ans
Les signataires de cette tribune, parmi lesquels figurent les adjoints aux maires de Paris et de Marseille en charge de la santé, dénoncent "la violence" des parcours auxquels les praticiens réfugiés sont confrontés. "Pris dans une tension permanente entre la nécessité de faire reconnaître leurs qualifications et l’urgence de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille", ils doivent "naviguer seuls dans un enchevêtrement de procédures administratives souvent complexes", relèvent ces maires. A cette difficulté, s'ajoute l'apprentissage rapide de la langue française, "alors même que l’offre de formation linguistique intensive demeure largement insuffisante".
Résultat, depuis 2015, seuls 406 réfugiés professionnels médicaux ont passé avec succès les EVC, qui ouvrent la voie à une autorisation d'exercice provisoire, "quand dans le même temps, l’Allemagne a intégré plus de 6 000 médecins syriens, grâce notamment à des dispositifs publics d’accompagnement comme le réseau IQmed".
Le collectif appelle donc les pouvoirs publics à construire des parcours facilitant la formation et l'intégration de ces praticiens, s'inspirant des voisins européens. Aux Pays-Bas, citent-ils en exemple, "le programme nouveaux arrivants propose aux demandeurs d’asile et aux réfugiés récemment arrivés sur le territoire un programme de six mois associant stages hospitaliers, formations sur le système de santé néerlandais, mentorat, apprentissage linguistique et accompagnement social".
Permettre à ces praticiens réfugiés "de soigner à nouveau, en France, c’est l’opportunité de renforcer considérablement le maillage territorial de notre système de santé. La question n’est plus de savoir si c’est possible, mais si nous choisissons de le faire."
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