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Avant les municipales, les internes en médecine générale rappellent leurs revendications

À l’aube des élections municipales, l'Isnar-IMG, qui représente les internes en médecine générale, publie son livre blanc réactualisé pour rappeler ses positions aux politiques.  

13/03/2026 Par Alexis Vignais
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Les élections municipales approchent à grands pas… Plus que quelques jours avant le premier tour, l'occasion parfaite pour l'Isnar-IMG de rappeler ses principales préoccupations aux divers candidats, dont certains sont d'ailleurs professionnels de santé. Le syndicat représentatif des internes en médecine générale a publié, sur ses réseaux sociaux, son livret blanc qui vient tout juste d’être réactualisé pour 2026. 

Avec, à l’intérieur, plusieurs sujets prédominants à l’image du temps de travail des internes qui "ne doit pas excéder 48 heures" par semaine, rappelle le syndicat. Mais, dans les faits, cette limite est "presque systématiquement" dépassée. Dans une enquête, datant de 2023, réalisée par le syndicat, la moyenne du temps de travail d’un interne atteignait même 59 heures par semaine. En cause : le bornage horaire des demi-journées de travail qui "n’est pas précisé, laissant un flou". Ainsi, l’Isnar-IMG souhaite que chaque demi-journée de travail (une semaine en compte 10) soit bornée à 5h20 maximum. De plus, l’Isnar-IMG demande une simplification de la procédure pour faire appliquer le temps de travail réglementaire, ainsi que l’instauration effective des tableaux de service. 

Des horaires encadrés et des effectifs suffisants, notamment lors des gardes. "Une ligne de garde complète nécessite au minimum six internes. En pratique, ce nombre minimal est fréquemment mis en défaut", confirme le syndicat représentant plus de 6000 internes, répartis au sein de 23 subdivisions. Un seuil pourtant "indispensable pour garantir le respect du temps de travail tout en permettant une continuité des soins" et qui s’ajoute au "respect du repos de garde" qui doit être de 11 heures. Plus généralement : "L’Isnar-IMG appelle à une prise de conscience du nécessaire respect des conditions de travail réglementaires des internes, et appelle à des sanctions plus importantes pour les CHU qui bafouent les droits des internes."

Pas de contraintes 

Parmi les irritants, la réforme de la quatrième année de médecine générale figure en bonne place. "Au moment de l’écriture de ce livre blanc, de nombreux textes d’application sont encore manquants", s’inquiète le syndicat qui déplore aussi "un nombre insuffisant de maîtres de stage universitaires (MSU) prêts à accueillir des docteurs juniors ambulatoires (DJA), un cadre d’exercice flou, une rémunération au rabais, purement salariale". Conséquence, l'Isnar-IMG souhaite tout simplement que cette réforme soit reportée. "Cette dixième année des études de médecine générale n’est pas prête et ira dans le mur si nous ne prenons pas le temps de la réflexion en la suspendant."

De plus, qu’il s’agisse de la question de la démographie médicale, de l’installation ou de la participation à la PDSA, le syndicat s’oppose généralement à la contrainte (en ce sens, l’Isnar-IMG est contre la MSO et les MSAP). D’ailleurs, pour ce dernier sujet, il souhaite que la participation des internes à la PDSA se fasse sous la forme du volontariat. Le syndicat adopte une position similaire concernant la solidarité territoriale.

Maintenir "des services publics de qualité"

Toujours sur le sujet de l’installation, le syndicat milite "pour la création d'antennes universitaires départementales, proches du domicile, qui permettraient ainsi aux étudiants en médecine de ne pas avoir à s’éloigner de leur lieu de vie sociale." L’amélioration des possibilités de logement, un sujet que certains maires prennent à bras le corps, figure parmi les demandes, tout comme le renforcement de l’attractivité de certains bassins de vie à travers le maintien de services publics de qualité, le développement de service de proximité ou encore la qualité des infrastructures routières et des transports en commun. 

Concernant l’exercice professionnel, l’environnement sanitaire a tout autant son importance puisque près de 90 % des internes souhaitent avoir à proximité de leur lieu de travail : un centre de biologie médicale, une pharmacie, des praticiens paramédicaux libéraux, ainsi qu’un cabinet de radiologie et d’échographie. Le syndicat milite également en faveur de l'instauration de guichets uniques dans chaque ARS. Une mesure qui avait pourtant été rendue obligatoire le 1er janvier 2023. "Mais son application manque à l’appel." En parallèle, l’Isnar-IMG demande que chaque interne reçoive une formation uniformisée à l’installation et à la gestion du cabinet, dispensée par l’université au cours de son internat, ainsi que la mise en place de séminaires de préparation à l’installation. 

Mais une fois bien installé, les difficultés pointées du doigt par le syndicat ne disparaissent pas. "La nécessité de voir des patients est entravée par la charge administrative qui incombe aux médecins généralistes et aux médecins traitants", dénonce l’Isnar-IMG. Sur le sujet, le syndicat s'était associé à ReAGJIR, le syndicat des remplaçants et jeunes installés, ainsi qu’à l'Anemf, le syndicat des étudiants en médecine des 1er et 2ème cycles, pour créer un projet de loi. Parmi les mesures phares défendues : l'arrêt des certificats inutiles, l’auto-déclaration des arrêts de travail de moins de trois jours ainsi que [...] des jours "enfant malade". 

La libération du temps de travail passe aussi par le travail conjoint avec d’autres professionnels de santé, selon le syndicat, qui cite notamment les assistants médicaux ou les pharmaciens. Concernant ces derniers,  le syndicat est favorable à "la délégation de prescription aux pharmaciens selon des protocoles précis." Mais celle-ci doit "être conditionnée par l’usage de tests d’orientation diagnostique fiables, une communication interprofessionnelle systématique et une formation complémentaire spécifique."

Enfin, concernant les remplacements, le syndicat s’oppose à l'interdiction de l'intérim en fin de cursus des internes et à la mise en place de toute contrainte. Reste à voir si ces requêtes seront toutes entendues, que ce soit à l’échelle locale ou nationale.  

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