Le Pr Marc Humbert, vice-président de la Conférence des doyennes et doyens de médecine, et la Pre Isabelle Laffont, présidente. Crédit photo : Chloé Subileau
Ecos : pas de réforme des épreuves avant plusieurs années, selon les doyens
La Conférence des doyennes et doyens a indiqué, ce mercredi 4 novembre, qu'une révision substantielle des modalités des Ecos avant la session de 2027 n'était pas envisageable. L'instance veut toutefois mettre en place quelques évolutions mineures pour renforcer la sécurité de ces épreuves.
Le Pr Marc Humbert, vice-président de la Conférence des doyennes et doyens de médecine, et la Pre Isabelle Laffont, présidente. Crédit photo : Chloé Subileau
Certaines modalités des Ecos vont-elles évoluer dès 2027 ? Cela semble peu probable, selon la Conférence des doyennes et des doyens de médecine (CDD). A l'occasion d'une conférence de presse, ce mercredi 4 novembre, les doyens sont revenus sur la lettre anonyme diffusée mi-septembre sur les réseaux sociaux dénonçant de graves faits de triche lors des derniers Ecos. Ce texte a "profondément déstabilisé nos étudiants", a rappelé la Pre Isabelle Laffont, à la tête de la Conférence. "Ça a été extrêmement difficile à gérer dans nos facultés."
Fin octobre, les inspections générales des Affaires sociales (Igas) et de l'Education, du Sport et de la Recherche (IGESR) ont toutefois conclu dans leur rapport à une absence de fuite massive durant ces épreuves orales. Ce travail a "rassuré tout le monde", a glissé la Pre Laffont, au sein de la faculté de santé de Sorbonne Université à Paris. "Il dit que le niveau de sécurisation des Ecos est actuellement très acceptable, [mais] toujours un peu perfectible."
Plusieurs risques ont, en effet, été pointés par les deux inspections qui formulent plusieurs recommandations pour améliorer l'organisation des Ecos. Deux d'entre elles ont retenu l'attention des doyens, dont certaines sur lesquelles ils avaient déjà planché. "Actuellement, quand il y a une panne réseau [lors des Ecos, NDLR], les évaluateurs doivent basculer sur des supports papiers. Or, tout support papier peut être source de fuite, donc pour éliminer les supports papiers, on a demandé au CNG [Centre national de gestion] de pouvoir basculer sur un autre outil numérique dans un serveur local", a détaillé Isabelle Laffont, précisant que cette voie d'amélioration a été reprise dans le rapport.
Autre recommandation : rendre possible l'évaluation des candidats même en cas de couac sur plusieurs des dix mises en situation sur lesquelles ils planchent. Aujourd'hui, "si une station ne marche pas dans l'une des 37 facultés, alors l'épreuve entière tombe", et oblige les candidats à la repasser. "On s'est battu pour dire qu'on sait, parce qu'on a fait un travail statistique en amont, que lorsqu'une station tombe, voire deux ou trois… ça ne change pas grand-chose au classement des jeunes. On se donne pour ambition de les classer sur dix stations, mais s'il y a des problèmes sur jusqu'à trois stations, on peut quand même les classer. C'est un des exemples de sécurisation des épreuves retenus par les enquêteurs", a expliqué la Pre Laffont.
Pas d'évolution en 2027
Si ces options semblent convaincre la CDD, difficile de les mettre en œuvre dès la prochaine édition des Ecos, prévue en mai 2027. "L'organisation des Ecos est inscrite dans un décret en Conseil d'Etat, et pour le modifier c'est très compliqué en ce moment", a confirmé le Pr Bruno Riou, doyen de la faculté de santé de Sorbonne Université, présent ce mercredi.
"On va être obligé de continuer [sans évolution majeure] en 2027/2028", a-t-il poursuivi, reconnaissant que ces épreuves orales se déroulent "dans un système risqué". "Il y a déjà eu dans certaines facultés de médecine ou de santé des 'quasi accidents' : une cyberattaque qui a failli mettre en cause les Ecos, une inondation, la presque évacuation d'un bâtiment où se tenaient les Ecos… Il y a un risque majeur pour encore probablement deux ans, avec une organisation risquée."
Plus prudente, la présidente de la CDD a assuré vouloir "essayer de faire évoluer ces épreuves", mais "je ne sais pas si ça pourra être opérationnel dès 2027", a-t-elle indiqué. Or, "les deux évolutions dont j'ai parlé ne dépendent pas que de nous [les doyens]. Celle de supprimer le papier sur les fiches d'évaluation [en cas de panne] dépend du CNG, et celle de diminuer le nombre de stations prises en considération pour pouvoir valider l'ensemble des épreuves dépend de décisions ministérielles", a explicité la doyenne de la faculté de médecine de Montpellier-Nîmes, devant la presse.
"Bien sûr, c'est une épreuve très fragile. Bien sûr, il faut la sécuriser. Bien sûr, il pourra[it] y avoir un jour un problème. Mais nous, on fait tout pour que ça n'arrive pas, et on est demandeurs de méthodes de sécurisation", a, de son côté, affirmé le Pr Marc Humbert, vice-président de la CDD.
Les doyens penchent ainsi sur des évolutions, plus minimes, qui peuvent être mises en place dès la session 2027. "Par exemple, sur la sécurisation absolue du papier sur laquelle on va réattirer la vigilance de tout le monde, sur le fait qu'il n'y ait rien qui traîne sur les tables à la fin des épreuves, sur la façon que l'on a de gérer en amont les documents, et sous quelle forme on envoie les documents aux patients standardisés, sur le moment où l'on va imprimer certains documents dans les salles d'évaluation…", a listé Isabelle Laffont. Ces éléments "techniques" vont être repeaufinés, a-t-elle assuré, pour "renforcer la sécurité opérationnelle de 'petites choses' qui ne peuvent pas faire de grosses fuites, mais qui peuvent donner un sentiment d'iniquité et d'imprécision."
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