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La société de téléconsultation augmentée Tessan placée en redressement judiciaire
Le 28 avril dernier, la société de télémédecine augmentée Tessan a été placée en redressement judiciaire. Il s’agit du choix de Jordan Cohen, président-directeur, pour "restructurer la dette", tout en "protégeant l’entreprise".
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C’est de lui-même que Jordan Cohen, président et fondateur de Tessan, a décidé d’engager une procédure de redressement judiciaire pour sa société, spécialisée dans les bornes de téléconsultation augmentée implantées dans les pharmacies, et chez les opticiens. D’après le Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (Bodacc), la cessation des paiements a été déclarée au 16 juin 2025.
Le président-directeur n’a pas souhaité communiquer sur le montant exact de la dette. Il indique en revanche qu’elle provient d’une partie des salaires des collaborateurs qui n’a pas pu être réglée et qui s’est aujourd’hui accumulée.
Plusieurs mesures ont été engagées, notamment une restructuration de l'entreprise ayant conduit à une réduction des effectifs de 145 à 85 salariés. Selon le président, deux choix s’offraient à lui. Le premier : négocier directement la dette, en général sous 24 mois. Le second : demander l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire. Elle permet notamment d'étaler le remboursement des dettes sur plusieurs années lorsque la société est en cessation des paiements.
S’il en est arrivé là, c’est parce qu’en 2019, lors de la création de Tessan, sa stratégie était de "financer une croissance très rapide". Pour y parvenir, il a investi massivement pour installer un très grand nombre de bornes de téléconsultation augmentée, jusqu’à atteindre les 2 000 à ce jour. Cette stratégie est selon lui assez commune aux start-up de la télémédecine. "Toutes les sociétés ont dû perdre de l’argent et investir beaucoup pour accélérer leur croissance et atteindre leur seuil de rentabilité, indique-t-il. Elles ont dû dépenser plusieurs dizaines de millions d’euros en cash."
À l’inverse de la plupart de ses concurrents, Tessan est "quasiment auto-financée. Nous avons donc dû accumuler de la dette lors de périodes où des levées de fonds étaient envisagées, même si ce n'était pas notre objectif."
Tessan n'est pas le premier acteur du secteur à connaître des difficultés financières. Medeo, basée à Lyon, avait été placée en redressement judiciaire en 2022. H4D, pionnière des cabines de télémédecine, avait quant à elle été placée en redressement judiciaire en 2024 avant d'être liquidée quelques mois plus tard.
"Ça a tout de suite été mon plan A"
Le fondateur voit cependant un avantage à cette procédure : la possibilité de maintenir son activité, tout en gelant ses dettes et en protégeant sa structure. "D'autres solutions avaient été envisagées avant le recours à cette procédure. Mais quand j’ai étudié comment ça se passait en France, ça a tout de suite été mon plan A, reconnaît-il. C’est la meilleure solution pour continuer à se développer en recherche et développement. D’ailleurs, on a signé un partenariat avec l’Allemagne et on a un partenaire aux États-Unis. On est en pleine croissance. C’est cette souplesse qui nous permet de sortir la tête de l’eau et de mieux gérer l’entreprise."
Des propositions de levées de fonds ont toutefois été évoquées avant la mise en place du redressement judiciaire, mais Tessan les a toutes refusées. "Les fonds d’investissement essaient de faire peur et de négocier la valorisation." Le fondateur veut profiter de ces levées lorsque la croissance économique de son entreprise sera "saine, stable et rentable".
Tessan a donc six mois pour fournir un plan attestant qu’elle est capable de rembourser sa dette. Cette période peut être prolongée deux fois. "L’objectif n’est pas de prolonger. On veut sortir rapidement, montrer qu’on est rentable et qu’on peut payer la dette."
Il imagine sortir de cette procédure à l’automne 2026. Grâce à la diminution de la masse salariale et aux "70 000 téléconsultations effectuées chaque mois, on est justement sur le seuil de rentabilité", indique-t-il. Tessan réalise désormais moins de ventes qu'auparavant. "Avant on était plutôt à 50-60 ventes par mois. Là on tourne plutôt à 15-20 par mois." La stratégie choisie se concentre plutôt sur la qualité et l’amélioration du parc actuel et les nouveaux services en préparation. Le directeur espère atteindre "une vraie rentabilité et générer du cash", lui permettant de rembourser sa dette sur ses propres ressources.
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