@pincasso/stock.adobe.com
"Inutile de former des internes, il y a assez de médecins sur la Côte d'Azur", ironise le doyen de Nice
Alors que 280 étudiants en médecine ont réussi le concours de l'internat à Nice, seuls 210 postes ont été ouverts au sein de la faculté de la Côte d'Azur. Une situation que dénonce le doyen dans une tribune publiée dans Nice Matin.
@pincasso/stock.adobe.com
"Faut-il continuer à former tant d'étudiants à Nice si le ministère persiste à les affecter dans d'autres régions pour leur spécialisation ?", questionne le doyen de la faculté de médecine de Nice, le Pr Jean Dellamonica, dans une tribune publiée dans Nice Matin dimanche 13 septembre. Ce dernier dénonce la répartition "injuste" des postes d'internat, décidée conjointement par les ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur.
A Nice, la suppression du numerus clausus a permis à la faculté d'augmenter son contingent d'étudiants en deuxième année. Mais cette ouverture des vannes ne s'est pas accompagnée d'une hausse du nombre de postes en troisième cycle, déplore le doyen. Alors que 280 étudiants ont réussi le concours de l'internat à Nice, "le ministère a décrété que notre subdivision n'accueillerait que 210 internes pour un territoire qui va des portes de Toulon à Menton et en Corse", indique le Pr Dellamonica.
"Si la solidarité nationale n'est pas discutée, pourquoi 25 % de nos étudiants doivent-ils faire leur formation de spécialité ailleurs alors que nous avons besoin d'eux ici ? Brest, Angers, Reims, Besançon… forment toutes plus d'internes que Nice. Pourquoi Nice, 5e ville de France, est-elle l'avant-dernière faculté de l'Hexagone pour la formation des spécialistes ?", s'interroge le doyen, qui pointe la méthode de répartition des postes d'internat, "basé[e] [notamment] sur le nombre de médecins inscrits à l'Ordre départemental des médecins".
"L'installation des médecins libéraux n'étant pas régulée en France, l'attractivité naturelle de notre région entraîne une présence, supposée suffisante, de médecins qui nourrit ce calcul simpliste et injuste. Inutile de former des internes à Nice, il y a suffisamment de médecins sur la Côte d'Azur !", lance le doyen, sans masquer son agacement. Car pour le responsable, "compter des médecins ne suffit pas à mesurer l'accès réel aux soins".
Dans les Alpes-Maritimes, la proportion de médecins spécialistes exerçant en secteur 2 – plus de 7 sur 10 – ainsi que la surreprésentation de certaines spécialités, comme chirurgiens plasticiens, reconstructeurs et esthétiques (4,8 pour 100 000 habitants, contre 1 pour 100 000 en moyenne nationale), "profite d'abord à une minorité urbaine et aisée, au détriment des populations modestes ou éloignées du littoral", insiste le Pr Dellamonica.
Dans ce contexte, "former un nombre suffisant d'internes originaires de Paca et de Corse" apparaît, pour le doyen, comme "un levier indispensable pour favoriser l'installation de médecins dans les vallées des Alpes-Maritimes, du Var et de la Corse, rééquilibrer les secteurs public et libéral, assurer une répartition plus saine entre les spécialités et, in fine, garantir à tous un accès effectif aux soins".
L'an dernier, le doyen de la faculté niçoise avait fait part de son intention de saisir la justice pour contester l'attribution des postes d'internat. Selon le doyen, l'ancienne ministre de la Santé Catherine Vautrin avait elle-même reconnu qu'un rattrapage était nécessaire. "Après l'échec des rencontres, des courriers, un recours au Conseil d'État, la stratégie de notre faculté interroge", conclut Jean Dellamonica.
[avec Nice Matin]
La sélection de la rédaction
Alimentez-vous le DMP de vos patients ?
Jacques BRIAND
Non
Quand les serveurs recueillant les DMP étaient aux USA, la sécurité n'était pas assurée, puisque là-bas les "back doors" sont obli... Lire plus