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Un Padhue menacé d'expulsion après six ans de service à l'hôpital : un cas "emblématique
Alors que le ministère de la Santé a fait part, fin avril, de sa volonté de "privilégier" les praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue) exerçant déjà en France, le sort réservé à l'un d'eux à l'hôpital de Laval a fait bondir le syndicat national des médecins hospitaliers – Force ouvrière.
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Six ans de bons et loyaux services à l'hôpital de Laval pour, finalement, être "remercié" et "prié de regagner son pays". Dans un communiqué de presse diffusé le 9 mai, le syndicat national des médecins hospitaliers – Force ouvrière (SNMH FO) s'indigne de la situation d'un orthopédiste de nationalité comorienne. En Mayenne depuis six ans, le Padhue est aujourd'hui menacé d'expulsion.
En cause : des résultats jugés "insuffisants" aux épreuves de vérification des connaissances (EVC), passage obligé pour les praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue) qui souhaitent exercer en France.
"Il a présenté quatre fois [les EVC], il a obtenu la moyenne, et même plus que la moyenne, sauf que notre administration a un curseur variable et en fonction des résultats, prend un certain nombre de candidats et laisse sur la touche les autres", dénonce le Dr Jean-Philippe Csajaghy, urgentiste à la retraite et représentant syndical, auprès d'ICI Mayenne.
Le cas de cet orthopédiste est "emblématique" du sort réservé à de nombreux Padhue, qui, malgré "un parcours [professionnel] riche", "se retrouvent dans l'impossibilité de continuer", pointe Jean-Philippe Csajaghy.
Selon la branche FO du SNMH, le praticien a "donné toute satisfaction dans l'exercice de son art". Il "dépanne ses collègues aux urgences, il est disponible pour rendre service en garde et en astreinte, il a été reconnu indispensable pendant [l'épidémie de Covid], il continue à prendre en charge des patients avec la confiance de ses confrères".
"Il est inacceptable [qu'il] ne puisse entrer dans un parcours de titularisation", fustige le syndicat qui appelle le directeur de l'ARS des Pays de la Loire à "revenir sur sa décision et [à] permettre à ce praticien de se maintenir dans son service où il a toute sa place, dans l'attente d'une régularisation".
Le syndicat enjoint également le Président de la République et la ministre de la Santé, à passer "des paroles aux actes". Permettre aux Padhue d'entrer dans un parcours de titularisation est "une nécessité pour maintenir l'accès aux soins sur de nombreux sites, et tout particulièrement en Mayenne". C'est aussi "un minimum de décence vis-à-vis des professionnels qui exercent sans bruit, chaque jour, dans nos hôpitaux", estime FO.
Fin avril, le ministère de la Santé a annoncé le lancement prochain de concertations pour simplifier les procédures de vérification des connaissances et d'autorisation d'exercice des praticiens à diplôme hors Union européenne. L'avenue de Ségur souhaite privilégier la "voie interne", qui concerne les praticiens exerçant déjà à titre dérogatoire en France, pour valoriser "l'expérience professionnelle locale".
[avec ICI Mayenne]
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