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@Marine Quéau

Après Hippocrate, place à Augusta : plus de 500 soignants ont prêté un nouveau serment

Pour la première fois en France, une cérémonie officielle du serment d’Augusta a réuni plus de 500 personnes dans la chapelle Saint-Louis à la Pitié-Salpêtrière à Paris. Inspiré du serment d’Hippocrate, les principes s’adressent à l’ensemble des professionnels de santé et défendent une autre vision du soin, fondée sur l’écoute, l’inclusivité, la lutte contre les discriminations. Une manière, pour la nouvelle génération de soignants, de repenser ses pratiques.

14/09/2026 Par Marine Quéau
Déontologie
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@Marine Quéau

Sur les cols de centaines de soignants et futurs soignants, un pin’s à l’effigie du serment d’Augusta remplace le traditionnel bâton d’Asclépios. "Ce serment nous pousse à faire de notre mieux et à se remettre en question perpétuellement", sourit Léni, fraîchement diplômé psychomotricien. Il vient de recevoir son pin’s symbolique après avoir prêté serment avec sa collègue Rabia. Tous deux ont récité en chœur les douze principes du serment d’Augusta : "Je tournerai mon regard vers celles et ceux que l’on oublie" ; "Moi aussi, j’agirai contre les violences" ; "Je penserai le corps en dehors de la norme" ou encore "Je prendrai soin de moi pour prendre soin des autres".

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

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Un serment d’Hippocrate 2.0

Le serment d’Augusta, conçu comme un complément contemporain au serment d’Hippocrate, fait l’objet pour la première fois en France d’une cérémonie officielle. Initié par des étudiants en médecine de manière informelle, la cérémonie est aujourd’hui portée par Sorbonne Université et l’AP-HP. Un événement tout particulier pour Emmanuel Flamand Roze, neurologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière AP-HP, et Olympe de Gé, autrice et co-créatrice des principes du serment d’Augusta dans leur podcast éponyme. "Depuis Hippocrate, beaucoup de choses ont changé dans la conception du corps dans la médecine, notamment avec le mouvement MeToo, alors il était important de proposer une version plus actuelle d’un serment", assure Olympe de Gé.

Cette cérémonie revêt un double enjeu. Le serment s’adresse à l’ensemble des professions de santé, médecins comme paramédicaux, et propose de penser le soin comme un travail collectif, fondé sur les droits, la dignité et l’expérience du patient. Des principes chers à Augusta Klumpke, première femme interne des Hôpitaux de Paris, à laquelle le serment rend hommage. En se battant pour étudier dans un milieu alors largement interdit aux femmes, elle a contribué à mettre en lumière les inégalités et les angles morts du système de soins.


Des étudiants qui veulent “faire mieux”

Ces principes prennent une résonance particulière pour les soignants confrontés aux discriminations au cours de leur formation. "Lors de mes stages, j’ai été témoin de biais culturels de la part de certains de mes supérieurs hiérarchiques. À pathologies équivalentes, ils avaient tendance à minimiser davantage la douleur et les symptômes des patients racisés. Ils s’impatientaient beaucoup plus rapidement face à la barrière de la langue ou aux différences de codes culturels", témoigne Mohamed, interne en sixième année de médecine. Selon lui, le serment signe la promesse de ne pas reproduire les biais discriminants perpétrés dans "un système de santé criblé" de ces mécanismes.

Idem pour Anna et Laurine, jeunes neuropsychologues formées à l’Hôpital d’Avicenne à Bobigny. Elles se placent, toutes deux, dans cette "nouvelle génération" de professionnels qui veulent "mieux faire". "J’ai écouté tous les épisodes du Serment d’Augusta. C’est une façon d’adapter ma pratique et de ne jamais rien prendre pour acquis", souligne Laurine. "C’est d’autant plus important que j’accompagne des patientes vulnérables, avec des parcours faits d’errance médicale et de stigmatisation", poursuit-elle.


Prendre soin des détails

Au cœur de la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, plus de 500 visiteurs ont assisté à la cérémonie. Des étudiants en médecine, des associations et le grand public. Dans chaque partie de la nef, des ateliers étaient destinés à sensibiliser chacun aux principes du serment. Consentement, écoute, inclusivité… C’est également le fil rouge de la pièce de théâtre "Une nuit de garde", assurée par la compagnie Les Risiens et le collectif La Serre. Dans une salle plongée dans le noir, les spectateurs ont pu écouter les témoignages d’une cinquantaine de soignants, incarnés par les comédiens. Un témoignage résume à lui seul l’esprit de la représentation : même lorsque l’on ne peut plus soigner, "un café bien chaud" peut suffire à un patient en phase terminale.

Prendre soin des détails dans la relation entre patient et professionnel de santé, c’est également ce que défend Elise Calvez, sage-femme, militante féministe, connue sur les réseaux sociaux sous le nom de "Doctogouine" et marraine de l’événement. Mais pour que les principes du serment d’Augusta deviennent une réalité, encore faut-il que les soignants disposent du temps et des moyens nécessaires. Dans un système de santé qui manque à la fois de personnel, de temps et de ressources, Elise Calvez appelle à faire des choix : "Si l’on fait des consultations de dix minutes, on ne peut pas bien accompagner les patients. Il faut prolonger les séances, poser le bon regard et les bonnes questions."

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Faut-il imposer à tous les généralistes libéraux d'être le médecin traitant d'au moins 500 patients ?

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ROMAIN PY
223 points
Incontournable
Médecine générale
il y a 2 mois
Je vais sûrement donner un avis qui va déplaire à un grand nombre... Mais à un moment, moi, ça me gonfle tout ces trucs là... Avant de réinventer et critiquer le serment d'Hippocrate, il faudrait déjà le lire et le comprendre : 3/4 des choses évoquées dans ce document sont déjà inclues dans le serment originel. Il faut juste faire un effort de comprehension. Pourquoi toujours vouloir tout remettre en cause, porté par des courants qui vont au delà de leurs objectifs initiaux (la plupart de ces courants modernes et en vogues tournent un peu trop souvent à l'extrême D'ailleurs... et l'extrême, ce n'est jamais bon...). Je ne suis peut-être pas très futé, mais qu'on m'explique le sens pour un soignant d'une phrase comme "Je regarderai la race en face"......... J'ai plus l'impression de retrouver un fourre tout d'idées où on veut absolument placer certains termes (inclusif,...) pour faire bien et dire "Vous voyez, nous, nous sommes de meilleurs soignants que ceux qui ont exercés avant". Maintenant, si il y en a qui veulent se défouler, je suis prêt à encaisser.
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Avocat Du Diable
7 k points
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Médecine générale
il y a 1 mois
D'autres ,comme moi avions dit non pas le serment mais la prière de Maïmonide aprés avoir soutenu notre thèse . Je remercie le professeur Geneviève D. de me l'avoir suggérée, il y a bien longtemps . Je me souviens d'une conférence de Jean d’Ormesson sur Maïmonide , à la fin d'un congrès de cardiologie . C'est un souvenir inoubliable et magnifique . Je site souvent ici une petite directive contenu dans cette Prière : La science , rien que la science . Pour information et au risque de choquer , cette priére commence ainsi: Ô Dieu, remplis mon âme d’amour pour l’art médical et pour toutes tes créatures. Ne permets pas que la soif du gain, la recherche de la gloire ou de la renommée interfèrent avec mon métier, car elles sont ennemies de la vérité et de l’amour des hommes. . Cela fut écrit il y a environ 8 siècles .
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PHILIPPE BERGER
521 points
Incontournable
Médecine générale
il y a 1 mois
Il suffit de lire le serment d'Hippocrate pour voir que ce serment d'Augusta n'en est que la traduction wokiste; lisez-le à tète reposée ( je parle du serment d'Hippocrate ) et vous verrez que tout y est déjà; il est dommage que l'Institut du cerveau participe à cela; nous sommes en plein parisianisme et bien entendu dans quelques semaines plus personne ne se souviendra de cette "magnifique" cérémonie et d'ailleurs pourquoi en avoir parlé ? L'humanisme doit être la règle chez tout professionnel de santé comme chez tout Homme; nul besoin de phrases absconses comme celles contenues dans ce "nouveau serment".
 
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