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"Un médecin n'est jamais en retard : l'heure de convocation n'est pas l'heure de début de la consultation"

Organisation, durée des consultations, hausse des tarifs, réduction du temps de travail… Après notre premier article consacré aux causes des retards, les médecins lecteurs d'Egora ont partagé leurs méthodes pour les limiter, quand d'autres estiment qu'il faut les assumer.

21/07/2026 Par Alexis Vignais
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Il y a quelques semaines, Egora s’est rendu à Épinal pour les 13es Rencontres nationales de Reagjir. L’occasion d’échanger avec plusieurs médecins généralistes sur le sujet des retards, thématique qui faisait l’objet d’une table ronde. Causes, stratégies pour les limiter, impact sur la vie personnelle…. La discussion a été riche et elle a également passionné les lecteurs, puisque plusieurs dizaines de messages ont été publiés dans la section commentaires de cet article.  

Plusieurs motifs, imprévus… Pléthore d’explications à ces retards, déjà évoqués dans notre premier article, sont revenues parmi les justifications apportées. À celles-ci s’ajoutent la latence de certains logiciels comme évoqué par "Avocat du diable", médecin généraliste. "Je serais probablement plus ponctuel si le logiciel sinécure (Ségur) était supprimé ou profondément amélioré", juge-t-il. Une critique qu’il applique également à la messagerie sécurisée de santé où "la récupération des résultats est souvent lente et parfois incertaine". 

Face à ces retards, dont les origines sont donc diverses et variées, plusieurs d’entre vous ont tenté de partager leurs "astuces". "Je suis très rarement en retard, au maximum une demi-heure", indique Fabienne D., qui impute ces retards limités au fait qu’elle soit spécialiste (gastro-entérologie et hépatologie). Tout en donnant quelques pistes : "J’ai optimisé mon temps de consultation et tous les rendez-vous d’imagerie sont pris par ma secrétaire", écrit l’intéressée.  

"Aucun coup de fil pendant les consultations" 

"Si je dois rappeler un généraliste, je le fais quand mes consultations sont terminées, idem pour mes patients. Par ailleurs, si le patient remonte à sa naissance, je recadre rapidement pour revenir à l'essentiel. Dernier point : aucun coup de fil pendant les consultations, ma secrétaire est briefée, cela évite d'être parasité et de devoir tout reprendre." Et grâce à toutes ces méthodes, la spécialiste l’assure : "Au bout du compte, tous ces détails font que le temps est optimisé et [qu’]on se concentre sur l'essentiel". 

Pour Romain L, médecin, c’est également une question d’organisation, mais aussi de temps de consultation. Pour le généraliste, c’est "30 minutes par créneau" et si celle-ci dure moins longtemps, il prépare les suivantes. "Je ne comprendrais jamais les confrères qui font poireauter les patients des dizaines de minutes, je trouve cela d'un total manque de respect. Nous pouvons tout à fait être à l'heure", affirme-t-il.  

Un commentaire qui fait grincer Claire F., spécialisée en endocrinologie et métabolisme. "Vous êtes sûrement dans une zone assez bien dotée", estime-t-elle. La spécialiste travaillant dans un désert médical a "vite fait le tour de toutes les adaptations possibles". Mais malgré tout, elle reste en retard. "Oui, mes consultations sont longues et mon retard est chronique. Si je dois passer ou prendre un coup de fil c'est entre deux, car je ne vais pas appeler les confrères après 20 h ou avant 8 heures", indique-t-elle.  

"Si vous voulez ne pas être en retard travaillez moins" 

Parmi les autres solutions proposées pour limiter ces fameux retards, on trouve également le rehaussement des prix des consultations, l’allongement de leurs durées (environ 30 minutes), mais aussi travailler… moins. "Si vous voulez ne pas être en retard, travaillez moins. Vous êtes en libéral, c’est donc un des avantages du métier : gestion de son temps", écrit ainsi Sylvester Bdx, spécialisée en chirurgie plastique reconstructrice et esthétique. Le corollaire étant "[d’]accepter de gagner moins et aussi de déplaire parfois, ce qui n'empêche pas d'être humain".  

L’acceptation d’être en retard figure aussi parmi les solutions, comme on avait pu l’évoquer à la fin du précédent article. "Je sais que je ne peux pas faire du bon travail si j’ai l’œil rivé sur la montre, et que je ne peux pas avoir l’esprit tranquille si j’ai des trous dans le planning toute la journée alors que je refuse cinq patients par semaine en tant que médecin traitant", écrit ainsi "Da", médecin généraliste. "Je suis chroniquement en retard malgré tous les systèmes possibles d'organisation mais je ne m'excuse plus. Je dis simplement 'merci d'avoir patienté' et ça change beaucoup de choses dans ma propre perception", abonde Claire F., dans un second commentaire.  

"Ceux qui râlent sont les mêmes qui annulent au dernier moment" 

La question de s’excuser, ou non, lorsqu’on est en retard a d'ailleurs fait vivement réagir. "S’excuser ?? Mais non. Quand on va chez un médecin, on ne peut pas exiger qu'il passe beaucoup de temps avec soi et expédie les autres. La durée est approximative et adaptée à chacun. Et ceux qui râlent sont les mêmes qui annulent au dernier moment. J'ai arrêté très vite de m’excuser quand j'ai constaté la réalité", avance Arielle G., généraliste. 

Une vision des choses partagée par François L. qui estime "normal" de ne pas s'excuser, même s'il souligne qu’il est possible de donner les causes ayant allongé les délais de prise en charge. Ce dernier estime également que ce fameux retard peut aussi avoir ses avantages. "Attendre peut vouloir dire à nos patients que l'on fait plus attention aux patients qu'à l'heure qu'il est." 

Mais si finalement, le retard n’était qu’une question de… perception. "Vous n'avez jamais remarqué ?", interroge "Philippe Cémoi", généraliste. "Les patients trouvent que les consultations avant la leur sont toujours trop longues et la leur beaucoup trop courte... Cherchez l'erreur !" Procto Type abonde : "Un médecin n'est jamais en retard. L'heure de convocation n'est pas l'heure de début de la consultation, mais l'heure à partir de laquelle le patient doit être disponible en salle d'attente pour la bonne organisation des soins de la journée. Puis le médecin prend pour chaque patient tout le temps nécessaire pour une consultation de bonne qualité." Et ainsi, le retard n’en est plus un.  

 
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