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Ebola : l'OMS en alerte
L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclenché, dimanche 18 mai, son deuxième niveau d'alerte internationale, concernant l'épidémie de la maladie d'Ebola qui sévit actuellement en République démocratique du Congo. L'organisation sanitaire précise cependant qu'elle "ne répond pas aux critères d'urgence pandémique".
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Cette épidémie est due au virus Bundibugyo, qui est différent de celui qui a déjà touché la RDC lors de la grande épidémie de maladie à virus Ebola en 2018-2019. Contrairement aux souches d'Ebola-Zaïre, il n'existe actuellement aucun traitement ni vaccin approuvé spécifique au virus Bundibugyo. "À ce titre, cet événement est considéré comme extraordinaire", considère l’OMS.
La décision de l'agence sanitaire internationale est motivée par les chiffres de l'épidémie actuelle. Ainsi, selon les dernières données (17 mai) du ministère de la Santé congolais, 350 cas suspects et 91 décès ont été signalés dans plusieurs zones de RDC.
L'OMS constate aussi un début de propagation du virus. Ainsi, "des grappes inhabituelles de décès" et des cas suspects ont été observés dans d'autres zones de RDC. En particulier, un cas confirmé a été recensé à Goma, grande ville de l'est congolais contrôlée par le groupe armé antigouvernemental M23. Et deux cas ont été confirmés, dont un décès, en Ouganda, chez les personnes venant de RDC.
"À l'heure actuelle, de grandes incertitudes subsistent quant au nombre réel de personnes infectées et à la propagation géographique liée à cet événement", souligne l’OMS. Toutefois, le taux de positivité est élevé. Et l'évolution semble inquiétante : une "tendance à la hausse des signalements syndromiques de cas suspects et les grappes de décès dans toute la province d’Ituri indiquent tous une épidémie potentiellement beaucoup plus importante que ce qui est actuellement détecté et signalé, avec un risque significatif de propagation à l’échelle locale et régionale".
"C'est une épidémie qui va se répandre très rapidement d'autant plus qu'elle survient sur une province très peuplée", a déclaré à l'AFP le virologue Jean-Jacques Muyembe, co-découvreur d'Ebola en 1976 et patron de l'institut de recherche congolais qui a confirmé la récente résurgence du virus.
Bundibugyo n'a provoqué que deux épidémies dans le monde avant celle en cours, en Ouganda en 2007 et en RDC en 2012. Le taux de mortalité était de 30 % à 50 %.
Concernant l'épidémie actuelle, la plupart des malades ont entre 20 et 39 ans. Plus de 60 % sont des femmes. Les premiers symptômes sont assimilables à une grippe ou un paludisme, ce qui peut retarder la détection.
Ebola a été à l'origine nombreuses épidémies. Cette infection a causé 15 000 morts en Afrique au cours des cinquante dernières années.
Références :
Organisation mondiale de la Santé (17 mai). Avec AFP.
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