@Cristian Blázquez/stock.adobe.com
"Il va falloir qu'on simplifie" : les doyens veulent faire évoluer les Ecos
Plus de 10 000 étudiants ont passé les examens cliniques objectifs structurés nationaux (Ecos) début juin. Si les doyens se félicitent d'une organisation menée "sans incident majeur", ils estiment que le dispositif atteint ses limites et plaident pour une évolution des épreuves.
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Ecos, saison 3, épisode 2. Il y a quelques semaines, les 2 et 3 juin, 10 716 étudiants en médecine se sont lancés à l'assaut des examens cliniques objectifs structurés nationaux (Ecos). Un chiffre jamais atteint jusqu'alors depuis la mise en place de la réforme du deuxième cycle des études médicales. "C'était l'année de tous les risques", confirme la Pre Isabelle Laffont, présidente de la Conférence des doyens et des doyennes de médecine, à l'occasion d'une conférence de presse suivie par Egora.
Pour encadrer les candidats aux postes d'internes, qui étaient 1500 de plus que l'année passée, 2829 enseignants chercheurs ont endossé le rôle d'examinateurs. 55 % d'entre eux ont été mobilisés en dehors de leurs universités d'origine. "Nous avons mobilisé pour ces épreuves, comme à chaque fois, 100 % du personnel administratif des UFR de médecine." 250 circuits d'Ecos ont été fabriqués dans les 35 UFR engagées (dont deux UFR ultramarines, La Réunion et les Antilles, une première).
Et cela "sans incident majeur", se réjouit Isabelle Laffont. "Le déroulement a été plutôt fluide. [...] On a eu quelques problèmes informatiques [et] une crainte de rupture d'égalité un petit peu en amont ce qui a fait qu'on a changé une station", détaille la doyenne qui parle de ces Ecos comme d'une "prouesse". L'exploit est aussi à retrouver du côté des étudiants puisque 10 434 (sur 10716, donc) ont été reçus et seront donc internes en novembre prochain. Le taux de réussite dépasse les 90 %. Parmi les échecs, on note 32 doublants et 12 triplants. "Pour ces jeunes-là, on va se poser la question soit de leur proposer, en tout cas pour les doublants, une nouvelle autorisation d'inscription exceptionnelle, soit se poser la question de la réorientation."
"Il faut sécuriser ces épreuves"
Si les doyens saluent la réussite de ces Ecos, ils appellent aussi à la vigilance. "Il y a des sites où tous les bureaux administratifs ont été occupés, [où] tout a été mobilisé, on ne pouvait pas faire plus", souligne Isabelle Laffont. "Va-t-on être capable de reproduire l'exceptionnel sur la durée ? Je ne sais pas." Si la Conférence des doyens et des doyennes ne remet pas en cause le principe même des Ecos, elle pousse pour une "évolution" de ces épreuves. "Je n'imagine pas ce qui se serait passé si les Ecos avaient été la semaine dernière, avec la vague de chaleur qu'on a eue", relance le Pr Marc Humbert, vice-président de la Conférence. "Il faut sécuriser ces épreuves [...] il va falloir qu'on simplifie, qu'on ne se retrouve pas un jour avec une rupture de faisceau, avec un site sur les 35 qui est défaillant et qui peut mettre tout en difficulté."
"Ces trois dernières années, il y a eu trois quasi-accidents. Il y a eu une université qui a failli évacuer son bâtiment où se passaient les Ecos pour des problèmes d'odeurs avec les pompiers qui étaient venus. Il y a une université qui a eu une cyberattaque et qui a réussi à quand même faire les Ecos, et une université qui a eu une inondation", détaille le Pr Bruno Riou, doyen de la faculté de médecine de Sorbonne Université.
Pour faire évoluer ce modèle, les doyens ne sont pas avares en propositions. Ils mettent sur la table la mise en place d'Ecos "numériques", la "désynchronisation des Ecos" qui reposerait davantage "sur la base d'une évaluation de la compétence" ou encore "l'utilisation des notes obtenues dans les stages". Reste à voir ce que pensera le ministère de ces propositions.
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