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L'internat de médecine coûte 2,6 milliards d'euros, selon la Cour des comptes
Dans son rapport sur le 3e cycle des études médicales, publié mercredi 14 octobre, la Cour des comptes a calculé le coût de l'internat de médecine. Elle estime que ces dépenses pourraient s'accroître de 670 millions à 950 millions d'euros d'ici six ans.
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2,6 milliards d'euros. C'est le coût de l'internat de médecine selon des estimations avancées par la Cour des comptes, dans son rapport sur le 3e cycle de formation des études médicales, publié mercredi 14 octobre. D'après l'instance, ce coût de l'internat, "et plus largement celui des études de santé", n'avait "jusqu'à présent pas été calculé". Et ce, à cause de plusieurs éléments rendant difficile ce calcul : "Le partage des coûts entre les universités et les hôpitaux, l'impossibilité d'identifier le temps de travail consacré par le personnel hospitalier à l'enseignement et la multiplicité des systèmes d'information concernés", liste la Cour des comptes.
Elle s'est toutefois pliée à l'exercice, estimant donc à 2 683,6 millions d'euros en 2024 ce coût. Ce montant n'est qu'une "estimation plancher", précisent les juges de la rue Cambon, puisqu'il ne tient compte "que des rémunérations des internes et docteurs juniors (DJ), des personnels enseignants et des honoraires pédagogiques des maîtres de stage universitaires (MSU), mais pas des personnels administratifs, ni plus largement de toutes les dépenses de fonctionnement et d'investissement".
La masse salariale des internes et des DJ constitue le principal poste de ce coût de l'internat. Selon la Cour, la rémunération de ces étudiants s'élevait à 2,15 milliards d'euros "en coût chargé" en 2024. C'est 770 millions de plus qu'en 2019.

Les juges estiment la rémunération moyenne annuelle totale des internes à environ 37 700 euros brut, et celle des DJ à 41 700 euros brut.
Au total, depuis 2019, le coût du 3e cycle de formation en médecine s'est accru de 800 millions d'euros, en grande majorité du fait de la revalorisation de la rémunération des internes, "dont l'effet a été renforcé par l'augmentation de leur nombre".
La Cour cite notamment la revalorisation "importante" des rémunérations intervenue en novembre 2020 dans le cadre du Ségur de la Santé, en particulier sur les rémunérations des deux premières années de l'internat (+10,6 % pour les internes de première et deuxième années, et entre +5,4 % et 5,6 % pour les autres). De même pour les gardes, dont la rétribution a "presque doublé depuis 2020" (de 119 euros avant novembre 2020 à 235 euros actuellement), et pour les astreintes (de 20 euros avant novembre 2020 à 31,89 euros aujourd'hui).
L'impact financier des différentes réformes sur le coût de l'internat ces dernières années serait, lui, secondaire. Le coût de la réforme de l'internat de 2016 est ainsi estimé à 90 millions d'euros, dont 30 millions liés à la création du statut de DJ (qui est mieux rémunéré) et 60 millions (allongement des DES).
Un coût toujours en hausse
Le coût du financement des personnels enseignants, qui "constitue le deuxième poste du coût" de l'internat, a aussi été analysé par la Cour des comptes. D'après le rapport, la part de rémunération de ces personnels affectée au 3e cycle est de 490 millions d'euros, dont 240 millions financés par les universités et 250 millions par les hôpitaux. Cette évaluation est toutefois "à prendre avec précaution", soulignent les Juges, qui admettent se reposer sur "un certain nombre d'hypothèses" dans leurs calculs.
Par ailleurs, les Juges estiment à 254,2 millions le coût de la rémunération des autres personnels hospitaliers, qui participent aussi à la formation des internes (dotation de compensation des missions d’enseignement). Et à 36,9 millions d'euros les honoraires pédagogiques des MSU.
Dans les prochaines années, le coût du 3e cycle ne devrait cesser de s'accroître, en raison notamment de l'allongement de la durée des internats de médecine générale et de psychiatrie – qui engendre un surplus de rémunération de DJ. Cela devrait coûter 182 millions d'euros pour la médecine générale et 21 millions d'euros pour la psychiatrie, soit plus de 200 millions d'euros au total, calcule la Cour. L'impact financier lié à la rémunération des MSU est, lui, estimé à 95 millions d'euros.
Au-delà de ces évolutions, la hausse du nombre d'internes attendus dans les prochaines années du fait de la suppression du numerus clausus, pourrait aussi aggraver les dépenses. Au total, le coût de l'internat pourrait augmenter de 670 à 950 millions d'euros à un horizon de six ans, estiment les Juges, pour qui "cet ordre de grandeur justifie que les ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur se donnent les moyens d'établir une estimation plus précise des coûts de formation en santé et de réaliser des projections financières" fines.
Fluidifier le parcours de paiement des MSU de médecine générale
Alors que les stages en ambulatoire vont être de plus en plus nombreux avec la mise en œuvre de la quatrième année d'internat de médecine générale, la Cour des comptes estime "nécessaire de fluidifier" le circuit de rémunération des MSU. Les honoraires pédagogiques de ces derniers sont, en effet, versés par les universités, qui sont ensuite remboursées par les CHU, qui perçoivent ensuite un remboursement intégral des ARS. Mais dans certains cas, les universités attendent le remboursement de l'ARS avant de régler les MSU. Ce système engendre de très longs délais de paiement, parfois de plus d'un an "dans certaines subdivisions", écrit la Cour des comptes.
Les Sages proposent donc de "retirer de ce circuit les CHU, qui jouent un simple rôle d'intermédiaires, en inscrivant par exemple les crédits sur une enveloppe permettant un remboursement direct des ARS aux universités, comme elles le font déjà à partir du fonds d'intervention régional (FIR) dans d'autres situations (financement des chefs de clinique des universités territoriaux, d'équipements de simulation…)".
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